Cette voiture compacte cache de grandes ambitions
Il y a des voitures qui tentent simplement de remplir un cahier des charges et d’autres qui tentent de faire changer la perception que l’on porte sur leur catégorie. La Cupra Raval appartient clairement à la seconde catégorie.
Sur le papier, pourtant, on évolue en terrain plutôt connu. Un peu plus de quatre mètres de longueur, une architecture électrique (MEB+) dont le groupe VW a dévoilé les principales caractéristiques depuis trois ans déjà et une vocation urbaine assumée. Mais dès qu’on s’attarde un peu, on comprend que cette voiture joue un rôle bien plus important que son format ne le laisse penser.
Pilier de groupe
Car la Raval n’est pas juste une nouvelle Cupra. C’est l’un de piliers de la stratégie électrique du groupe VW sur les segments accessibles, là où se joue le vrai volume en Europe.
Une base technique commune, appelée à être partagée avec d’autres modèles du groupe (VW ID.Polo et ID.Cross, Skoda Epic et Audi A2 e-tron), mais une mission très différente : là où certaines marques miseront sur la rationalité, Cupra injecte du désir, du caractère, presque de la provocation.
Distinctive...
Cette intention se retranscrit bien évidemment dans le design. La Raval ne cherche jamais à être consensuelle. Son avant en forme de «shark nose», ses lignes tendues jouant avec les courbes et ses signatures lumineuses sont autant d’éléments d’identité à part entière.
Et tout concourt à lui donner une présence presque inattendue pour une citadine. Même les détails racontent quelque chose: les poignées affleurantes, le logo lumineux, les jeux de textures et de couleurs qui évoluent selon la lumière. On est loin d’un objet purement fonctionnel. La Raval veut attirer le regard, se faire remarquer, exister.
...et pratique
Et pourtant, malgré cette posture très expressive, la Cupra reste parfaitement ancrée dans le réel. Avec ses dimensions compactes, elle s’inscrit sans difficulté dans un usage urbain, tout en offrant un espace intérieur étonnamment généreux et un coffre de 441 litres. Comme quoi, le style ne sacrifie pas nécessairement la praticité.
A bord, la sensation se prolonge, mais change de registre. L’exubérance extérieure laisse place à une forme d’immersion. Le poste de conduite est clairement orienté vers le conducteur, les sièges enveloppants installent une position de conduite aux accents sportifs et l’éclairage devient un élément central de l’expérience, s’animant notamment sur les liserés lumineux courant sur la planche de bord et les contre-portes.
L’habitacle s’habille de textiles et de microfibres en matériaux recyclés de même que certains éléments de placages réalisés en impression 3D. Le tout pour un rendu à la fois moderne et technologique, valorisant et non dénué d’originalité.
Côté équipements, notons que la Raval est la première Cupra à s’équiper du système d’exploitation Android pour son interface numérique. Un excellent choix qui, s’il garantit une connectivité maximale et l’accès à un écosystème complet et performant d’applications, désavoue de manière cinglante les efforts des ingénieurs internes au groupe VW qui ne seront jamais parvenus à offrir des systèmes dignes de ce nom, et ce depuis plusieurs années.
Emotionnelle
Bien que nous ayons fait connaissance avec la Cupra Raval en statique seulement, la marque n’a pas manqué de nous en dévoiler quelques secrets sur la dynamique, terrain sur lequel la dernière-née espagnole entend aussi faire la différence. Si la grande majorité de la concurrence privilégie douceur et neutralité, Cupra revendique une certaine vivacité à la lecture de la fiche technique.
Châssis abaissé, direction progressive, suspension pilotée et différentiel électronique autobloquant sur certaines versions, tout est pensé pour rendre la conduite éminemment engageante, directe, ludique. Cupra parle d’un «go-kart feeling» à rythme soutenu, une promesse loin d’être anodine dans ce segment.
La gamme de motorisations traduit bien cette double ambition. Les versions d’accès, avec 116 et 135 ch et une batterie de 37 kWh (LFP) visent une utilisation simple, quotidienne, avec environ 300 km d’autonomie. A l’étage du dessus, la version «Endurance» atteint 211 ch avec 450 km d’autonomie, tandis que la VZ grimpe à 226 ch, avec un 0 à 100 km/h expédié en 6,8 secondes. Ces deux versions sportives s’équipent d’une batterie de 52 kWh (NMC). La recharge reste dans les standards avec des passages de 10 à 80% d’état de charge en environ 20 à 25 minutes selon les versions (de 50 à 105 kW de puissance DC).
Inspirée
La Cupra Raval tire son nom du quartier El Raval de Barcelone, connu pour son énergie brute, sa créativité et son mélange permanent d’influences venues des quatre coins du monde. Un choix loin d’être anodin si on en juge l’interprétation qu’en a faite Cupra pour sa puce; ne cherchant pas à séduire tout-un-chacun, elle vise ceux pour qui la technologie, le style et le plaisir sont indissociables, prouvant au passage que l’électrique peut être accessible sans être fade, technologique sans être froide et urbaine sans être ennuyeuse.
Et si elle tient ses promesses lors d’un prochain essai routier, il se pourrait bien que la petite espagnole, affichée dès 26 700.- francs (y compris une garantie de 5 ans), pourrait bien faire plus que bousculer les codes de son segment. Rebelle dites-vous?
