Sauvetage spectaculaire d'un pigeon à Lausanne: qui va payer?
Jeudi dernier, un pigeon était coincé dans les filets qui protègent les bureaux de la rédaction de watson. Garde-faune, gérance et entreprise qui a installé le dispositif: personne n'était en mesure de venir le sauver ce jour-là. En dernier recours, les pompiers ont été appelés. Une impressionnante intervention de plusieurs heures a finalement permis de sauver l'animal.
Deux questions émergent désormais: qui va payer la facture? Et faudrait-il interdire ces filets, au vu de l'énergie déployée pour secourir les volatiles qui se retrouvent piégés?
Sauver avant tout
«Contrairement à un animal domestique, un pigeon n’a pas de propriétaire auquel les frais pourraient être facturés», indique Jean Ellgass, chargé de communication du Service de protection et sauvetage Lausanne (SPSL). Résultat:
Combien coûte celle réalisée jeudi 22 octobre? «Un tarif municipal fixe les montants facturables pour les interventions» des sauveteurs du feu, poursuit-il. Pour les secours aux animaux, un maximum de 5000 francs est prévu. Cependant, «le montant dépend des moyens humains et techniques engagés». Un plafond qui ne correspond néanmoins pas à la facture de chaque opération.
Et de rappeler que la mission des pompiers est avant tout «de porter secours», peu importe qu'il s'agisse d'un être humain ou d'un animal. «Aurait-il fallu renoncer et laisser ce pigeon agoniser et mourir?», demande-t-il en présage des critiques. Vous l'aurez compris: tout est mis en œuvre pour sauver, la question du coût n'étant pas la priorité. De plus, l'impressionnante intervention de jeudi 22 octobre aura également permis aux professionnels «de mettre en pratique leur savoir-faire».
Des installations «indispensables»
«C'est assez rare que les oiseaux se prennent dans ces filets», précise toutefois Gérard Cuendet, biologiste en charge de la question des pigeons à Lausanne. De plus, ces installations – communes partout en Suisse, en particulier en zones urbaines – permettent de protéger les bâtiments. Elles sont même «indispensables», ajoute l'expert. En cause: les fientes endommagent les façades des immeubles et les pigeons ont tendance à nicher dans les cavités.
Un tel dispositif nécessite cependant d'être «contrôlé tous les cinq ans» afin d'éviter tout incident. «Si le problème se répète, il faut contacter la gérance et exiger une remise en conformité», poursuit Sylvain Antoniazza, ornithologue et directeur de BirdLife Suisse, l'association pour la protection des oiseaux.
Autre conseil: ne pas nourrir les pigeons en centre-ville, car l'espèce se reproduit très rapidement. Et plus ils sont nombreux, plus les filets fleurissent. Le risque? Que des espèces menacées, comme les chauves-souris, soient capturées. Dans tous les cas, selon la loi fédérale sur la protection des animaux citée par Sylvain Antoniazza, «personne ne doit, de façon injustifiée, causer à des animaux des douleurs». Pigeons compris.
