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Les clubs amateurs de Suisse n'ont pas l'obligation d'avoir reçu une double dose de vaccin pour jouer au football.
Les clubs amateurs de Suisse n'ont pas l'obligation d'avoir reçu une double dose de vaccin pour jouer au football.
Image: Shutterstock

Faudra-t-il être vacciné pour jouer au football?

C'est une question qui rode autour des terrains depuis la reprise estivale: les footballeurs du dimanche devront-ils se faire vacciner, comme en France? Eléments de réponse et avis des principaux concernés.
14.08.2021, 17:5615.08.2021, 10:53
Jonathan Amorim
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«Le pass sanitaire sera requis pour pouvoir jouer au football et accéder aux vestiaires ainsi qu'aux tribunes avant chaque entraînement ou chaque match de compétition».

Par ces mots, la Fédération Française de Football a créé un véritable tremblement de terre chez nos voisins amateurs. Ceux-ci devront désormais montrer patte blanche, plus exactement un pass sanitaire, pour entrer dans un stade de football, que ce soit pour y jouer un match ou pour y assister en tant que membre bénévole, entraineur ou spectateur.

Une telle situation pourrait-elle arriver dans nos ligues régionales?

Philippe Moser, porte-parole de l'association valaisanne de football, n'y croit pas trop: «On ne peut pas forcer les joueurs à se faire vacciner. Les concepts de sécurité sont édictés par l'Association Suisse de Football (ASF), qui est en contact permanent avec l'OFSP. Les clubs doivent mettre en place des règles sanitaires, comme la saison dernière, mais on ne parle pas de vaccination obligatoire pour le moment.»

En Suisse, on semble donc repartir sur le schéma de la saison 2020/2021 en misant sur la responsabilité individuelle et sur des concepts de sécurité controlés par les clubs. Petit rappel des mesures en vigueur:

Toutefois, le débat social entre vaccinés et non-vaccinés pourrait toucher également les vestiaires. «Comment va-t-on gérer les mesures sanitaires, notamment le port du masque, pour les joueurs vaccinés? Il me semble difficile de faire des contrôles et de demander aux petits clubs d'assumer cette lourde tâche», s'interroge Philippe Moser.

Gilbert Carrard, président de l'association vaudoise de football (ACVF), nous confirme également que pour le moment, aucune mesure supplémentaire n'est prévue pour la saison à venir: «On repart exactement sur le même schéma que la saison dernière. Malheureusement pour les vaccinés, ils devront se plier aux mêmes mesures que les joueurs non-vaccinés.»

Même cas de figure pour les quarantaines d'équipe, comme nous le confirme à nouveau le président de l'ACVF :

«Pour les quarantaines et les renvois de match, le concept reste le même. Il faut minimum 6 joueurs impactés dans un effectif. L'ordre est toujours donné par le médecin cantonal, qui peut également ordonner le renvoi d'un match par mesure de précaution, même si moins de 6 joueurs sont touchés par le COVID.»

Qu'en pensent les principaux intéressés?

Pour Pauline Chautems, joueuse au FC Chavornay Sports en 3ème ligue vaudoise, la vaccination doit rester un choix personnel, «même si la peur d'être infectée reste bel et bien présente, car le football reste un sport de contact, mais également un contexte où l'on se retrouve régulièrement très proche de nos coéquipières, notamment dans les vestiaires». Toutefois, ce sujet semble pour le moment ne pas trop atteindre l'équipe nord vaudoise:

«On n'en discute pas vraiment dans le vestiaire. Je sais juste que plusieurs filles sont vaccinées, c'est tout»
Pauline Chautems
FC Chavornay sports

Si la vaccination n'est pas encore un thème dans son vestiaire, Pauline estime que le passage par la petite piqûre pourrait être, selon elle, la solution aux difficultés rencontrées par le football ces dernières saisons: «Je ne pense pas qu'il y ait de solution miracle, mais le football étant un sport de contact, et les distanciations sociales étant difficiles à faire respecter, la vaccination pourrait être la seule solution, à long terme.»

L'impact du COVID-19 sur le sport a chamboulé le quotidien de milliers de footballeurs, mais également celui des éducateurs, des entraineurs et des membres bénévoles d'associations sportives. (On en profite pour vous glisser cet hommage merveilleux d'Omar da Fonseca)

Wilson Rafael, entraineur des juniors A du FC Onex à Genève, est l'un de ces éducateurs à la responsabilité grandissante ces dernières saisons. Pour lui, «un système à la française» n'est pas à exclure:

«Cela ne réglera pas tous les problèmes, mais les diminuera certainement. Je suis moi-même vacciné, de par mes différents rôles d'entraineur, mais également de chef d'entreprise. Je voyage également beaucoup donc j'ai vite pris la décision de me faire vacciner. On va devoir maintenant gérer également au football le potentiel conflit entre les vaccinés et les non-vaccinés...»

Samy Burion est le président du petit club de Vionnaz, dans le Bas-Valais. Il estime que son comité n'a pas l'expertise nécessaire pour procéder à des contrôles similaires à ceux pratiqués en France voisine: «En tant que comité, nous n’avons pas vocation et surtout pas l’expertise pour imposer à nos membres des mesures supplémentaires que celles qui sont pratiquées dans le reste de la société.»

Il s'est également retrouvé en première ligne pour ce qui est de constater les dégâts que le virus a infligé au football régional:

«Le Covid-19 a fortement contribué à baisser la motivation de nos membres, principalement en raison de l’incertitude qui planait sur la poursuite de la compétition et des mesures contraignantes auxquelles nous étions soumis (distance sociale, masque pour les contacts, 15 joueurs maximum sur le terrain, etc).»

De quoi donc aborder la question de la vaccination dans le football avec un certain recul, et, peut-être, un regard différent que celui que peuvent porter les joueurs eux-mêmes: «Je suis contre le fait d’obliger les joueurs à se faire vacciner, mais je comprendrais que ceux qui ne le sont pas (ou qui ne sont pas testés) ne puissent pas jouer, si cette mesure devait être introduite et si elle s’avérait absolument nécessaire au vu de la situation sanitaire.»

Le Président du FC Vionnaz, comme bien d'autres, se voit donc partagé entre le désir de retrouver une certaine normalité et le contexte sanitaire qui l'oblige à porter des responsabilités:

«Je crains que l’introduction du certificat Covid dans le football amateur vienne aggraver l’isolement social et fasse diminuer l’activité sportive. Ces constatations se confrontent à une situation sanitaire dont il nous faut sortir au plus vite.»

Faudra-t-il être vacciné pour jouer au football ? La réponse pour le moment est donc négative. Que ce soit du côté des autorités, des membres actifs ou des responsables de club, on espère tous éviter ce scénario en primant sur la responsabilité individuelle et les concepts de protection sanitaire déjà en place.

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