DE | FR
image: shutterstock
A votre santé

J'avais l'intention de ne pas boire de café durant UN mois. Mouais...

Après tout le mois de janvier sans «A votre santé», me revoilà! J'espère que personne n'a ressenti de symptômes de sevrage. Justement, c'est le sujet de cet article: le «Veganuary» ou encore le «Dry January» sont désormais passés et nous sommes toutes et tous retournés à nos vieilles habitudes. Car c'est bien là l'enjeu du renoncement du mois de janvier: se prouver à soi-même que l'on pourrait rompre avec ces fameuses habitudes. Et moi aussi, j'ai essayé.
01.03.2022, 11:56
Sandra Casalini
Sandra Casalini
Suivez-moi

Je ne me considère pas comme une personne particulièrement sujette à la dépendance. Je peux compter sur les doigts d'une main (ok, deux...) le nombre de cigarettes que j'ai fumées dans ma vie, joints compris. Je n'ai jamais essayé d'autres drogues. Je n'en ai tout simplement jamais eu envie. Je vois le vin ou le champagne comme des produits de luxe, et non comme un moyen de se mettre dans un autre état. D'ailleurs, je ne bois presque pas d'autres alcools car je n'en aime pas beaucoup. Je savoure un morceau de chocolat sans avoir besoin de dévorer toute la tablette.

Pas de symptômes physiques de sevrage

«L'envie répétée et irrépressible de faire ou de consommer quelque chose en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s'y soustraire. » C'est ainsi que Wikipedia définit le terme d'addiction, de dépendance (ou assuétude, si vous voulez passer pour un/e intello). La seule substance qui provoque cela chez moi? La caféine. Mais ce n'est pas tout à fait vrai. Il s'agit plutôt du café. Je peux parfaitement me passer de boissons énergisantes, de thé ou de coca. Et même si mon corps s'est désormais habitué à l'apport régulier de caféine, les symptômes de manque tels qu'on les connaît dans le cas du sevrage à froid (c'est-à-dire le renoncement total, le sevrage à chaud étant la consommation de substances de substitution) de drogues ou d'alcool ne se manifestent pas. Les problèmes circulatoires, la transpiration, les troubles de la vue et sensoriels, voire les convulsions ou délire n'apparaissent pas en cas de sevrage de la caféine.

Néanmoins, des symptômes tels que la fatigue, les nausées ou l'épuisement peuvent aussi apparaître. Mais ce sont les symptômes psychiques de sevrage qui se font davantage ressentir: irritabilité, agitation ou troubles de la concentration.

La première question qui se pose est de savoir pourquoi il faut renoncer au café. En effet, la caféine peut provoquer une intoxication, mais seulement à partir d'environ un gramme par jour, ce qui correspond à... plus de trente tasses d'espresso par jour. Autant dire que j'en suis loin.

Mais je dois avouer que je dépasse toujours les quatre tasses recommandées par jour. Parfois rien que sur le temps de midi. La caféine n'est vraiment nocive qu'en cas de problèmes cardiaques ou de grossesse. Dans ce dernier cas, elle passe en effet librement à travers le placenta et peut alors influencer la croissance du fœtus, qui n'a pas encore d'enzymes pour décomposer la caféine. (Il est amusant de constater que pendant mes grossesses, je n'avais aucune envie de café. D'une certaine manière, le corps semble donc déjà savoir ce qui est bon pour lui et ce qui ne l'est pas).​

Le café quotidien modifie la structure du cerveau

La caféine stimule la sécrétion de cortisol et d'adrénaline, la pression sanguine et le pouls augmentent, le cœur s'accélère. Bref, vous l'avez compris: non seulement nous nous sentons plus éveillés après en avoir consommé, mais nous le sommes bel et bien. Des études affirment toutefois que la quantité n'est pas si importante: trois tasses de café n'ont guère plus d'influence que deux. Et: une étude récente de l'université de Bâle affirme que la consommation quotidienne de café modifie la structure du cerveau. Certes, l'effet est temporaire, après une bonne dizaine de jours, tout revient à la normale. Mais s'en passer pendant un certain temps ne peut pas faire de mal.

J'ai donc décidé de tester le «No-coffee-anuary». Pour bichonner mon cerveau et pour me prouver que je suis loin de tout comportement addictif.​

Je me maudis dès le premier matin. Pourquoi n'ai-je pas pu opter pour un renoncement qui ne me toucherait que plus tard dans la journée, et non pas aux aurores, à ces heures qui déterminent en grande partie le déroulement du reste de la journée?​

Car même si je ne suis pas une grand fan de routine en temps normal... A six heures et demie du matin, rien ne vaut les dix-huit pas qui mènent de mon lit à la machine à café, la pression sur le bouton, le clignotement, le bruit du démarrage, cette odeur incomparable et la première gorgée.

Comment faire sans tout ça? Comment supporter le silence matinal de mes ados? Le premier regard dans le miroir, surtout si je ne me suis pas démaquillée la veille? Ou encore la première réunion sans pouvoir m'accrocher à une tasse de café? Pour être honnête, je suis au bord des larmes. Du thé? Est-ce que j'en ai le droit? Est-ce que je renonce au café ou à la caféine? Sevrage à froid ou à chaud? J'opte pour le froid, si tant est que j'en aie la forme. (D'autant plus que l'idée de boire du thé ne me met pas vraiment en joie).

Comme une toxicomane en quête de drogue

Je me débrouille pour survivre à la matinée. Après le repas de midi, j'appuie sans réfléchir sur le bouton de la machine à café. Désormais, seules des mesures drastiques peuvent m'aider. Je mets la machine à café dans une boîte et je la descends à la cave. Je tente de défier le coup de barre de l'après-midi avec une banane. Savez-vous à quel point la banane se marie bien avec un espresso? Je suis fatiguée, je n'arrive pas à me concentrer. Ça ne va pas du tout. J'ai besoin de quelque chose maintenant. Je change d'avis - sevrage chaud. Je me faufile dans la chambre de mon fils, lui pique une bouteille de coca et me sens effectivement comme une droguée en quête de substance.

Le lendemain matin, je me lève, je fais dix-huit pas et je fixe l'emplacement vide de ma machine à café.

Je fais du thé. Idée stupide. La première gorgée vient me rappeler combien j'aime mon breuvage interdit. Mon humeur est au plus bas. Bon, au moins, ça enlève de l'importance au fait que la seule personne qui me parle ce matin soit un adolescent qui me fait des remarques idiotes parce que je lui ai volé son coca.

Au moment de mon coup de barre de l'après-midi, alors que j'ai de toute façon déjà un pied à la cave, une amie fait irruption chez moi. «J'ai vraiment besoin d'un café, tu as une minute ?» C'est le moment où ma bouche parle avant même que ma structure cérébrale modifiée ne pense: «Oui bien sûr, je dois juste aller chercher rapidement la machine à la cave.» – «Quoi? Que fait ta machine à café dans la cave?» – «Longue histoire, je te raconterai une autre fois.»

J'ai donc tenu un jour et demi entier. C'est déjà ça. Autrement dit, si je fais ça chaque année, dans vingt ans, j'aurai aussi réalisé un «Non-coffee-anuary» complet. Fallait-il vraiment faire ces 30 jours en une fois? Ah bon?

Et vous? Avez-vous renoncé à quelque chose en janvier? A quoi? Comment et combien de temps avez-vous tenu? Dites-le-nous en commentaires.

photo: Lucia Hunziker

A propos de l'auteure:

Sandra Casalini écrit sur à peu près tout ce qui touche à son quotidien – avec une franchise toujours sans pitié et beaucoup d'autodérision. C'est d'ailleurs la tonalité de son blog «Rund um Gsund» («A votre santé»), qui paraît une semaine sur deux sur watson. L'approche de Sandra en matière de santé est la même que celle qu'elle a adoptée pour élever ses enfants: elle n'est pas experte mais elle s'en sort plutôt bien dans les deux. Parfois avec de l'aide, parfois sans.

Les textes de Sandra Casalini sont régulièrement publiés dans le magazine pour parents «Fritz und Fränzi» et dans la «Schweizer Illustrierte». Elle donne également un aperçu hebdomadaire de sa vie avec des ados sur le blog de la «Schweizer Illustrierte» intitulé «Der ganz normale Wahnsinn» («La folie ordinaire»).

Pourquoi faudrait-il dire «Kyiv» au lieu de «Kiev»?

Et voici d'autres articles sur la santé, par ici!

Vous n'avez toujours pas eu le Covid? Arrêtez de vous prendre pour un «élu»

Link zum Artikel

«Chemsex»: les dessous de l'alliance du sexe et des amphétamines

Link zum Artikel

Faire du sport après une cuite oui, mais pas n'importe comment

Link zum Artikel

Se soigner du Covid en avalant une pilule? 4 questions sur le Paxlovid

Link zum Artikel
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Anticommunisme, complotisme: la culture au temps de la guerre froide
Durant les décennies de la guerre froide, l’antagonisme Est-Ouest et la peur du communisme se sont emparés de la société tout entière. Et la culture n’a pas été épargnée, y compris en Suisse.

Entre 1945 et 1989, ces longues décennies de guerre froide, on savait parfaitement d’où venaient les méchants: de l’Est – de l’Union soviétique, de Russie ou de tous ses Etats satellites d’Europe de l’Est, à commencer par la RDA. Une idée développée avec assiduité dans les films et les romans de cette époque, depuis Le Troisième homme, ce grand classique de 1950, à L’Espion qui venait du froid de 1965, sans oublier Octobre Rouge, thriller sous-marin écrit par Tom Clancy en 1984 et adapté à l’écran en 1990.

L’article