«House of the Dragon» revient avec un épisode magistral
Le spin-off de Game of Thrones consacré à la dynastie Targaryen est de retour, deux ans après une saison en demi-teinte. Si son aînée a toujours su marier, dans un juste équilibre, intrigues politiques et scènes dantesques, cette deuxième saison avait laissé un goût d’inachevé en laissant les fans sur l’attente d’une bataille épique dont nous n’avions pas encore vu les couleurs jusqu’à aujourd’hui.
La frustration peut enfin se dissiper, car le grand spectacle est bien présent dès le premier épisode. La troisième saison de House of the Dragon reprend exactement là où nous avait laissés la deuxième, aux prémices de la bataille navale du Gosier, élément central du roman Feu et Sang, dont la série est une adaptation. La série débute donc par le grand final qui manquait cruellement à la saison précédente, sous un déluge de flèches et de feu.
On en était où déjà?
Avec ses ambitions cinématographiques, chaque saison de House of the Dragon nécessite deux bonnes années de production. A une époque qui demande plus d’une main pour compter les plateformes de streaming, il faut une certaine force mentale pour retenir les tenants et les aboutissants de ce conflit fratricide, qui mènera à l’extinction des dragons et à la chute de la maison Targaryen, 200 ans avant les événements narrés dans Game of Thrones.
Arrivée à la moitié de son histoire, puisque quatre saisons sont prévues, la série vous laisse le choix de soutenir votre camp favori, tous deux meurtris par des morts dictées par la loi du Talion.
D’un côté, les Verts, partisans du roi Aegon II et de sa mère Alicent Hightower (Olivia Cooke); de l’autre, les Noirs, partisans de la princesse Rhaenyra Targaryen (Emma D’Arcy) et de son époux Daemon (Matt Smith). Rhaenyra est l’héritière légitime du trône, une place qu’Alicent est prête à lui céder, mais qui exige un sacrifice bien trop grand: la tête du roi Aegon.
Un sacrifice que la régente a accepté pour la paix, mais Aegon ayant fui la ville et les armées étant déjà lancées sur les chemins de la guerre, les affrontements sont désormais inévitables. La troisième saison commence d’ailleurs par une bataille sublime, qui dure plus de 20 minutes et qui est digne d’un grand film à spectacle. Visiblement, HBO a dépensé sans compter pour retrouver ses fans.
La bande-annonce:
Qu'ils crèvent tous
Si ce troisième chapitre promet un spectacle décadent dont personne ne sortira indemne, House of the Dragon souffre toujours de cette même tare: celle de n’avoir aucun personnage vraiment attachant. Car, autant dans Game of Thrones que dans l’autre spin-off sorti cette année, A Knight of the Seven Kingdoms, on éprouvait une réelle sympathie pour ses héros, bien souvent victimes de la cruauté du monde créé par G.R.R. Martin.
Avec ses personnages ravagés par la vengeance, l’ambition et la folie, House of the Dragon a fait le deuil de ses héros, ne laissant qu’une galerie de personnages ne vivant que pour leurs propres intérêts. Un univers cynique et réaliste, certes, mais qui laisse l’empathie du spectateur sur le carreau. Reste le fil rouge de cette série: la relation complexe entre Rhaenyra et Alicent, autrefois sœurs de cœur et aujourd’hui ennemies, qui apporte encore un peu d'âme à cette série qui semble désormais complètement en être dépourvue.
Reste que le grand spectacle cruel qu’est cette série démarre de la plus belle des manières, en restant fidèle à tout ce qui fait la force de cette saga: son lot de morts violentes et inattendues, ses dragons majestueux, ses retournements de situation haletants et ses batailles homériques, le tout toujours porté par une réalisation aux petits oignons et des acteurs impeccables. Et pour cela, on est quand même bien contents de retrouver le meilleur de la télévision.
«House of the Dragon» est disponible sur HBO Max, MyCanal, Sky Show et RTS Play.
