Suisse
Vaud

Claude D. demande un changement de sanction

KEYPIX - Claude D. arrive au Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois escorte par des policiers, lors d'une procedure d'examen de sa liberation conditionnelle ce mercred ...
Claude D. est arrivée son audience à Yverdon, mercredi matin. Keystone

Claude D.: «J'aspire un jour à retrouver la liberté»

Claude D., auteur de deux meurtres en 1998 et 2013, comparaissait devant le Tribunal criminel de la Broye et du Nord vaudois mercredi matin. Il aspire à retrouver un jour la liberté, mais tous les signaux sont au rouge, selon le Ministère public vaudois.
25.03.2026, 19:2625.03.2026, 19:26

Claude D. veut être soigné en vue d'une éventuelle libération. L'un des plus célèbres récidivistes de Suisse, assassin de Marie en 2013 après avoir déjà tué une femme en 1998, a comparu à Yverdon pour demander une libération conditionnelle afin de rejoindre Curabilis.

Le Tribunal criminel de la Broye et du Nord vaudois, qui rendra sa décision jeudi à 15h00, ne doit pas se prononcer sur une sortie «sèche» de prison du condamné, mais sur «un changement de sanction», a relevé son avocat, Guglielmo Palumbo.

Selon lui, la peine de prison à vie et l'internement prononcés à l'encontre de Claude D. n'offrent pas «le cadre juridique» pour permettre des soins appropriés. Raison pour laquelle il a demandé «la suspension» de la peine de prison au profit d'une mesure thérapeutique en institution, et plus précisément au sein de la prison-hôpital genevois de Curabilis.

Ce traitement, préconisé par une expertise psychiatrique de 2023, doit offrir «un sens» à la sanction de Claude D. Il en va de son «droit à l'espoir», tel que prévu par la Cour européenne des droits de l'homme, a estimé Me Palumbo.

L'avocat a affirmé qu'il y avait «zéro risque» à prévoir ce traitement. Curabilis offre les «mêmes garanties» de sécurité que sa prison actuelle aux Etablissement de la plaine de l'Orbe (EPO). Et si Claude D. devait mal se comporter, «un retour en arrière serait toujours possible», a-t-il assuré.

Risque de récidive

Arrivé à Yverdon sous bonne escorte policière, Claude D. a répété durant son interrogatoire qu'il souhaitait «être soigné». D'abord réticent à rejoindre Curabilis, il a dit avoir «pris conscience» qu'il avait besoin de soins.

Il a déclaré:

«Comme tout condamné, j'aspire un jour à retrouver la liberté. J'espère être guéri et ne plus représenter un danger pour la société»

Et de reconnaître que s'il se retrouvait aujourd'hui «dans les mêmes conditions» qu'avec ses précédentes victimes, «il y aurait un risque», a-t-il dit, sans vouloir préciser quel serait ce «risque».

Signaux «au rouge»

Le Ministère public, par la voix du procureur général vaudois Eric Kaltenrieder, s'est fermement opposé à la libération conditionnelle. Rappelant les crimes du Fribourgeois de bientôt 50 ans, il a estimé qu'il n'avait «pas évolué favorablement» lors des trois dernières décennies.

Pour Eric Kaltenrieder, «tous les signaux sont au rouge», a-t-il affirmé, se référant aux différents experts qui se sont penchés sur le condamné ces dernières années. Il est «clairement à prévoir» que Claude D. ne se conduira pas «correctement» en liberté, a-t-il ajouté.

Le procureur général a mis en garde contre «une posture de circonstances» de Claude D. afin de bénéficier d'un «régime allégé» de détention.

La Cour a aussi entendu les deux experts à l'origine du rapport de 2023, lequel préconisait le placement à Curabilis. Selon eux, si Claude D. a montré des «traits psychotiques et pervers» lors de ses premières expertises, celle de 2023 a dévoilé que des traits «immatures et paranoïaques» étaient désormais «prépondérants». De quoi «ouvrir une perspective» en matière de traitement, ont-ils expliqué.

Deux assassinats

Claude D. a violé et abattu son ancienne compagne dans un chalet à La Lécherette (VD) en 1998. Il a été condamné à 20 ans de prison, avant de bénéficier d'un régime d'arrêts domiciliaires. En 2013, alors qu'il portait un bracelet électronique, il a enlevé et étranglé Marie dans une forêt près de Châtonnaye (FR).

Le récidiviste a été condamné en 2016 à la prison à vie et, dans un premier temps, à un internement à vie. Celui-ci a toutefois été cassé et commué en internement ordinaire sur décision du Tribunal fédéral.

Ces dernières années, le Fribourgeois a transité par plusieurs prisons du pays et multiplié les actions en justice pour faire évoluer son régime de détention.

Pour mémoire, l'assassinat de Marie avait suscité une grande émotion dans tout le pays et plongé le canton de Vaud dans une crise institutionnelle, marquée notamment par de vives tensions entre les pouvoirs judiciaire et législatif. (sda/ats/svp)

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