Blogs
Watts On

On a testé la berline électrique P7+ de Xpeng et on a été conquis

Xpeng P7+
Avec la P7+, Xpeng propose une limousine aux côtés de ses SUV et monospace.Image: Xpeng
Watts On

La P7+ de Xpeng arrive sur le marché avec une arme redoutable: on a testé

Longue de plus de cinq mètres, bardée de technologie et capable de récupérer 70% de batterie en 12 minutes, la Xpeng P7+ ne manque pas d’arguments. Mais cette grande berline chinoise s’attaque surtout à un territoire jusqu’ici largement occupé par les marques premium allemandes. Et elle le fait avec une arme redoutable: son rapport prix-prestations.
29.09.2026, 09:3929.09.2026, 09:39
Jerome Marchon
Jerome Marchon

Jusqu’ici, les constructeurs chinois ont surtout tenté de convaincre avec des SUV électriques. Xpeng change de registre avec la P7+, une grande berline de 5,07 mètres, 1,93m de large et 3m d’empattement. Autrement dit, des dimensions qui la placent directement face aux Audi A6 e-tron, BMW i5 ou Mercedes EQE.

Voilà donc l’arme avec laquelle Xpeng cherche ouvertement à «monter d’un étage» et régater sans frémir dans les mêmes eaux que les cadors européens.

Xpeng P7+
La P7+ s'attaque frontalement aux références européennes.Image: Xpeng

Sobre dehors, spectaculaire dedans

Le dessin ne cherche pas particulièrement à provoquer, même si elle attire les regards. La silhouette est longue, basse et fluide, avec un coefficient aérodynamique annoncé de seulement 0,211. La signature lumineuse en X apporte un peu de personnalité à un ensemble qui privilégie davantage l’élégance et l’efficience que l’exubérance.

Xpeng P7+
Une silhouette moderne et discrète qui maximise l'efficience.Image: Xpeng

C’est surtout une fois la portière ouverte que Xpeng sort l’artillerie lourde. Présentation soignée, matériaux valorisants, immense toit panoramique, affichage tête haute, portes à fermeture assistée: l’impression de qualité est là et la P7+ n’a pas grand-chose à envier aux références européennes, voire fait mieux qu’elles sur certains aspects.

Sans compter que la liste des équipements tient presque de l’insolence. Les quatre sièges principaux sont chauffants, ventilés et massants. Avec trois mètres entre les essieux, les passagers arrière disposent d’un espace gigantesque (jusqu’à 994mm pour les jambes!) et la place arrière droite, celle du «patron», reçoit même une tablette de type aviation.

Xpeng P7+
Sobre et très qualitatif dans le choix des matériaux, l'intérieur est accueillant.Image: Xpeng

Quelques défauts frustrants

D’ailleurs, pourquoi en faire l’impasse sur la place de gauche?Parmi les autres bizarreries, dont certaines exaspérantes, citons l’écran central qui concentre toujours beaucoup trop de fonctions, climatisation comprise, tandis que l’absence de cache-bagages dans un coffre pourtant généreux, de 573 à 1971 litres, paraît difficilement explicable sur une voiture de ce standing.

Surtout que le vitrage surteinté ne l’est pas tant que ça et laisse le contenu de la malle quasi au regard de tous.

Xpeng P7+
Espace royal pour les passagers arrière.Image: Xpeng

Enfin, si vous optez pour la clé virtuelle sur votre portable, ne quittez jamais l’auto sans votre téléphone, car il n’est pas impossible de la verrouiller d’un geste malencontreux sur la poignée avec «la clé» (donc le téléphone) restée à l’intérieur…

On a beau être au 21e siècle et conduire des autos bardées de technologie, les vieux réflexes du temps du verrouillage manuel des portières demeurent salutaires!

Xpeng P7+
D'une grande capacité, avec 1971 litres banquette rabattue, le coffre ne dispose pas de cache-bagages.Image: Xpeng

Parmi les petites améliorations apportées par rapport à d’autres modèles, citons la possibilité de désactiver plus facilement certaines assistances (très) intrusives au moyen de la boîte de dialogue qui s’affiche à l’écran à leur première intervention. Bien vu!

Xpeng P7+
La clé se matérialise soit sous la forme d'une carte de crédit ou d'un certificat activable dans votre téléphone. Image: Xpeng

Plus limousine que sportive

Avec 313ch et 450Nm, la P7+ Long Range expédie le 0 à 100km/h en 6,2 secondes. Suffisant, largement même pour tous les jours; Xpeng n’a manifestement pas cherché à faire de sa grande berline une sportive et c’est probablement juste.

Xpeng P7+
Taillée pour les voyages, la P7+ offre un confort de haut niveau.Image: Xpeng

Malgré ses quelque 2,1 tonnes et sa taille généreuse, elle se conduit avec facilité. La suspension pilotée privilégie clairement le confort, quitte a pomper un peu excessivement, et absorbe correctement les mauvais revêtements malgré les grandes roues de 20 pouces.

L’insonorisation est également très convaincante sur autoroute. La direction est précise mais avare en informations et le mode Sport se contente essentiellement de l’alourdir. En termes de dynamisme, d’agrément et d’agilité, les meilleurs modèles allemands restent incontestablement devant. La P7+ préfère jouer la partition d’une routière silencieuse, douce et reposante.

Même constat avec l’accélérateur. Oublié le «coup de pied aux fesses» des électriques! Plutôt que de délivrer brutalement tout le couple disponible, l’électronique lisse volontairement la manière dont les 450Nm sont distillés.

Xpeng P7+
Dotée d'une puissance et d'un couple largement suffisants, la P7+ n'en fait pas un étalage inutile.Image: Xpeng

Les vrais tours de force sont ailleurs

La batterie de 74,9kWh autorise officiellement 530 kilomètres d’autonomie selon le cycle WLTP. Mais c’est surtout l’efficience qui surprend. Lors de cet essai, la consommation est restée sous les 20kWh/100km sur certains parcours autoroutiers et est descendue autour de 13kWh/100km en utilisation mixte et conduite en bon père de famille.

Soit plus de 570 kilomètres d’autonomie en réel. Au quotidien, tabler aux alentours de 15 à 16kWh/100km n'a rien d'utopique. Pour une berline de plus de cinq mètres et deux tonnes, c’est remarquable!

Xpeng P7+
Très efficiente, la Xpeng P7+ affiche d'excellents résultats en consommation.Image: Xpeng

Encore plus impressionnante est la recharge. Grâce à son architecture électrique 800 volts, Xpeng annonce seulement 12 minutes pour passer de 10 à 80% sur une borne suffisamment puissante (puissance maxi admissible: 446 kW).

Même lorsque celle-ci ne permet pas d’atteindre les performances maximales de la voiture, une grosse quinzaine de minutes peut suffire. C’est peut-être là que les progrès réalisés par les constructeurs chinois deviennent les plus visibles. La question n’est plus seulement de savoir combien de kilomètres une électrique peut parcourir, mais combien de temps elle immobilise son conducteur lorsqu’il faut repartir.

On aurait en revanche apprécié un système de navigation un peu plus complet sur les bornes disponibles pour une planification d’itinéraire irréprochable dans son efficacité.

Xpeng P7+
12 minutes pour passer de 10 à 80% de charge de batterie, qui dit mieux?Image: Xpeng

Les Allemandes peuvent-elles justifier l’écart?

C’est finalement la question que pose cette Xpeng. Une Audi A6 e-tron, une BMW i5 ou une Mercedes EQE conservent pour elles une mise au point du châssis plus pointue et bien sûr une image de marque construite pendant des décennies et encore forte. Mais la P7+ leur oppose un habitacle soigné, une dotation de série spectaculaire, beaucoup d’espace, une excellente efficience et surtout une recharge ultrarapide.

Le tout avec un positionnement tarifaire très inférieur à celui des références allemandes à équipement comparable, à partir de 46'600.- francs pour l’entrée de gamme, 49'600.- francs pour notre modèle «Long Range» et 53'600.- francs pour la mouture bimoteur et 4x4 de 503ch. Soit entre 20'000 et 30'000.- francs de moins que ses concurrentes européennes… et hors options!

A ce sujet, les seules options au catalogue de la Xpeng P7+ sont la peinture métallisée contre 800.- francs et le crochet de remorquage électrique, d’une capacité de 1500kg, à 1190.- francs. Tout le reste est donc de série!

Xpeng P7+
Xpeng frappe fort avec sa P7+.Image: Xpeng

Il n’y a pas si longtemps, les voitures chinoises devaient presque expliquer pourquoi elles méritaient d’être comparées aux européennes. Avec la Xpeng P7+, la question commence sérieusement à s’inverser…

Xpeng P7+
La P7+ asseoit Xpeng dans sa volonté de conquête du segment Premium, avec un rapport prix/prestations sans concurrence.Image: Xpeng
Jérôme Marchon est...
... un fan passionné de voitures depuis son plus jeune âge. Sa carrière professionnelle a pourtant commencé dans la finance. En parallèle de celle-ci, il contribue à créer un blog sur l'automobile, avant de fonder sa propre page, avant de prendre le poste de rédacteur en chef de la «Revue automobile». Depuis 2018, il travaille en tant qu'indépendant et écrit pour différents médias automobiles et généraux (print et web), en Suisse comme à l'étranger. Jérôme Marchon travaille également comme traducteur et conseiller en contenu rédactionnel pour des événements automobiles et des constructeurs automobiles.
Image
Image: dr
26 voitures absolument kitsch qu'on a repérées à Miami
1 / 28
26 voitures absolument kitsch qu'on a repérées à Miami
partager sur Facebookpartager sur X
Ils tentent l'impossible pour sauver un ours coincé dans une voiture
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Initiative neutralité: ne modifions pas quelque chose qui marche
La neutralité suisse a brillé durant deux siècles grâce à sa flexibilité. L’initiative soumise au vote le 27 septembre risque au contraire de la figer et d’affaiblir la sécurité du pays, affirme notre chroniqueur, Damien Cottier.
L’initiative sur la neutralité soumise au peuple et aux cantons le 27 septembre peut sembler attrayante. Après tout, presque tout le monde en Suisse est favorable à la neutralité du pays. Alors, faut-il l’accepter pour qu’il en reste ainsi?

Non, car la Suisse est déjà neutre et elle le restera. En revanche, l’initiative est risquée: elle rigidifie à l’extrême une neutralité qui a bien servi la Suisse depuis deux siècles, précisément grâce à sa flexibilité face aux événements.
L’article