«Ma mère m'a supplié d'arrêter»: ce Romand pratique un sport rare
La météo ombrageuse de ce lundi 3 août dissuadera Fabio Minnig de monter sur son skateboard et d'aller s'entraîner. La pluie qui tombe à Lausanne est légère, certes, mais l'athlète fribourgeois de 28 ans ne prend pas de risque inutile, explique-t-il en sirotant son café. Il le sait: le skate de descente, un sport extrême qui consiste à dévaler des routes à toute vitesse, ne laisse pas de place à l'erreur.
D'emblée, il tient toutefois à préciser:
C'est justement pour «casser les codes» et «faire reconnaître» cette discipline peu pratiquée en Suisse qu'il a collaboré avec le réalisateur vaudois Nicolas Zimmermann. Leur film Untamed, sorti début 2026, sera diffusé jeudi 6 août au cinéma les Galeries à Lausanne.
Aujourd'hui encore, en effet, les adeptes se comptent sur les doigts d'une main, malgré des routes helvétiques considérées comme idéales par Fabio Minnig en raison de leur entretien régulier.
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Autodidacte
Faute d'une communauté à rejoindre, le sportif originaire de Marsens (FR) s'est formé en autodidacte. «J'avais 13 ans lorsque j'ai découvert le skate de descente sur YouTube, se souvient-il. J'ai donc acheté une planche et commencé à rider. J'étais le premier de la région.» Il ne partait toutefois pas de zéro: son père est un passionné de grimpe qui l'emmenait escalader des falaises dès son plus jeune âge. Un amour du frisson qui ne l'a plus jamais quitté, malgré plusieurs accidents:
Il n'en sera rien. Les années passent, le niveau s'améliore et les compétitions s'enchaînent jusqu'à l'emmener au championnat du monde. En 2019, il se hisse dans le top 10 avant d'arrêter de concourir en raison de la pandémie. De toute façon, le Romand «ne prenait plus de plaisir durant les tournois, avoue-t-il. Les tracés n'étaient pas toujours intéressants et j'étais frustré.»
Créateur de l'extrême
Un nouveau chapitre s'ouvre alors: la mise en avant ses performances sur les réseaux sociaux. Bingo: 314 000 personnes le suivent aujourd'hui sur Instagram et il collabore avec plusieurs marques, en parallèle de son travail de moniteur de ski et de garde-faune.
Ce n'était pourtant pas gagné d'avance:
Heureusement, sa passion du skateboard s'allie avec son attrait pour l'esthétique. Les routes dévalées sont notamment choisies en fonction de la beauté du paysage. «J'aime faire des vidéos. En ligne, cependant, elles ne durent que quelques secondes. Tu perds le charme de cette élégante discipline.» L'envie de partager davantage est à l'origine d'Untamed, un long-métrage dont Fabio Minnig rêve depuis longtemps et qui a également pour objectif de faire découvrir le skate de descente aux jeunes.
Un «kiff unique»
Au fil de la discussion, nous faisons défiler son profil Instagram, ouvrons de grands yeux en le voyant prendre des virages à faire frémir et l'interrogeons sur la dangerosité de la pratique: «J'accepte pleinement la mort et je sais que j'aurai vécu ma vie pleinement», répond-il calmement, tout en déclarant qu'il lui arrive encore d'avoir peur avant une descente. «Si l'émotion me submerge, je ne me lance pas», assure-t-il. Et d'ajouter:
Désormais, les records ne l'intéressent plus. Il souhaite simplement continuer à «repousser ses limites» en trouvant des tracés toujours plus raides. En terminant son café, Fabio Minnig confie toutefois en souriant qu'il participera à nouveau au championnat du monde en 2027.
Le film «Untamed» est projeté jeudi 6 août à Lausanne. La séance est complète, mais une liste d'attente a été créée. Si les gens sont assez nombreux, une nouvelle projection sera organisée.
