Pourquoi ce célèbre assassin romand sort de sa cellule
Condamné à 20 ans de prison pour avoir tué son ex-petite amie en 1998 puis à la perpétuité et à l'internement pour l'assassinat de Marie en 2013, Claude D. a passé la plus grande partie de sa vie derrière les barreaux. Mais ce mercredi, le célèbre criminel fribourgeois sort de sa cellule.
Il comparaît en effet à Yverdon-les-Bains (VD) devant le Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois pour demander une libération conditionnelle de sa peine de prison à vie. D'après 24 heures, il s'agit d'une étape procédurale classique qui peut se poser aux deux tiers d'une peine. Elle consiste notamment à évaluer la dangerosité actuelle du détenu et les conditions d'une libération.
Si cette dernière est «théoriquement possible», le passif du récidiviste pourrait néanmoins peser lourd dans la balance, relate le quotidien vaudois. Le journal rappelle que dans un rapport de 2023, les médecins diagnostiquaient chez Claude D. «des pathologies massives de la personnalité, associant des traits de psychopathie, d’immaturité, de paranoïa et de déviance sexuelle sadique.» Ils poussaient alors pour son maintien dans les secteurs de détention ultrasécurisés.
Il veut «être soigné»
L'avocat du criminel, Guglielmo Palumbo, a demandé mercredi aux juges «un changement de sanction», afin notamment que son client puisse suivre un traitement au sein de l'établissement fermé de Curabilis, à Puplinge (GE).
Arrivé mercredi matin sous bonne escorte policière, Claude D. n'a pas encore été interrogé. Il s'est contenté de déclarer, en début d'audience, qu'il aspirait à «être soigné».
Son audition aura lieu mercredi après-midi, tout comme les plaidoiries de Me Palumbo et du procureur général du canton de Vaud, Eric Kaltenrieder. La matinée a essentiellement été consacrée à l'audition de deux experts psychiatriques.
Maintien en quartier de haute sécurité
La RTS révèle de son côté que, depuis 2019 et sa condamnation définitive par le Tribunal fédéral, Claude D. a été sanctionné à plusieurs reprises par les autorités pénitentiaires. Le média public s'est procuré des décisions de justice rendues à son encontre jusqu'en novembre 2024.
A peine quatre mois après la décision du TF, il a ainsi tenu des «propos inadéquats» à l'encontre d'une agente de la prison de la Croisée, à Orbe (VD). Deux jours plus tard, il a été privé de loisirs pour avoir insulté une gardienne.
Fin 2020, après avoir été transféré aux établissements pénitentiaires de Thorberg (BE) et alors que son comportement est qualifié de «bon», des experts évaluent chez le Fribourgeois un «risque de récidive générale et violente d'élevé» et un «risque de récidive sexuelle [...] bien au-dessus de la moyenne». Son maintien en quartier de haute sécurité est décidé.
Placé à l'isolement cellulaire
La RTS fait ensuite état d'une décision de juin 2021 qui décrit dans l'attitude de Claude D. une volonté «d'être dominant dans ses rapports avec les autres» et mentionne des faits d'insubordination et d'agression contre un surveillant.
Une nouvelle sanction tombe en février 2022 lorsque Claude D., désormais détenu à la prison de Pöschwies (ZH), suggère à un codétenu de s'en prendre à la responsable de la blanchisserie de l'établissement. Il aurait notamment déclaré:
La même année, il est placé à l'isolement cellulaire après avoir confié à un codétenu qu'il voulait se suicider et souhaitait tuer plusieurs personnes au préalable, dont le gardien-chef de la prison.
En février 2023, l'Office d'exécution des peines réévalue le régime de détention de Claude D., désormais enfermé à la prison de Lenzburg (AG). Mais les experts se contredisent et sa situation s'enlise jusqu'à son transfert aux Etablissements de la plaine de l'Orbe en novembre 2024.
Deux horribles assassinats
Pour rappel, Claude D. avait tué son ex-compagne par balles en 1998, à la Lécherette (VD), après l'avoir longuement harcelée puis violée. Au terme d'une relation d’un peu plus d'un an, elle lui avait annoncé son intention de rompre.
En 2013, alors qu'il bénéficiait d'arrêts domiciliaires sous surveillance électronique, il avait assassiné Marie, 19 ans, qu'il avait récemment rencontrée sur internet. Il avait abusé d'elle durant plusieurs heures dans sa voiture avant de l'étrangler avec une ceinture. (jzs)
