DE | FR
Bild

Image: Shutterstock

Initiative pour une «Eau potable propre», sur quoi on vote concrètement?

La population suisse se prononcera le 13 juin prochain sur l’initiative «Pour une eau potable propre». Voici ce qu’il faut savoir pour se forger une opinion.



Pourquoi on vote?

Le texte de l’initiative «Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l’utilisation de pesticides et l’utilisation d’antibiotiques à titre prophylactique» a abouti au début de l’année 2018 avec 114 000 signatures valables, soit 14 000 de plus que nécessaire.

Elle a été lancée par une association «apolitique», portée par Franziska Herren, une Bernoise qui s’est engagée publiquement pour la première fois début 2010. Elle militait alors pour l’arrêt de la centrale nucléaire de Mühleberg (BE). Dans la foulée, elle a créé l’association à l’origine de l’initiative.

Si le comité d’initiative est composé de Suisses alémaniques uniquement, les Romands ne sont pas très loin et disposent de leur propre comité. Dans ce dernier, on retrouve les élus fédéraux Michel Matter (PVL/GE), Brigitte Crottaz (PS/VD), Christophe Clivaz (Les Verts/VS), Adèle Thorens (Les Verts/VD) ainsi que la co-présidente des Jeunes vert’libéraux suisses, Virginie Cavalli.

A noter qu’un député genevois PDC, le médecin Bertrand Buchs, fait aussi partie des soutiens politiques romands, alors que la section genevoise autant bien que le parti fédéral se sont prononcés contre le texte.

Que demande l’initiative «Pour une eau potable propre»?

En substance, l’initiative exige que les subventions agricoles (les paiements directs) ne soient allouées qu’aux seules pratiques qui ne portent pas atteinte à l’environnement et ne polluent pas l’eau potable.

Le texte demande en particulier que ces subventions ne soient versées qu’aux conditions suivantes:

Le texte veut faire en sorte d’éviter une surproduction de fumier et de lisier. La recherche, la vulgarisation et la formation agricoles devront elles aussi s’aligner sur ces objectifs.

Le texte de l’initiative sur le site de la Confédération, c’est ici.

Trois arguments pour

1. Subventionner le durable. En conditionnant les subventions à l’agriculture, les initiants exigent que «nos milliards d’impôts soient investis dans une production alimentaire sans pesticides, qui n’utilise pas d’antibiotiques à titre préventif et qui élève le bétail qu’elle peut nourrir avec du fourrage local». Autrement, «la qualité de notre eau potable restera en permanence menacée par la production alimentaire industrielle qui dépend des pesticides, du fourrage importé et des antibiotiques».

2. Risque sur la santé. Un million de Suisses consomment de l’eau potable contaminée par des résidus de pesticides au-delà de la limite légale, selon les initiants. Cela met notre santé en danger. En réorientant les milliards des paiements directs vers une production sans pesticides, celle-ci devient la norme et les aliments sains deviennent abordables pour tous.

3. Stopper l’importation de fourrage. L’importation massive de 1,2 million de tonnes de fourrage par an génère un excédent de lisier, qui entraîne la présence de nitrates dans l’eau potable. Le nitrate est considéré comme cancérogène. Pour limiter cela, l’initiative demande de lier les subventions à la condition que le bétail soit nourri avec du fourrage suisse.

Vers le site internet des initiants

Trois arguments contre

1. Menace sur l’emploi. Près de 160 000 emplois seraient fragilisés dans l’agriculture et l’industrie alimentaire si le texte était accepté. S’y ajouteraient «d’innombrables» entreprises de construction locales, indirectement touchées, en particulier dans les régions périphériques et montagneuses, ainsi qu’au niveau du premier échelon de transformation.

2. Les produits suisses deviendraient un luxe. L’initiative induira des directives qui restreindront les agriculteurs dans leurs activités entrepreneuriales et feront augmenter les coûts de production. En seront particulièrement affectés, dans le domaine animal, la viande de volaille, les œufs suisses et la viande de porc, la plus consommée dans le pays.

3. Le marché n’en veut pas. Les consommateurs peuvent faire leurs courses en fonction de leurs valeurs et de leurs souhaits. Il y a un produit labellisé pour combler chaque besoin. N’offrir que des produits suisses labellisés irait à l’encontre de la demande du marché.

Vers le site internet des opposants

Les positions (au 10 mai)

Pour le texte: PS, Les Verts, PVL, Pro Natura, Société romande d'apiculture.

Contre le texte: Conseil fédéral, Conseil national, Conseil des Etats, UDC, PLR, Le Centre, Union suisse des paysans, Bio Suisse, EconomieSuisse, Société suisse d'économie alpestre

Et votre avis sur l'initiative?

Pour ou contre l’initiative "pour une eau potable propre"?

Plus d’article sur les votations du 13 juin

Que dit la «Loi Covid» sur laquelle on votera le 13 juin?

Link zum Artikel

Pour lutter contre le terrorisme, faut-il donner plus de moyens à la police?

Link zum Artikel

Une Suisse sans pesticides de synthèse. Mais pourquoi?

Link zum Artikel

Top 5 des initiatives suisses les plus WTF (vive la démocratie)

Link zum Artikel

Manger de la viande sans tuer d'animaux? Ce livre a la solution

Coauteur du livre «Plaidoyer pour une viande sans animal», Thomas Lepeltier défend les avantages de la viande de culture. Développée artificiellement et déjà commercialisée à Singapour, celle-ci pourrait réduire tant la souffrance animale que l'impact de l'élevage sur l'environnement. Interview.

«Ce livre ne cherche pas à convaincre qui que ce soit de se passer de viande. Au contraire, nous défendons un moyen de continuer à manger de la viande mais sans faire souffrir les animaux», pose l'essayiste français Thomas Lepeltier. Avec son confrère David Chauvet, il vient de publier Plaidoyer pour une viande sans animal.

La solution miracle prônée par les deux animalistes végétaliens? La viande de culture développée en laboratoire à partir de cellules souches animales. Aujourd'hui …

Lire l’article
Link zum Artikel