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UE: Coop, Migros et McDonald's se préparent à cette interdiction

Les restaurants doivent changer leur façon de penser: ces emballages jetables pour mini-portions ne seront plus autorisés dans l'UE d'ici quelques années.
Les restaurants vont devoir changer leur façon de penser: ces emballages jetables pour mini-portions ne seront plus autorisés dans l'UE d'ici quelques années.Image: Photography By Tonelson

Coop, Migros et McDo se «préparent» à cette interdiction de l'UE

Bruxelles a déclaré la guerre aux déchets plastiques, en particulier aux petits conteneurs à usage unique. Dès 2030, des règles plus strictes entreront en vigueur, et celles-ci pourraient bientôt concerner la Suisse.
10.02.2026, 12:0410.02.2026, 12:05
Benjamin Weinmann / ch media

Il y a 30 ou 40 ans, les sachets de ketchup chez McDonald’s ne coûtaient encore rien. On en recevait souvent une poignée sur son plateau, même si on ne les utilisait pas tous. Aujourd’hui, ils coûtent 30 centimes. Dans les restaurants en libre-service, comme ceux de la Coop et de la Migros, les sachets Thomy ou Heinz peuvent même atteindre les 70 centimes.

Mais l’Union européenne (UE) a décidé de s’attaquer à ces mini-portions. La raison: leurs emballages jetables génèrent, par leur nombre, une montagne de déchets. Le règlement européen sur les emballages interdira dès 2030 aux restaurants et autres établissements de restauration de distribuer ces petites portions uniques en plastique. Cela concerne les sachets de ketchup et de mayonnaise des grandes enseignes de la restauration rapide, mais aussi les dosettes de sucre et de crème servies avec le café.

L’interdiction s’applique à la consommation sur place, mais pas aux commandes à emporter, comme le rapportent les médias européens. Les hôpitaux et les maisons de retraite, qui en ont besoin pour des raisons d’hygiène, en sont également exclus.

Une bonne idée dans le fond, cependant...

On le sait: ce qui s’applique dans l’UE pourrait bientôt concerner aussi la Suisse. Que pensent donc les restaurateurs suisses de cette nouvelle règle? Nous avons mené l’enquête.

Daniel Wiesner, codirecteur et copropriétaire de l’entreprise familiale Wiesner Gastronomie, déclare:

«En principe, je trouve que c’est une bonne chose»

L'entreprise gère plus de 30 restaurants en Suisse alémanique, comme Nooch, Negishi ou Miss Miu. Pour le ketchup et la mayonnaise, les tubes et les bouteilles constituent une alternative plus durable. De plus, il existe des stations de distribution pour les restaurants de type fast-food. Pourtant, le restaurateur n’est pas d’accord avec tout:

«Que les dosettes de crème à café et les sachets de sucre soient également interdits, je trouve cela exagéré.»

Les mini-portions de crème ont, selon lui, leur utilité. Il argumente:

«Si nous mettons une petite cruche de crème sur chaque table, cela génère plus de gaspillage alimentaire, car il en reste souvent.»
Les dosettes de café et les sachets de sucre bientôt interdits en Suisse? Le professionnel de la restauration n'y croit pas.
Les dosettes de café et les sachets de sucre bientôt interdits en Suisse? L'idée ne fait pas l'unanimité.Image: Urs Flüeler / Keystone

Un aspect important pour Coop et Migros

Il ne faut pas non plus négliger l’aspect hygiénique, souligne Daniel Wiesner. «Sinon, il faudrait aussi installer des distributeurs de désinfectant à chaque table, et ce n’est pas viable.» Il serait donc question de faire preuve de bon sens.

Mais qu’en est-il du gaspillage alimentaire lié aux sachets de sucre, souvent servis automatiquement avec le café et jetés s’ils ne sont pas utilisés? Le restaurateur reconnaît:

«C’est vrai, et cela arrive aussi dans nos établissements. Chez nous, la consigne est de placer une boîte avec plusieurs sachets de sucre et de crème sur la table, plutôt que de les servir avec le café.»

Migros et Coop figurent parmi les plus grands acteurs de la restauration en Suisse. Interrogés, les deux géants orange affirment que les portions individuelles de ketchup, mayonnaise, moutarde, sauces ou sachets de sucre sont importantes pour offrir aux clients une expérience hygiénique et pratique. Prisca Huguenin-dit-Lenoir, porte-parole de Migros, indique:

«Les dosettes sont particulièrement appréciées, car elles permettent un dosage simple et une grande flexibilité»

En même temps, des retours critiques sont formulés pour des raisons de durabilité, «car ces emballages sont souvent perçus comme des déchets inutiles». Coop examine également en continu des alternatives plus durables, indique son porte-parole, Caspar Frey.

Unir durabilité, praticité et hygiène

Migros salue les mesures visant à réduire les plastiques à usage unique et à promouvoir la durabilité, déclare Huguenin-dit-Lenoir:

«La loi européenne est une étape importante, et nous nous préparons à ce que des réglementations similaires puissent être introduites en Suisse. Il est toutefois crucial de développer des alternatives pratiques qui répondent à la fois aux normes d’hygiène et aux besoins des clients.»

La porte-parole de Migros a d’ailleurs une liste d’alternatives prêtes: stations de recharge, contenants réutilisables et matériaux biodégradables pour les emballages, si les portions individuelles venaient à être conservées. Dans certains cafés, la crème à café est parfois servie dans un récipient en chocolat ou la confiture dans des coupelles en gaufrette.

Et comment la plus grande chaîne de fast-food du pays réagit-elle à la règle européenne? Béatrice Montserrat, porte-parole de McDonald’s Suisse, souligne:

«Les emballages jetables font toujours partie intégrante de la restauration suisse, car ils répondent à un besoin important des clients. Nous n’avons pas reçu de retours négatifs de la part des clients concernant les emballages de sauces.»

Des alternatives à l'interdiction totale

Dans le même temps, McDonald’s Suisse attache d'ores et déjà une grande importance à la réduction des matériaux d’emballage et à la prédilection des matières premières renouvelables, précise Montserrat. Elle poursuit:

«Aujourd’hui, environ 98% de nos emballages sont fabriqués à partir de matières renouvelables. Seuls environ 2% contiennent encore du plastique.»

Ainsi, McDonald’s n’utilise plus de couvercles, de pailles, de couverts ou de boîtes à salade en plastique.

Iris Wettstein, porte-parole de Gastrosuisse, l’association professionnelle, souligne d’autres aspects du débat:

«Pour les restaurateurs, il est essentiel que les comptes soient équilibrés à la fin»

L’association soutient l’interdiction du plastique «pour les produits pour lesquels il existe des alternatives abordables, suffisamment disponibles et de qualité comparable», explique la porte-parole.

De plus, les emballages sans plastique pourraient offrir une protection moindre, par exemple contre l’humidité. Iris Wettstein indique:

«Ainsi,Gastrosuisse privilégie le développement du recyclage du plastique dans une économie circulaire plutôt que les interdictions.»
«Des initiatives sont déjà en cours en Suisse dans ce sens, et il faut les poursuivre»

En cas d’interdiction, l’association plaide pour une période de transition adaptée.

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