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Interview

«Il faut qu'on paie nos primes comme nos impôts: Avec des acomptes»

Les primes maladie des Suisses vont (un peu) baisser en 2022. Et c'est du jamais vu depuis 14 ans. Pour Philippe Eggimann, c'est bien mais «ce n'est pas assez». watson a posé son stéthoscope sur l'analyse à chaud du président de la société médicale de la Suisse romande.
28.09.2021, 17:0928.09.2021, 18:03
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Vous demandiez à ce que les primes n’augmentent pas pendant une année ou deux. Vous sautez de joie aujourd'hui?
Philippe Eggimann: N'exagérons rien! C'est néanmoins une bonne nouvelle cette légère baisse des primes maladies et je crois que c'est cohérent avec l'évolution des coûts de la santé, mais j'ai deux observations importantes. La première, c'est que le compte n'y est pas.

C’est-à-dire?
Si on regarde les derniers comptes consolidés, publiés par l'OFSP, on voit que ces dernières années, malgré une diminution de la hausse des primes, les assurances ont encore perçu plus de trois milliards de francs en trop par année.

«Quand on nous annonce aujourd'hui que les caisses vont rembourser 350 millions, c'est environ 10% du trop-perçu et ce n'est clairement pas assez»

Vous aviez une deuxième observation en tête, laquelle?
Cette baisse est aussi une très bonne nouvelle dans le combat qu'on mène depuis trois ans pour la transparence sur la manière avec laquelle on calcule les coûts de la santé et on établit le montant des primes. Ce combat a porté ses fruits. Il faut maintenant aller vers encore plus de transparence. Et ça prouve surtout qu'il va falloir prendre en compte la proposition que l'on fait depuis deux ans et qui consiste à changer le mécanisme de calcul des primes.

Dire au revoir à la technique ancestrale des estimations?
C'est ça. Et on l'a encore vu la semaine dernière: les estimations étaient complètement abracadabrantesques. On doit maintenant nous faire payer des acomptes.

Primes maladie et impôts, même combat?
Oui et c'est important parce que, qui dit acomptes dit aussi bonus ou malus, une fois que les comptes sont finalisés. On met les différents partenaires autour de la table pour déterminer comment il faut financer le malus ou redistribuer le bonus. C'est la seule manière de casser ce mécanisme infernal, basé sur des estimations fausses.

Mais cette légère baisse, c'est un petit bonbon qu'on offre en période de crise sanitaire ou une tendance qui va durer?
Depuis 2017, la hausse annuel des coûts est environ de 1,5%. Donc nous sommes déjà dans l'objectif des mesures visées par le groupe d'expert du Conseil fédéral qui consistait à ramener la hausse des coûts de la santé à moins de 3% par année d'ici 2025. En gros, cette période de stabilité va justement permettre un profond travail sur la transparence.

Mais, à vous écouter au fil des ans, on a l’impression que les primes seront toujours trop élevées...
Ah, ah, non ce n'est pas vrai. La prime moyenne idéale, c'est celle qui permet de couvrir les coûts des prestations et le maintient d'une quantité raisonnable de réserves, conformément à la législation.

Plus largement, est-ce que le Covid-19 a modifié le lien qu'on les Suisses avec leur santé?
Non je ne crois pas.

«Les Suisses ne sont en tout cas pas prêts à diminuer leur consommation de prestations de soins et ce, pour une raison évidente: Ils en ont les moyens»

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