L'inflation ralentit aux Etats-Unis et Wall Street en profite
L'inflation a ralenti aux Etats-Unis en juin, à 3,5% sur un an contre 4,2% en mai, grâce au reflux du coût de l'essence, selon l'indice des prix à la consommation (CPI) publié mardi. L'inflation sous-jacente, c'est-à-dire hors prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, a aussi ralenti à 2,6% sur un an, contre 2,9% le mois précédent.
Le rythme reste toutefois bien au-dessus de l'objectif de la Réserve fédérale américaine (Fed). Surtout, ce reflux est largement dû au recul du prix de l'essence (-9,7% sur un mois) qui avait suivi la détente diplomatique entre Washington et Téhéran. Les hostilités ont depuis repris dans le Golfe. Les cours mondiaux du pétrole ont rebondi, augurant des répercussions jusque dans les stations-service américaines.
Au quotidien, les Américains dépensent plus pour se loger (+2,8% sur un pour les loyers), se vêtir (+3,9%), se nourrir (+3%). Les fruits et légumes, en particulier, sont 5,3% plus cher qu'en juin 2025. Mais c'est la guerre au Moyen-Orient et ses ramifications qui continuent de peser le plus lourd: l'énergie dans son ensemble a augmenté de près de 16% sur un an, les billets d'avion sont en hausse de plus de 26%.
Plusieurs banques performent
Cette embellie économique s’est accompagnée de solides performances pour les grandes banques américaines. Goldman Sachs a publié un bénéfice trimestriel en hausse de 84%, largement supérieur aux attentes, porté par la volatilité des marchés provoquée par la guerre au Moyen-Orient et par l’introduction en Bourse record de SpaceX, qui a levé 75 milliards de dollars. Son chiffre d’affaires a atteint 20,34 milliards de dollars, contre 16,23 milliards attendus.
Bank of America a également dépassé les prévisions, avec un bénéfice net de 8,75 milliards de dollars (+27% sur un an) et un chiffre d’affaires de 31,56 milliards (+15%). La banque a profité de la vigueur des activités de marché, de la gestion d’actifs et de la banque d’investissement. Son directeur général Brian Moynihan a salué la résilience des consommateurs et des entreprises dans un «environnement économique sain».
Même son de cloche pour, Citigroup a aussi fait mieux qu’attendu, avec un bénéfice net de 5,83 milliards de dollars (+45% sur un an) et un chiffre d’affaires de 24,77 milliards, soutenus par la forte progression de ses activités de marché et la bonne tenue de la quasi-totalité de ses divisions.
La guerre, impopulaire aux Etats-Unis, a mis sous pression l'exécutif américain à quelques mois d'élections nationales. Le président Donald Trump avait fait de l'amélioration du pouvoir d'achat une de ses priorités lors de sa campagne victorieuse de 2024. Le mois dernier, il ne s'était pas ému de l'inflation, au plus haut depuis trois ans, livrant même une réaction inattendue: «Les chiffres étaient supers (...) j'aime l'inflation», avait-il lancé, avant d'assurer que celle-ci allait «tomber comme une pierre» une fois le conflit terminé.
Pour le conseiller économique du président Trump, Kevin Hassett, il s'agit «du meilleur rapport d'inflation de ces six dernières années». Il a considéré dans une interview à Fox News que la remontée des prix du pétrole n'était qu'un «petit accroc à cause des Iraniens» qui ne devrait provoquer que des perturbations limitées. (mbr/afp)
