Déjà culte ou flop gênant? Voici la dernière bizarrerie de Canal+
Pour ceux qui avaient eu la bonne idée de poser une oreille sur Calls, en 2017, une série sans image et basée uniquement sur le son, cette nouvelle aura de quoi vous réjouir. Ses créateurs, Timothée Hochet et Lucas Pastor, sont de retour avec un autre style d’ovni sur Canal+.
Son nom? Lost Media. Les plus geeks d’entre vous savent sans doute que ce nom désigne d’abord des vidéos introuvables, même si leur existence est avérée. Une tendance qui électrise les chasseurs d’images sur internet depuis de longues années et qui est désormais au cœur d’une nouvelle série de huit épisodes très courts (entre 10 et 13 minutes).
Autant vous le dire tout de suite: vous ne sortirez pas tout à fait indemne de Lost Media.
Cette série d’anthologie (chaque épisode racontant une autre histoire) a été bricolée sans budget extravagant, mais avec une ingéniosité qui participe au malaise profond qu’elle provoque chez le spectateur. Vidéosurveillance, vieux bêtisier d’émission américaine, jeu télé, caméscope amateur, les différents dispositifs de ce format court instaurent un climat d’effroi constant, mais diffus, total, mais tout en retenue.
Comme si un esprit particulièrement malfaisant avait hanté notre écran, on se retrouve très vite prisonnier de l’esprit torturé d’une flopée d’étranges protagonistes.
La bande-annonce:
Contrairement à Calls, Lost Media mise sur l’image pour nous faire passer un sale quart d’heure. La résolution est dégueulasse, c’est volontairement mal filmé et mal monté, l’ambiance parfaite pour nous donner le sentiment de faire un affreux cauchemar éveillé.
Dans le deuxième épisode, on découvre par exemple la célèbre humoriste Alison Wheeler dans le rôle d’une candidate de jeu télé. Entre les rires enregistrés et l’horreur réelle, il n’y a finalement qu’un subtil décalage que les deux créateurs parviennent à créer avec trois fois rien. Car le malaise grignote notre cerveau petit à petit et c’est à nous de nous démerder avec la réalité. Sur le plateau, un animateur trop enjoué, des questions idiotes, des jingles imbéciles, puis, soudain, un acte qu'on ne verra pas, un silence pesant, presque physique.
On voudrait rire et s’arracher la tête en même temps.
Si tous les épisodes ne sont pas totalement réussis, Lost Media a le mérite d’être furieusement original, libre et... terrifiant. Alors que, pour certains, on a affaire à une série «déjà culte», d’autres crient au flop annoncé.
Selon nous c’est à dévorer tout cru, mais seulement si vous êtes bien dans votre tête. (On vous aura prévenu.)
