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Parlons cash

Les avantages et les risques d'investir dans des start-up

La Suisse possède un terreau fertile pour les start-up. Les possibilités d'investir ne sont pas seulement réservées aux investisseurs professionnels, mais de plus en plus à tout un chacun. Voici par où commencer et ce que tu dois savoir sur le sujet.
22.07.2021, 11:2025.07.2021, 18:09
Olga Miler
Olga Miler
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Impossible d'échapper aux diverses annonces qui fleurissent ici et là sur les réseaux sociaux et dans les newsletters. Toujours la même rengaine: une start-up effectue une levée de fonds, portée par de grands projets de croissance.

Selon l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), la Suisse est le pays le plus innovant du monde. Notre pays figure régulièrement sur divers blogs et listes comme l'un des meilleurs pays pour lancer sa start-up. En plus de divers avantages tels que la stabilité politique, le savoir-faire et les programmes de financement, l'écosystème suisse est également bien organisé. Dernier exemple en date: à la fin du mois de juin, plus de 600 investisseurs, fondateurs, entreprises, représentants des médias et coachs se sont réunis lors de la rencontre annuelle des «Start-up Days» à Berne.

On constate aussi beaucoup de mouvement du côté des investissements. Selon le Swiss Venture Capital Report 2021, les investissements dans les start-ups sont restés considérables même durant la période Covid, avec plus de 2,1 milliards de francs investis dans 304 levées de fonds l'an dernier. Le secteur gagnant a été celui des biotechnologies, avec une croissance des investissements de +31,3%. Les Technologies de l'information et de la communication (TIC), y compris les Fintech, n'ont en revanche pas pu surfer sur la même vague que l'année précédente en raison de l'absence de grandes levées de fonds, mais le nombre de levées de fonds a lui aussi augmenté dans ce domaine. 80 des 304 levées de fonds ont vu la participation du Swiss ICT Investor Club (SICTIC), l'un des principaux réseaux d'investisseurs en Europe avec ses plus de 400 investisseurs.

Plus de possibilités pour les petits investisseurs

En plus des réseaux établis et des investisseurs spécialisés, il est aussi possible d'investir dans des start-up avec des montants plus modestes. Un exemple actuel: La challenger bank neon, qui, en juin, après une levée de fonds, a également pu inciter ses clients à devenir investisseurs grâce au crowdfunding. La banque a émis des actions sans droit de vote, des actions symboliques, appelées certificats de participation. En une heure, 5 millions de francs ont été récoltés. En moyenne, chaque soutien a investi quelque 2900 francs.

Grâce au crowdfunding, aux prêts et aux dons, chacun d'entre nous peut participer à des projets ou les soutenir. Les données du Crowdfunding Monitor 2021 de l'Université de Lucerne le montrent: en Suisse, 606 millions de francs ont été levés en 2020 et environ 270 000 personnes ont soutenu un projet de crowdfunding. La plus forte croissance (+82%) a été enregistrée dans les domaines du crowdsupporting/crowddonnating. Il existe actuellement environ 38 plateformes de crowdfunding différentes en Suisse, qui s'accompagnent d'un large éventail d'outils et de possibilités.

Chances et risques d'un investissement dans des start-up

Un investissement dans une start-up peut reposer sur une passion, une spéculation mais aussi un investissement de valeur à long terme. Il comporte toutefois quelques risques. Voici les principaux avantages et inconvénients.​

Avantages:

  • Sélection personnelle: Tu choisis toi-même la start-up et tu connais les personnes (surtout les fondateurs) concernées. Selon la conception et le montant, tu peux exercer ton droit de participation.
  • Des perspectives de bénéfices élevées, si la start-up réussit ses objectifs et devient prospère en matière de ventes. Possibilité d'inclure des critères sociaux en plus des considérations économiques, par exemple si tu optes pour une «ImpactStartup».
  • Développement personnel: Selon l'investissement, tu apprends beaucoup sur le secteur et grâce à la coopération avec d'autres investisseurs et les fondateurs.

Inconvénients:

  • Risques élevés: Les statistiques montrent qu'à peine une start-up sur dix parvient à ses fins. Environ 21% ne dépassent pas la première année, 30% échouent la deuxième année et environ la moitié après 5 ans. Le risque est d'autant plus élevé que l'entreprise est jeune au moment de l'investissement. En outre, il se peut que la sortie ne se déroule pas comme prévu ou qu'elle n'ait jamais lieu.
  • Long engagement de capital: Le capital est généralement immobilisé pendant une longue période jusqu'à une sortie potentielle, à moins que tu ne trouves un moyen de vendre tes propres parts plus tôt et que les règlements de la start-up le permettent.
  • Intensification du capital: Selon la levée de fonds, il peut être nécessaire d'apporter des capitaux supplémentaires si tu souhaites maintenir ta part au fur et à mesure de l'arrivée de nouveaux investisseurs.
  • Risque de concentration: Par exemple si tu investis un montant important dans une seule start-up. Comme pour les investissements en valeurs mobilières, il est judicieux de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier et d'investir dans plusieurs start-up.
  • Cela prend du temps: Trouver la bonne opportunité qui te correspond nécessite des recherches et beaucoup d'informations sur le secteur, les start-up existant déjà et la vérification des opportunités individuelles. Tu peux simplifier cette tâche en rejoignant par exemple un réseau d'investisseurs providentiels, où les jeunes entreprises sont présélectionnées selon un processus structuré.

Comment tu peux investir même de petits montants

1. Sélectionner toi-même les start-up et te renseigner. Tu pourras découvrir des opportunités passionnantes, par exemple via:

  • Des concours et batailles de pitchs.
  • Ton propre réseau.
  • Des plateformes de matching telles que startupmatcher.ch ou venturekick.ch
  • Des newsletters, des listes ou les réseaux sociaux, par exemple startupticker.ch ou venturelab.ch
  • Des événements et conférences, par exemple startupdays.ch
  • Des «startup heat maps», publiées par différentes organisations

2. Plateformes de crowdfunding: Tu trouveras un aperçu des différentes plateformes dans le Crowdfunding Monitor

3. Rejoindre un réseau d'investisseurs, par exemple sictic.ch, businessangels.ch, angelinvestmentnetwork.ch, startangels.ch

4. Travailler pour une organisation qui soutient les fondateurs. Par exemple auprès d'un «Accelerator» ou d'une organisation comme innosuisse.ch ou digitalswitzerland.ch. D'autres possibilités sont de postuler en tant que membre d'un conseil consultatif/membre d'un conseil d'administration, par exemple en utilisant la plateforme boardmatching.ch, ou de rejoindre l'un des différents parcs d'innovation de l'EPFL, de l'EPFZ ou des différentes universités.

5. Dans ta propre entreprise. Nombreuses sont les grandes entreprises fortement impliquées dans la promotion de l'innovation par le biais de programmes d'accélération, de laboratoires d'innovation et de concours. En tant que collaborateur, tu ne pourras peut-être pas apporter de l'argent, mais tu pourras apporter ton engagement ou ton expérience.

On le voit bien, investir dans une start-up peut être tout aussi excitant que d'en fonder une soi-même, mais cela nécessite du temps et comprend des risques. Sans oublier qu'il existe de nombreuses possibilités autres que l'argent, comme le coaching ou la participation active. Et vous? Etes-vous impliqués dans l'innovation et l'esprit d'entreprise, et, le cas échéant, quelles expériences avez-vous faites?

Olga Miler ...
... a travaillé pour UBS pendant plus de dix ans dans diverses fonctions. Elle a notamment mis sur pied le programme de promotion des femmes et l'UBS Gender ETF. Plus récemment, elle a fondé la start-up SmartPurse, une plateforme sur laquelle elle propose des cours et des ateliers numériques sur la finance pour les femmes. L'année dernière, Olga Miler a tenu le blog watson «Frauen und Geld» (Les femmes et l'argent) et cette année, elle nous fait bénéficier de son expertise via «Parlons cash».

Dubaï la magnifique

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Dubaï la magnifique
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Quand un tyran terrorisait Genève et sa campagne
Au 18e siècle, certaines régions rurales autour de la ville de Genève se trouvaient sous la double souveraineté de Genève protestante et de la Savoie catholique. L'infatigable gentilhomme Pierre de La Grave a profité de l'ambiguïté des responsabilités pour terroriser ses voisins.

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