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«The Kitchen» sur Netflix: notre avis sur ce film futuriste

Izi et Benji: une relation compliquée.
Izi et Benji: une relation compliquée.Image: netflix

Dans «The Kitchen», Netflix empoigne le futur avec brio

Le premier film de Daniel Kaluuya nous plonge dans un Londres futuriste et gangrené par les inégalités, où un homme solitaire et un jeune orphelin croisent leur chemin. Une expérience visuellement saisissante et loin d'être banale.
28.01.2024, 06:5628.01.2024, 08:58
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Sorti sur Netflix le 19 janvier, The Kitchen ne se présentait pas comme un produit particulièrement original. On ne compte plus les films qui, dans le sillage de Blade Runner, se déroulent dans de labyrinthiques villes dystopiques, sur fond de lumières néon et d'Etat policier. Et pourtant, l'acteur Daniel Kaluuya (Get Out, Nope) et l'inconnu Kibwe Tavares réussissent un premier long-métrage tout sauf banal.

Tout d'abord, parce qu'il ne s'agit pas d'un film d'action - contrairement à ce que la bande-annonce laisse présager. On peut même affirmer que les scènes les plus animées soient contenues dans ce bref extrait. Non, The Kitchen est un long-métrage qui prend son temps. Le savoir en avance pourrait permettre de dissiper de potentiels malentendus. Deuxièmement, parce qu'il reflète une situation, celle du Royaume-Uni d'aujourd'hui, qui n'est pas si éloignée de ce qui est raconté.

L'histoire se déroule à Londres dans un avenir proche: les drones sillonnent le ciel, les écrans interagissent avec les gens et, surtout, la disparité entre les riches et les pauvres a été poussée à son paroxysme. Toutes les formes de logement social ont été éradiquées, à l'exception d'une communauté rebelle. The Kitchen, où les résidents défavorisés (sur)vivent dans des taudis insalubres entassés dans d'immenses bâtiments délabrés et tentaculaires. Et peu importe si les autorités leur coupent l'eau et la police y mène des raids violents et arbitraires. Les habitants de la «Cuisine» refusent de partir.

Les structures tentaculaires de The Kitchen.
Les structures tentaculaires de The Kitchen.Image: Netflix

C'est dans cette sorte de gros squat à ciel ouvert que vit Isaac James, dit Izi, interprété de manière convaincante par le rappeur Kano. Taiseux, solitaire et fondamentalement apathique, notre Izi a un seul objectif: se barrer de The Kitchen pour un logement au centre-ville. Sauf qu'un jour, en sortant du travail, il tombe sur le jeune Benji (le débutant Jedaiah Bannerman), qui vient d'enterrer sa mère et n'a jamais connu son père.

Benji cherche un nouvel endroit où vivre et, il en est convaincu, ce sera dans la «Cuisine». Sans qu'on sache trop pourquoi, Izi accepte de l'accompagner, mais leur rapport se révélera pour le moins compliqué.

Emotions rationnées

Si le thème des relations improbables est tout sauf une nouveauté, Kaluuya et Tavares évitent de tomber dans les pièges les plus évidents. Bien qu'une certaine affection se développe entre Izi et Benji, leur rapport reste instable, parsemé de coups bas et de mauvais choix.

On est, en somme, loin d'une dynamique «facile» ou larmoyante; les émotions sont distribuées au compte-gouttes, notamment lors de quelques rares moments où les réalisateurs laissent s'éclore une certaine sérénité. Des brèves parenthèses dans un univers hostile.

Benji et Izi: une relation compliquée.
Benji et Izi: une relation compliquée.Image: netflix

Le film avance à l'image de ses deux protagonistes, timides et réservés. Au-delà de quelques scènes fortes, les descentes policières notamment, les faits se succèdent lentement, sans faire de vagues. Un déroulement contrôlé qui pourrait superficiellement être taxé d'ennuyeux, mais qui dévoile une narration élégante et ne fait que donner plus de force aux rares - et très réussis - passages «émotionnels» de la pellicule.

Dénonciation et bonne musique

L'autre élément potentiellement prévisible du film, le cadre dystopique, est également affronté avec intelligence. Bien que calqués sur le modèle de Blade Runner, les paysages urbains sont bien construits et visuellement saisissants. Surtout, les images véhiculent un puissant message contestataire.

Les violences policières et les inégalités sociales, tout comme l'état des bâtiments dans The Kitchen et les difficultés à trouver un meilleur logement, illustrent autant de crises qui gangrènent le Royaume-Uni et l'Occident plus en général. Kaluuya et Tavares grossissent à peine le trait et évoquent un scénario loin d'être invraisemblable.

Finalement, le fait que l'histoire se structure autour d'une communauté principalement noire apporte une bouffée d'air frais dans ce genre cinématographique - et toutes les pratiques culturelles qui vont avec. Si l'on ajoute à cela une excellente bande-son, il n'y a vraiment pas de raisons de ne pas donner une chance à ce film. Un début réussi.

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