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Les propos du président de la Confédération Ignazio Cassis ont fait des remous à Moscou.
Les propos du président de la Confédération Ignazio Cassis ont fait des remous à Moscou.Image: sda

La Russie réagit violemment aux déclarations de Cassis

La Suisse et son président se sont fait attaquer par la propagande russe pour leur prise de position dans le conflit ukrainien.
12.04.2022, 14:4612.04.2022, 15:28

Les déclarations sur la guerre en Ukraine du Conseil fédéral et plus particulièrement du président de la Confédération Ignazio Cassis ont suscité de vives réactions en Russie. La porte-parole du département russe des Affaires étrangères a sévèrement réprimandé le ministre des Affaires étrangères suisse pour sa compréhension de l'histoire et le gouvernement pour sa neutralité.

L'ambassade de Russie à Berne a diffusé, mardi, sur Twitter, la prise de position de la porte-parole Maria Zakharova. La communication russe s'attaque aux propos d'Ignazio Cassis qui a «annoncé», dans une interview au journal luxembourgeois, Le Quotidien la fin «de l'ère où aucun pays souverain et démocratique du continent n'a été attaqué depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.» Il faisait bien évidemment référence à l'attaque russe de l'Ukraine.

Ce n'est pas correct, lui reproche Zakharova. Elle souhaite rappeler au président de la Confédération «que l'érosion des fondements de l'après-guerre et la destruction du système du droit international public ont résulté des bombardements et des tirs de missiles de l'Otan sur des villes yougoslaves pacifiques en 1999». Cet «oubli et cette interprétation arbitraire pour des raisons d'opportunité politique» sont «totalement inacceptables».

Depuis le début du conflit, la propagande russe tourne à plein régime, il est donc important de revenir sur les faits. Pour rappel, le 24 mars 1999, l'alliance de défense occidentale avait attaqué la Serbie afin de contraindre Belgrade à mettre fin à la violence contre la population dans la province du Kosovo, alors encore serbe.

Après 78 jours de bombardements aériens, l'armée serbe s'est retirée du Kosovo. De graves crimes de guerre et des violations des droits de l'homme ont alors été mis au jour.

Massacres orchestrés par l'Ukraine

Par ailleurs, selon Zakharova, qui ânonne toujours la propagande du Kremlin: «après d'autres crimes barbares commis par le régime ukrainien à Boutcha et Kramatorsk, le DFAE a ignoré notre déclaration détaillée et a imputé sans réserve toute la responsabilité à la partie russe». Tout indique pourtant que ce sont les forces russes qui ont commis des exactions.

La Russie condamne donc avec la plus grande fermeté de telles «déclarations». Il faut espérer que les «dirigeants suisses» ne considèrent pas l'inviolabilité de la neutralité «comme de belles paroles», écrit la porte-parole. «C'est sur cette base que nous jugerons de la véritable 'qualité' du statut de neutralité de la Confédération suisse», conclut-elle d'un ton légèrement menaçant.

Que l'Ukraine soit responsable de massacres de ses propres citoyens, le Kremlin le répète depuis que les atrocités sont connues. (jah/sda)

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Qui est Evgueni Prigojine, «chef de Poutine» et cerveau de l'armée Wagner?
Il est entré au Kremlin comme traiteur, il est à présent le chantre de la désinformation et de la propagande russe. L'oligarque Evegueni Prigojine est un homme mystérieux, toujours fidèle à Poutine.

Evgueni Prigojine. Son nom est apparu dernièrement dans un bouquin de Giuliano da Empoli, ancien conseiller de Matteo Renzi, ex-président du Conseil italien, Le Mage du Kremlin. Il est comme une ombre mouvante et insaisissable, telle une figure littéraire tout droit sortie de la plume de Dostoïevski, qui crache son poison lentement. Il est érigé comme une pièce maîtresse dans l'échiquier politique de Vladimir Poutine.

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