«Des animaux»: les Red Hot se distancient du docu Netflix
Aujourd’hui, Anthony Kiedis alterne chou kale et yoga sous la surveillance d’une batterie de coachs. Flea, vegan et pieux, dépoussière sa trompette pour (re)faire du jazz.
Le leader baraqué et le bassiste déjanté des Red Hot Chili Peppers, 63 ans bien remplis, sont les papys d’une musique qu’ils ont quasiment fabriquée de toutes pièces, il y a déjà quatre décennies, dans le bruit et la fureur d’une Los Angeles au sommet de son art et de sa déglingue. Un funk-rock pressé, bordélique et survolté qui a émergé du chaos dans un quartier de North Hollywood que l’on aurait adoré tutoyer, dans le berceau des 80’s.
Bien avant de devenir l’un des groupes les plus rentables de la planète, les Red Hot, comme beaucoup d’écorchés telluriques d’un autre temps, ont dû enjamber la violence de familles dysfonctionnelles et la dope à tous les étages, pour se réfugier dans l’une de ces amitiés qui naît toujours d’un besoin urgent de (sur)vivre.
Même si ça ne fonctionne pas à tous les coups. C’est d’ailleurs le cœur annoncé du documentaire catapulté cette semaine par Netflix, The Rise of the Red Hot Chili Peppers. Hillel Slovak, cofondateur de cette bande de doux dingues qui se baladaient avec une chaussette sur le sexe, a été fauché par un trop plein de spleen et d’héroïne, le 25 juin 1988. Le guitariste avait 26 ans et trois albums avec les RHCP à son actif.
Le trailer du documentaire:
A l’annonce de sa mort, le batteur plonge alors dans une sévère dépression. Anthony se réfugie (encore plus) dans la drogue. Flea, lui, lâche prise. Et fond en larmes au moment d’évoquer son pote de lycée, dans ce film en son hommage, réalisé par Ben Feldman.
Le drame, et la grosse charge émotionnelle qui en découle prennent place en seconde partie de The Rise of the Red Hot Chili Peppers, dont les membres actuels du groupe se sont publiquement désolidarisés juste avant sa sortie. Ceci explique sans doute cela. Sollicités à l’origine pour rassembler leurs souvenirs d’Hillel Slovak, Flea et Anthony ne s’attendaient pas à être les personnages principaux d’un documentaire sur la naissance du groupe.
Or, c’est précisément pour cette formidable immersion dans les balbutiements créatifs d’un génial trio de gamins délinquants que le film Netflix tient méchamment la route.
Les quadras et, surtout, ceux qui ont déjà dévoré la très franche et très riche autobiographie d’Anthony Kiedis, Scar Tissue, sortie en 2004, n’apprendront pas grand-chose. Les autres, qui se sont frottés aux Red Hot Chili Peppers durant la période Californication, vont découvrir à quel point le talent et le succès sont parfois pendus aux basques d’une existence claudicante, gorgée de rêves inaccessibles, de grosses bêtises et de passions dévorantes. Comme le dira Flea, ils étaient «des animaux».
Dans les deux cas, la présence de The Rise of the Red Hot Chili Peppers sur une plateforme aussi populaire que Netflix est une opportunité presque inespérée.
On en dira pas plus. Foncez.
