Il sème la pagaille
Il brise des clôtures, froisse des carrosseries, défonce des panneaux de signalisation et crie sur tout le monde: tel est le quotidien des habitants de la ville de Hobart quand Neil débarque. « Neil the Seal », comme on le surnomme, revient deux fois par an se reposer sur les plages de cette ville située sur l’île australienne de Tasmanie, et quand il est là, les ennuis commencent.
Ce phoque de cinq ans et demi grossit de plus en plus chaque année. Aujourd’hui, il doit peser une tonne, et son poids ne fera qu’augmenter avec l’âge adulte, celui des éléphants de mer étant atteint vers huit ans. Les mâles sont également très territoriaux et peuvent se montrer potentiellement agressifs. Si Neil n’a jamais, jusqu’ici, fait preuve d’agressivité envers une personne, le risque existe, d’autant plus qu’il s’agit d’un animal sauvage.
Pourtant, Neil est particulièrement apprécié des habitants. Il faut dire qu’il a une gouaille particulièrement sympathique. Il est fréquent de le croiser en train de faire la sieste sur un trottoir ou dans le jardin d'un particulier, ou encore de devoir le contourner en voiture lorsqu’il a décidé de se vautrer au milieu de la route. Une routine pour les habitants, qui savent comment se comporter avec lui. Cependant, la réputation grandissante de l’éléphant de mer attire des visiteurs qui ne sont pas au fait des consignes de sécurité, ce qui pourrait les mettre en danger autant que l’animal.
En effet, d’un simple phénomène local, Neil est devenu viral, porté par les réseaux sociaux, l’animal disposant même d’une page Instagram suivie par plus de 200 000 personnes. Depuis 2025, les médias tasmaniens ont demandé que sa localisation exacte ne soit plus divulguée, pour sa propre sécurité.
Car si Neil blessait, voire tuait quelqu’un, l’euthanasie serait vraisemblablement la seule issue, alerte le journal The Guardian. La responsabilité incombe donc au public, qui doit éviter tout comportement à risque. Près de 30 000 personnes ont signé une pétition en faveur de la création de zones d’accès restreint autour des habitats connus du phoque, afin de « rendre illégale toute intrusion de touristes ou de non-résidents dans l’espace de Neil », relève le média australien ABC.
Neil est une exception de la nature, son espèce étant rarement solitaire. Les éléphants de mer du Sud reviennent systématiquement dans la région de leur naissance, mais ce n’est pas un animal commun sur les côtes tasmaniennes. Son espèce vit habituellement en larges colonies, sur les îles isolées Heard et McDonald, ou encore l’île Macquarie, toutes situées à des milliers de kilomètres plus au sud, au milieu du Pacifique.
