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Grâce au Covid les hautes mers ont leurs propres «Foir'fouille»

Vous ne l'imaginiez sans doute pas mais les hautes mers ont leurs propres «Foir'fouille».
Vous ne l'imaginiez sans doute pas mais les hautes mers ont leurs propres «Foir'fouille».shutterstock
Des milliers de containers perdus, abandonnés, non réclamés dorment dans les ports du monde entier. Et cela a donné naissance à un nouveau business.
26.12.2021, 17:2326.12.2021, 17:29
Thomas Burgel / slate
Un article de Slate
Slate

Vous commencez à vous en rendre compte, nous en parlons régulièrement: la chaîne logistique mondiale est méchamment grippée. Parmi les conséquences de ces dysfonctionnements, pénuries et embouteillages, outre votre probable difficulté à dégoter pour Noël le jouet à la mode espéré par votre filleul, il y a les milliers de containers perdus, oubliés, non réclamés, qui dorment dans les ports du monde entier.

Et par milliers, nous entendons beaucoup de milliers: selon des chiffres cités par Bloomberg, ce sont près de 3 millions de ces boîtes abandonnées qui prennent de l'espace et la poussière dans des noeuds logistiques qui se passeraient bien de ces obstacles supplémentaires.

Or, ces containers peuvent perdre leur valeur, en partie ou intégralement. Des frais de stockage délirants finissent par dépasser le profit potentiel de ce qu'ils contiennent; un chargement de ventilateurs, en retard de deux saisons, pointe son nez en hiver et ne vaut plus rien; le contenu du container est périssable; parce que la pénurie de boîtes de transport coûte cher aux firmes qui leur courent en permanence derrière... Il existe mille raisons de vouloir se débarrasser de ces rebuts du transport mondial.

Comme le raconte Bloomberg dans un article étonnant, c'est là qu'interviennent les soldeurs de containers. Ils sont une sorte de Foir'fouille des hautes mers, des déménageurs de boîtes géantes, des débarras pour la logistique mondiale.

Leur business: acheter sans toujours savoir précisément ce que contiennent les containers abandonnés et faire leur beurre sur la revente de leur cargaison, ou se faire payer par les transporteurs pour se débarrasser de ce qui n'a plus aucune valeur.

Au petit bonheur la chance

Parfois, comme le raconte l'un de ces soldeurs à Bloomberg, il s'agit de vrais paris. Un manifeste cite «Des biens domestiques (voiture)»? Jake Slinn, un britannique de 22 ans met le prix demandé puis, armé de pinces coupantes, se débarrasse des boulons qui ferment le container en question, l'ouvre et découvre ce qu'il contient.

Cela aurait pu être une véritable décharge; il s'avère que c'est une Peugeot d'occasion et divers objets familiers, abandonnés là par une personne ayant déménagé d'Afrique, mais qui a disparu de la circulation pour une raison que personne ne connaîtra vraiment.

Au moment où Bloomberg l'interroge, Slinn achète une grosse cargaison de fromage, sans vraiment savoir dans quel état il le trouvera; il pourrait être revendu comme biomasse à une usine spécialisée. Il lui est arrivé de découvrir un stock de prothèses mammaires -plus difficile à revendre. Il a aussi parié sur un stock de cuir de très haute qualité, destiné initialement à un yacht de luxe, mais abandonné car froissé pendant le transport: un jackpot.

Chaque cas est différent, raconte Slinn, patron d'une entreprise à deux employés, JS Cargo & Freight Disposal, qui compare son job à l'émission Storage Wars.

«Nous sommes là pour résoudre des problèmes, explique le Britannique, qui dit avoir déjà traité plus de 200 boîtes cette année. Nous traitons avec des transporteurs qui ne veulent pas le faire. Ils veulent récupérer les containers vides.»

Et ça marche. Avec l'aide de son frère et, parfois, de sa maman, grâce également au Brexit et au blocage du Canal de Suez qui ont ajouté des embouteillages aux embouteillages, sa petite entreprise fait florès: près de 600'000 euros cette année, déclare-t-il, le double étant espéré l'année prochaine.

Cet article a été publié initialement sur Slate. Watson a changé le titre et les sous-titres. Cliquez ici pour lire l'article original

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