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Pourquoi le super char T-14 Armata de Poutine ne roule que lors des défilés

Le T-14 à la parade à Moscou.
Le T-14 à la parade à Moscou.Image: sda
L'Occident est devenu nerveux lorsque le T-14 Armata a roulé sur la Place Rouge de Moscou pour la première fois en 2015. Sept parades et une guerre plus tard, il ne reste plus grand-chose du «meilleur char de combat du monde».
12.05.2022, 05:5013.05.2022, 07:48
Martin Küper / t-online
Un article de
t-online

Un design inédit, un blindage et un armement moderne, tout en étant plus léger et plus mobile que ses homologues occidentaux: avec le T-14 Armata, la Russie semblait rattraper son retard sur les armées de l'Otan en matière de technologie des blindés. Au ministère britannique de la Défense, on parlait même d'une «révolution dans le développement des chars» lorsque les premières images du T-14 ont été rendues publiques en 2015. Mais entre-temps, le mythe du char high-tech russe s'est estompé.

Trois exemplaires du T-14 ont certes été présentés à Moscou lors du défilé du 9 mai. Mais le modèle n'a pas encore été vu sur les champs de bataille en Ukraine. On ne sait pas pourquoi l'armée russe mise surtout sur les modèles de chars T-72 et T-80 plutôt que sur son matériel le plus moderne.

Mais avant la guerre de Poutine, des spécialistes avaient déjà signalé des problèmes avec le T-14, qui pourraient expliquer son absence.

Le T-14 Armata, l'un des «plus efficaces au monde»

De par ses caractéristiques techniques, le T-14 fait effectivement partie des chars de combat les plus efficaces au monde. Il s'agit du premier char russe dont la tourelle de combat est sans équipage.

image: keystone

Cette conception est nettement plus sûre pour l'équipage: dans les modèles qui ont précédé le T-14, l'équipage était assis dans la tourelle de combat directement au-dessus des munitions. Si un projectile venait à s'y loger, les munitions exploseraient et feraient également exploser la tourelle de combat. L'équipage n'aurait généralement aucune chance de s'en sortir.

Au lieu d'une forme plate et compacte pour protéger l'équipage, les développeurs ont misé sur un blindage plus solide pour le T-14. Selon les indications russes, un blindage composite en céramique et un nouvel alliage d'acier doivent également protéger le blindé contre les armes antichars.

Ceci sans que ce dernier devienne trop lourd. Ainsi, avec un poids au combat d'environ 55 tonnes, le T-14 est nettement plus léger qu'un Leopard 2 allemand de 69 tonnes ou qu'un Abrams américain de 73 tonnes, par exemple. Moins de poids signifie une vitesse et une autonomie plus élevée.

Un Leopard 2

Image: wikimedia

Un Abrams américain

Image: keystone

Seulement 20 exemplaires du T-14 livrés au lieu de 2300

Les spécialistes ont également été impressionnés par le blindage réactif explosif «Malachit», qui doit être monté en standard sur le T-14. Ce dernier consiste à placer des explosifs entre des couches de métal et de matériau composite sur un carreau. Ces carreaux peuvent ensuite être placés à des endroits particulièrement vulnérables du char. Si un projectile ennemi touche une telle tuile «malachite», l'explosif qui s'y trouve explose et compense partiellement l'effet de l'attaque.

image: keystone

Mais si les caractéristiques techniques de l'Armata sont impressionnantes, il n'a pas encore été produit en série. L'armée russe avait initialement prévu d'en acquérir 2300 exemplaires d'ici 2020, mais jusqu'à présent, seuls 20, au maximum, auraient été mis en service.

En 2018, le Kremlin a déclaré qu'une production en série du T-14 n'était pas nécessaire. Les modèles T-72, T-80 et T-90 pourraient finalement rivaliser avec les chars de l'Otan, selon le vice-premier ministre pour la Défense et l'Industrie spatiale, Iouri Borissov.

La Russie perd un char T-90 moderne en Ukraine

Outre les coûts de production élevés d'environ quatre millions de dollars par unité, les sanctions occidentales font probablement obstacle à la production de masse du T-14. Après l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, l'Occident a imposé des sanctions dans le domaine technologique, de sorte que la Russie ne puisse plus accéder aussi facilement à de nombreux composants du T-14. L'expert militaire Gustav Gressel explique au Spiegel:

«Les coûts du projet ont explosé, la Russie a eu de gros problèmes pour produire le T-14 en série – notamment parce que le char de combat utilise de nombreux matériaux spéciaux et sous-composants fabriqués en Occident, qui ne sont désormais plus disponibles».

Le char russe le plus moderne utilisé jusqu'à présent en Ukraine était un T-90M MBT. Celui-ci est basé sur le même châssis et le même design que les modèles T-72 et T-80, mais devait être nettement moins vulnérable grâce à une électronique et un blindage moderne.

Mais cela s'est aussi avéré être un mythe: Quelques jours seulement après sa première apparition sur le champ de bataille, les troupes ukrainiennes l'ont détruit, près de Kharkiv.

Sources:

Traduit et adapté de l'allemand par sia

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Video: watson
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