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British corner

Les fans anglais ont ramené les mégalos sur terre

Raphaël Crettol, champion suisse de Fantasy Premier League, décrypte l'actualité du football britannique. Présentation de la journée 33 et quelques tuyaux FPL.



Le football européen a vécu un tremblement de terre inédit, dans la nuit de dimanche à lundi, lorsque les douze clubs les plus puissants d'Europe ont annoncé la création d'une nouvelle ligue fermée et indépendante: la Super Ligue. Les secousses se sont largement fait sentir outre-Manche, puisque la moitié des clubs inclus dans ce projet évolue en première division anglaise.

Tous les clubs du Big Six, expression désignant communément les six plus grosses équipes du pays, ont intégré ce projet destiné à renflouer les caisses de ces mastodontes via des droits TV astronomiques. Même si l'idée d'une Super Ligue avait plusieurs fois été évoquée ces dernières années, sa concrétisation a fait l'effet d'une bombe. Tout particulièrement en Angleterre, d'où le football tire ses racines et où ces clubs ont été créés par la classe ouvrière, il y a plus d'une centaine d'années.

L'ancien défenseur de Manchester United et actuel consultant sur Skysports Gary Neville a été un des premier à s'exprimer publiquement contre cette infamie.

La réaction des fans ne s'est évidemment pas faite attendre. Les réseaux sociaux des clubs concernés ont été inondés de messages fustigeant ce nouveau projet et du hashtag #SayNoToEuropeanLeague. Plusieurs d'entre eux sont même descendus dans la rue pour manifester. Le coup d'envoi du match de championnat entre Chelsea et Brighton a ainsi été repoussé en raison des supporters qui ont envahi les abords du stade et ont retardé l'arrivée des équipes.

Dindons de la farce, les autres clubs de Premier League ont également condamné publiquement le projet de Super Ligue. En effet, l'initiative mettait en péril l'intégralité du système pyramidal du football, dans la mesure où l'argent serait monopolisé par les grandes puissances et ne ruissellerait plus (ou moins) sur les différents échelons de la pyramide.

D'autres clubs ont choisi l'humour pour dénoncer l'aberration de la proposition. Sur son compte Twitter, Wolverhampton s'est auto-adjugé le titre de champion d'Angleterre en 2019, une saison où les Wolves avaient terminé 7e... derrière les six équipes du Big six.

Conscient des enjeux économiques - et de l'opportunité de gagner des points dans l'opinion public -, Boris Johnson s'est joint à la manifestation. Le premier ministre britannique a déclaré que tous les moyens légaux étaient actuellement à l'étude pour tenter de stopper cette initiative.

Plusieurs entraîneurs et joueurs ont également pris position, plus ou moins directement, contre le choix de la direction de leur club. Maître tacticien au bord de la pelouse, l'entraîneur de Manchester City Pep Guardiola a notamment livré une leçon sur les éléments essentiels du football en conférence de presse.

Et soudain, sous la pression conjointe des différentes parties prenantes, le château de cartes doré s'est brutalement effondré. Les clubs anglais ont été les premiers à se retirer de ce projet mort-né. Puis, l'Inter Milan, la Juventus, l'AC Milan et l'Atletico Madrid leur ont emboité le pas, ne laissant plus que Barcelone et le Real Madrid dans leur prison dorée.

Tour à tour, les clubs ont reconnu leur erreur publiquement. L'exemple le plus éloquent provient certainement de Liverpool. Quasiment invisible sur le plan médiatique, son propriétaire américain John W. Henry a fait son mea-culpa devant les caméras.

Manchester United est aussi allé de son statement. Alors soulagé Gary ?

Ah ben non, toujours pas... Et on le comprend.

L'enchaînement des événements laisse perplexe. Si la création de la Super Ligue ne représentait qu'une demi-surprise, l'incapacité des dirigeants à mener à bien une réforme qu'ils mijotent depuis plusieurs années est peut-être encore plus stupéfiante.

A peine sortie de terre, la Super Ligue est déjà enterrée.

Avaient-ils sous-estimé les leviers de l'UEFA, la FIFA et les instances politiques pour faire pression sur leur nouveau joujou ? Avaient-ils négligé le poids de l'histoire et les valeurs qui différencient le domaine du sport de celui des entreprises traditionnelles ? Et surtout n'avaient-ils donc pas anticipé la fronde de supporters, littéralement sacrifiés au profit de marchés plus juteux ?

On n'arrive pas à y croire... et pourtant. Ce fiasco est une nouvelle preuve éclatante que les propriétaires de clubs, aveuglés par le profit, sont de plus en plus déconnectés de la réalité du terrain et de l'essence même du sport. Garants de ces valeurs, les fans se sont chargés de ramener les mégalos sur terre.

epa09147735 Chelsea fans stage a demonstration against the European Super league before the English Premier League soccer match between Chelsea FC and Brighton & Hove Albion FC in London, Britain, 20 April 2021. In the early hours of 19 April 2021 twelve European soccer clubs, AC Milan, Arsenal FC, Atletico de Madrid, Chelsea FC, FC Barcelona, FC Internazionale Milano, Juventus FC, Liverpool FC, Manchester City, Manchester United, Real Madrid CF and Tottenham Hotspur have announced the creation of a Super League which would rival the excisting UEFA club competitions and has been strongly condemned by the UEFA.  EPA/NEIL HALL

Image: sda

Mais le mal est fait et le dégât d'image énorme. La confiance des fans a été grandement fragilisée, même si le traumatisme fut éphémère. A-t-on atteint la limite à ne pas franchir ou s'agit-il simplement d'une nouvelle étape nous rapprochant de la création d'une ligue élitiste ?

En tous les cas, la communauté européenne du football a délivré un message clair: elle n'est pas prête à accepter un système de ligue fermée inspiré de la culture du sport-spectacle américain. L'initiative démontre également l'urgence de mener des réformes en profondeur pour réguler le football et assurer sa durabilité.

epa09146863 A sign reads, 'Give Us Our Arsenal Back' outside Arsenal's Emirates Stadium in London, Britain, 20 April 2021. Europe's top clubs from England, Italy and Spain have announced a break away European Super League. England's so called big six football clubs, Arsenal, Chelsea, Liverpool, Man City, Man Utd and Tottenham have signed up to the new proposals.  EPA/ANDY RAIN

Image: sda

On ne peut que laisser le mot de la fin à Gary Neville, qui n'a visiblement pas décoléré contre ces bandits «qui ont essayé de fuir avec les joyaux de la couronne». On pourrait presque croire au lancement d'une nouvelle série Netflix...

Tous les bons plans FPL pour la GW33

Les équipes à cibler

Trois équipes offrent des perspectives particulièrement réjouissantes à l'abord de la GW33. Libéré de la Ligue des Champions et des autres coupes nationales, Liverpool n'a plus qu'un seul objectif jusqu'à la fin de la saison: le top 4 en Premier League. La réception de Newcastle constitue une excellente opportunité de réaliser un carton offensif. C'est également le cas pour Leicester (3e) qui accueille une équipe de Crystal Palace qui n'a plus grand chose à jouer. A l'autre bout du classement, Brighton doit encore engranger des points pour assurer sa place dans l'élite. Les Seagulls offrent un potentiel de points très intéressant des deux côtés du terrain face à Sheffield, officiellement relégué depuis samedi dernier.

Le capitaine

Reposé contre Leeds en début de semaine, Mohamed Salah (19 buts cette saison) sera frais pour tenter d'aller chercher Harry Kane (21 buts) dans la lutte pour le golden boot. Je ne peux pas m'imaginer donner le brassard à quelqu'un d'autre que l'Egyptien ce weekend. Les alternatives les plus sérieuses sont à chercher du côté de Leicester qui accueille Crystal Palace. Kelechi Iheanacho est actuellement dans la forme de sa vie (sept buts lors des cinq derniers matches). En panne de but depuis neuf rencontres (avant le match de ce soir contre West Brom), Jamie Vardy représente un coup de poker qui peut rapporter gros. Quelque chose me dit que son réveil est proche.

Qui sera ton capitaine pour la GW33?

Les différentiels

On atteint gentiment un moment de la saison où les différentiels sont particulièrement recherchés. La semaine dernière, j'ai transféré Danny Welbeck (5.5) dans l'optique de son match contre Sheffield. L'attaquant anglais, qui figure dans 0.7% des équipes, va certainement trouver le chemin des filets au cours de quatre prochaines rencontres, très favorables sur le papier. Toujours dans la recherche de différentiels, je pense transférer Ricardo Pereira (5.9) à la place de Marcos Alonso cette semaine. Le latéral de Leicester joue quasiment en tant qu'ailier depuis sont retour de blessure. La dernière place revient à Adama Traoré (6.0). Le bodybuilder de Wolverhampton se montre de plus en plus décisif ces dernières semaines (1 but/2 assists lors des trois derniers matches).

La stat

Un joueur qu'on avait un peu oublié revient fort en cette fin de saison: Mason Greenwood (7.1). Propulsé sur le devant de la scène grâce à une fin de saison passée phénoménale, il a dû ronger son frein cette saison. Ole Gunnar Solskjaer lui a redonné sa chance ses derniers matches, le jeune anglais l'a saisie. Au cours des six derniers matches, il est le milieu de terrain qui compte le plus de tirs dans les seize mètres adverses (15). Une performance récompensée par quatre buts lors de ses trois derniers matches.

Le bon plan

Quatre équipes n'ont pas de rencontres agendées pour la GW33: Fulham, Southampton, Tottenham et Manchester City. Les deux dernières nommées sont certainement celles qui causent le plus d'incertitudes aux Managers de Fantasy. Faut-il se séparer des joueurs de ces deux équipes? Cette décision doit se faire en considérant le long terme. Dans le cas de Tottenham, les matches qui suivent cette Blank Gameweek sont largement favorables. Nous vous conseillons donc de laisser sagement Harry Kane et Heung-Min Son sur votre banc cette journée. En ce qui concerne les joueurs de City, le calendrier est plus mitigé. Si l'on ajoute à cela les risques de rotation liés à la Ligue des Champions, les skyblues s'apparentent vilainement à des poids morts sur le banc cette GW. On vous conseille donc de les remplacer par des joueurs de Liverpool (TAA, Jota, Salah), Leicester (Iheanacho, Vardy, Pereira, Castagne) ou Manchester United (Shaw, Greenwood).

Vous hésitez encore dans votre choix de capitaine? Vous n'êtes pas encore certain de votre prochain transfert ou de votre stratégie à plus long terme? Posez simplement votre question en utilisant la fonction commentaires ci-dessous.

Cheers mates! 🍻

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