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shutterstock (illustration)

Les fêtes illégales se multiplient. Les jeunes Romands adorent ça

Fanny graf
Les boîtes de nuit sont ouvertes depuis le 28 juin dernier, mais une partie des jeunes Romands leur préfèrent les raves, ces soirées illégales qui ont tendance à se multiplier. Témoignages.
09.07.2021, 05:4713.07.2021, 18:18

«Les raves, c’est les boîtes de nuit d’avant», affirment Martin* et Jean*, deux jeunes organisateurs de ces soirées illégales dans la région lémanique. En clair, aujourd'hui les raves représentent tout ce qui était possible dans la vie d'avant: pas de masque, ni certif ou test PCR obligatoires. Le frisson de l'interdit en plus.

Depuis le début du mois de juin, watson a dénombré pas moins de douze raves organisées sur la côte lémanique, entre Genève et Montreux. Ces soirées sont illégales. Secrètes et exemptées de toutes restrictions, elles rassemblent des centaines de fêtards dans des bunkers, toutes sortes de locaux et souvent dans la nature, dans des champs 👇🏼 ou des forêts.

Des centaines de jeunes, ici en pleine nature, au-dessus de Gimmel (VD), début juillet
Des centaines de jeunes, ici en pleine nature, au-dessus de Gimmel (VD), début juilletdr

La réouverture des boîtes de nuit laissait pourtant présager un retour presque immédiat des fidèles. Il semblerait que de nombreux Romands, âgés entre 18 ans et 25 ans, préfèrent se vider la tête dans une atmosphère où les restrictions n'existent plus.

«Après un an et demi de mesures Covid, aller en rave est un moyen de reprendre cette liberté perdue et, dans un sens, se rebeller contre les autorités et leurs mesures»
Jean*, organisateur de rave

Entrer en boîte de nuit, un vrai calvaire

Pour beaucoup, les mesures d’entrées en boîtes de nuit restent trop contraignantes et en totale rupture avec l'esprit de détente que doit procurer ce type de soirée.

«En voulant sortir sur Lausanne, je suis passé par le centre de dépistage au Flon. Mauvaise idée, j’ai fait la queue pendant deux heures tout en étant bousculé et dépassé, pour finalement n’avoir aucun certificat et aucun moyen d’entrer dans un établissement. J’étais dégoûté et ne suis pas près d’y revenir»
Martin, organisateur de rave
Longue file d'attente pour se faire dépister avant (peut-être) d'entrer en boîte. Ici au Flon, à Lausanne, juin 2021
Longue file d'attente pour se faire dépister avant (peut-être) d'entrer en boîte. Ici au Flon, à Lausanne, juin 2021 dr

Le «No Limit» des raves plaît

Se libérer des règles sanitaires, oui, mais s’affranchir de toutes règles fait, en réalité, partie intégrante de la culture rave. Et cette philosophie séduit. «Si je vais en boîte, je me sens regardée et oppressée. Je ne suis pas libre, alors qu’en rave, je peux être moi, habillée et maquillée comme je veux sans me faire juger», s’enthousiasme une raveuse.

Généralement communiqués de bouche à oreille entre amis, ces lieux semblent concentrer des âmes libres, en quête d’un endroit sans règles, rempli de bienveillance.

«En boîte, je suis en proie aux gens homophobes, sexistes, aux violeurs et à des ambiances stressantes. A contrario, je me suis toujours senti complètement en sécurité en rave»
Nicolas, habitué de rave
Des centaines de jeunes ont fait la fête, fin juin, dans des immeubles voués à la destruction sous-gare, à Lausanne
Des centaines de jeunes ont fait la fête, fin juin, dans des immeubles voués à la destruction sous-gare, à Lausanne de

«Le jeu en vaut la chandelle»

Pourtant, ces fêtes sont bien illégales. Ce qui ne dérange pas nos deux organisateurs de raves. Risquer de se faire attraper par la police et payer des amendes d’ordre, allant de 200 à 4000 francs, ne semblent pas dissuader Martin* et Jean*:

«Si on nous amende, on paie la facture avec l’argent récolté en vendant des bières ou de notre poche, mais on va continuer. Dès qu’un lieu est référencé par les autorités, on en trouve un autre et ainsi de suite»

Mais que fait la police?

La police genevoise, que nous avons contactée, ne semble pas être préoccupée par ce phénomène. De son côté, la police vaudoise affirme être au courant de la tenue de ces soirées. Elle adapte ses interventions au cas par cas et affirme « sensibiliser, en amont, les organisateurs sur les sanctions encourues ». Pas de quoi dissuader Jean et Martin, qui week-end après week-end, vont continuer à s'adonner gaiement au jeu du chat et de la souris.

* Prénoms d'emprunt

Les fêtes, lui, il connaît. Ah quel Johnny!

1 / 11
Le visage de Johnny depuis les années 90
source: capture d'écran youtube
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On a testé pour vous le retour des vrais concerts (ou presque)!

Video: watson
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