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Les bourses réagissent à la montée des tensions dans la crise ukrainienne.
Les bourses réagissent à la montée des tensions dans la crise ukrainienne.Bild: keystone

Le conflit ukrainien a déjà des conséquences sur la Bourse

La hausse des primes de risque et la perspective de prix de l'énergie encore plus élevés mettent les titres sensibles à la conjoncture sous pression. La politique monétaire passe pour l'instant au second plan.
15.02.2022, 07:14
Daniel Zulauf / ch media

Sous l'effet de l'aggravation de la crise en Ukraine, les marchés boursiers européens ont repris le signal négatif donné par les Etats-Unis vendredi dernier et ont encore perdu du terrain.

Le risque accru d'une prise d'armes a modifié l'anatomie de l'évolution boursière à court terme, explique Anastassios Frangulidis, stratège en investissement auprès de la banque privée genevoise Pictet. Selon lui, la situation incertaine entraîne une hausse des primes de risque et donc une baisse des cours des actions des entreprises dont le modèle d'affaires est exposé à la conjoncture.

En conséquence, de nombreuses actions d'entreprises industrielles comme Sulzer, Rieter, Von Roll, ABB, Komax ou Dätwyler affichent actuellement des pertes supérieures à la moyenne en Suisse également. Le SMI ainsi que l'indice SPI, plus large, ont perdu chacun 1,7% lundi.

Les actions industrielles sous pression

L'élément déterminant de la hausse des primes de risque est la fuite des investisseurs vers des placements sûrs. Ce phénomène est illustré par l'évolution du rendement des obligations de la Confédération suisse à dix ans. Celles-ci se sont éloignées de leur sommet intermédiaire de 0,314% atteint vendredi dernier et se situent désormais encore autour de 0,25%. La perspective d'une hausse des prix de l'énergie est une charge potentielle pour la consommation et donc pour la conjoncture, explique Frangulidis.

Les corrections boursières des premières semaines de l'année étaient principalement motivées par la perspective d'une hausse des taux directeurs, en premier lieu de la part de la banque centrale américaine. En conséquence, ce sont surtout les titres dits de croissance, qui ont pu atteindre des valorisations records sur la base de l'environnement de taux d'intérêt ultra bas des dernières années, qui ont corrigé.

C'est pourquoi les valeurs vedettes de ces dernières années, comme Bachem, Straumann ou Sika, se retrouvent loin derrière dans le classement des performances depuis le début de l'année, avec des pertes comprises entre 20 et 30%.

Mais Frangulidis ne voit pas encore de signes d'un retournement de conjoncture et donc d'une correction boursière de longue durée. L'économie mondiale continue pour l'instant de croître au-dessus de son potentiel, et il n'y a actuellement pas de signaux forts pour un changement fondamental de cette image. (aargauerzeitung.ch)

Adapté de l'allemand par jah

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source: sda
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