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Replaced: On a testé ce jeu de SF au pixel-art de toute beauté

Capture d'écran Replaced
Image: IGNFrance

Ce jeu de science-fiction cache une claque visuelle inattendue

Replaced est un jeu de plateforme et d'action cinématique en 2.5D, dans un impitoyable environnement narratif cyberpunk inspiré de Blade Runner.
10.05.2026, 11:5910.05.2026, 11:59
Flaubeurre / jvmag.ch

Contrairement à bon nombre d’amateurs de la scène indépendante, je n’ai découvert Replaced que tardivement. Pourtant, dès son annonce lors de l’E3 2021, le titre avait su capter les regards, cristallisant les attentes autour d’une proposition visuelle d’une rare acuité: un pixel art infusé d’une esthétique cyberpunk où la lumière semblait lutter, plan après plan, contre l’obscurité.

Il m’aura fallu le détour d’une bande-annonce, des années plus tard, pour en saisir pleinement la portée – et, par là-même, m’épargner la frustration de ses multiples reports. Une découverte tardive, donc, mais presque préservée, débarrassée du poids des attentes prolongées.

C’est dans cet entrelacs d’ombres et de néons que s’inscrit Replaced. Le jeu nous place dans l’enveloppe charnelle de Warren, un scientifique dont le corps est désormais habité par Reach, une intelligence artificielle. L’histoire introduit d’emblée une réflexion assez courante sur le lien entre machine et humain. Néanmoins, au-delà de l’enquête qui se profile, une tension plus intime se dessine: celle de ne pas se dissoudre dans ce que l’on devient.

Vidéo: extern / rest

Jeu de plateforme et d’action cinématique en 2.5D, Replaced est développé par Sad Cat Studios et édité par Thunderful Publishing (Viewfinder, Planet of Lana).

Sorti le 14 avril 2026 sur PC et Xbox Series X/S, le titre est également disponible via le Game Pass.

Le vrai joueur, c’est la caméra

Difficile d’aborder Replaced sans commencer par ce qui frappe immédiatement: sa direction artistique, tout simplement remarquable. Le jeu repose sur une tension féconde entre deux pôles opposés. D’une part, un pixel art minutieusement façonné à la main; d’autre part, une débauche d’effets visuels contemporains qui viennent en rehausser chaque plan.

Capture d'écran Replaced
Image: JVmag.ch

Là où beaucoup échouent à concilier héritage et modernité, Replaced trouve son équilibre. Funambule, il ne cherche pas à remplacer le pixel art, mais à l’augmenter, à le prolonger, sans jamais en trahir la nature. Cela donne naissance à un monde rétrofuturiste, où l’ancien dialogue avec le moderne sans jamais tomber dans un paradoxe visuel

Les environnements, baignés de néons qui percent l’obscurité d’intérieurs crépusculaires, témoignent d’un travail minutieux sur la lumière et la composition. Malgré cette grammaire visuelle nouvelle, le level design reste lisible, jamais parasité par son esthétique. On sent, derrière chaque scène, une volonté de mise en cadre presque obsessionnelle.

Capture d'écran Replaced
Image: JVmag.ch

Cette maîtrise se prolonge dans une mise en scène ouvertement cinématographique. Ainsi, les cadrages, les mouvements, la gestion des profondeurs – avec ces arrière-plans subtilement floutés pour magnifier l’action au premier plan – empruntent directement au langage cinématographique.

Sur le plan sonore, la réussite est tout aussi manifeste. L’OST, que l’on peut réécouter via le Wingman – une interface intégrée au jeu – s’impose par sa qualité et son identité marquée. Un dispositif intéressant, bien que susceptible de briser légèrement le rythme pour celles et ceux qui s’y attardent en pleine progression.

Capture d'écran Replaced
Image: JVmag.ch

Au-delà des compositions, le sound design vient parachever l’ensemble avec efficacité, prolongeant la richesse visuelle du titre.

Une narration portée par la mise en scène

Replaced est un jeu qui parle beaucoup. Et parfois… un peu trop vite. Certains dialogues défilent automatiquement, à un rythme qui questionne l’accessibilité. En lisant à voix haute, on se rend compte qu’il est difficile de suivre avec une cadence naturelle, le texte qui défile. De fait, cela peut poser problème pour des joueurs ou joueuses moins à l’aise avec la lecture. Un réglage de vitesse ou une généralisation du défilement manuel – déjà présent dans certains échanges – aurait sans doute permis d’éviter cet écueil.

Sur le plan narratif, Replaced ne brille pas par la complexité de son intrigue, mais plutôt par la manière dont elle est racontée. Son postulat, relativement classique dans ses grandes lignes, importe finalement moins que sa mise en scène. C’est elle qui porte le récit, qui lui donne corps et intensité.

Capture d'écran Replaced
Image: JVmag.ch

Cette approche trouve son apogée dans une conclusion qui, sans spoiler, serre la gorge, sans jamais étrangler, en convoquant des thématiques fortes: la guerre, la mort, la déshumanisation.

Quant aux personnages, ils bénéficient d’un traitement étonnamment incarné. Malgré l’économie de détails inhérente au pixel art, Replaced parvient à leur insuffler une véritable énergie. Tempest, notamment, se distingue comme un allié marquant. Mais ce sont surtout des détails infimes, presque imperceptibles – un geste récurrent, une manière de se tenir – qui font exister les personnages. Ici, nul besoin de traits de visage réalistes : le mouvement suffit à esquisser la vie.

Capture d'écran Replaced
Image: JVmag.ch

Un rythme globalement bon, mais quelques longueurs

Dans l’ensemble, Replaced parvient à maintenir un rythme fluide, porté par sa mise en scène et sa progression naturelle. Cependant, quelques passages viennent en altérer l’équilibre, notamment l’arrivée en gare. La séquence s’éternise, et les quêtes annexes ponctuées d’allers-retours ralentissent inutilement le mouvement. Plus loin, au chapitre huit (sur dix), la recherche de techniciens dispersés brise l’élan narratif, étirant la cadence sans en justifier l’importance.

Capture d'écran Replaced
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Les phases de plateforme demeurent relativement solides et lisibles. Le gameplay reste simple et fluide sans être révolutionnaire. Les mécaniques s’enrichissent légèrement au fil de l’aventure, notamment grâce à quelques ajouts (comme le double saut assisté par des courants d’air).

Un gameplay efficace, mais balisé

Manette en main, Replaced repose sur une structure claire : une alternance bien marquée entre phases de plateforme et séquences de combat. Deux périodes distinctes, qui cohabitent sans jamais s’homogénéiser.

Capture d'écran Replaced
Image: JVmag.ch

Les phases de plateforme demeurent relativement solides et lisibles. Le gameplay reste simple et fluide sans être révolutionnaire. Les mécaniques s’enrichissent légèrement au fil de l’aventure, notamment grâce à quelques ajouts (comme le double saut assisté par des courants d’air).

Du côté des combats, Replaced mise sur une approche dynamique, articulée autour d’un système de jauge qui se remplit à mesure que l’on frappe ou que l’on pare. Le rythme est soutenu, les affrontements agréables à prendre en main. Notez une montée en puissance progressive via l’évolution de vos armes – à l’image du pistolet permettant de dévier les projectiles.

Capture d'écran Replaced
Image: JVmag.ch

Toutefois, cette efficacité peine à se renouveler sur la durée ; les ennemis évoluent peu, et l’absence de véritables variations de leurs comportements limite l’apprentissage de patterns précis. Le premier boss laisse entrevoir une profondeur qui ne sera, malheureusement, que rarement exploitée par la suite.

Quelques séquences annexes viennent ponctuer l’ensemble, comme ces phases de piratage, bien que parfois exigeantes dans leur timing. Une fois apprivoisées, elles peuvent apporter un plaisir coupable au reste de la progression – ou un léger dépit.

Enfin, le Wingman fait office à la fois de journal de quêtes et de support narratif. S’il a le mérite de structurer l’expérience et de rappeler les objectifs en cours, son intégration reste parfois maladroite, donnant au lore une dimension un peu artificielle. Un outil utile, sympathique, mais qui peine à se fondre totalement dans l’univers qu’il cherche, à l’origine, à renforcer.

Une difficulté pensée pour l’accessibilité

Côté difficulté, Replaced fait clairement le choix de l’accessibilité. Parmi les trois proposés, le mode normal offre une expérience globalement clémente, avec une fenêtre de parade relativement large et des affrontements qui privilégient la fluidité à la sanction. Même lorsque l’écran se charge d’ennemis, la lisibilité demeure correcte, évitant toute frustration excessive.

Capture d'écran Replaced
Image: JVmag.ch

Ce parti pris est renforcé par un système de régénération complet de la santé et des soins après chaque combat. Un choix confortable, facilitant la progression, mais accentuant aussi la séparation très nette entre les phases d’action et de plateforme.

Paradoxalement, les défis les plus exigeants se trouvent auprès des bornes d’arcade, dans une salle de jeu tenue seule par une jeune fille à la gare. Au nombre de trois, ces bornes se rangent aux côtés des autres quêtes annexes rendues attractives uniquement par les récompenses qu’elles proposent.

Capture d'écran Replaced
Image: JVmag.ch

A noter enfin que le mode difficile semble introduire une exigence plus marquée, au prix d’une lisibilité parfois mise à l’épreuve – en particulier lorsque plusieurs ennemis occupent simultanément différents plans de l’écran. De quoi faire même transpirer les joueurs les plus aguerris… n’est-ce pas, Tonton.

Goût, vue et odeur

Au terme de ses huit à dix heures d’aventure, le jeu de Sad Cat Studios laisse le souvenir d’une œuvre qui, par la cohérence de sa vision, s’impose durablement dans le paysage vidéoludique.

Au-delà d’un gameplay volontairement balisé et de quelques flottements de rythme, c’est ailleurs que le titre trouve sa véritable force : dans son identité. Une identité visuelle et sonore d’une grande maîtrise, portée par une mise en scène qui sublime chaque instant et confère au pixel art une modernité saisissante.

Replaced n’est peut-être pas le jeu le plus audacieux dans ce qu’il propose mécaniquement. Cependant, il rejoint ces jeux que l’on traverse autant qu’ils nous traversent.

Capture d'écran Replaced
Image: JVmag.ch

Il vous rappellera cette salle obscure et ses rangées de sièges rouges, l’air légèrement trop frais, le son un peu trop fort. Par-dessus tout, cette odeur sucrée de popcorn. Il vous rappellera aussi, et surtout, cette sensation d’émerveillement cinématographique; cette manière qu’ont certaines œuvres de suspendre le réel, de le plier à leur rythme. Comme un rappel discret que le jeu vidéo dialogue lui aussi avec les autres arts, et qu’il mérite, autant que le dévouement, l’amitié et l’espoir, qu’on vive – ou qu’on meure – pour eux.

Note générale : 7,5 / 10

Les plus et les moins

+ Direction artistique rétrofuturiste
+ Mise en scène quasi cinématographique
+ Gameplay fluide et accessible
+ Durée de vie cohérente avec la proposition
– Quelques longueurs qui nuisent au rythme
– Lisibilité parfois mise à l’épreuve
– Une base de scénario vue et revue, que seule la mise en scène renouvelle
– Quêtes annexes inintéressantes sur le plan narratif
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source: reddit
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