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Payer le gaz russe en roubles: comment Poutine contourne les sanctions

Image: sda
La décision du gouvernement russe risque de faire exploser les prix du gaz sur le marché européen. Alors que certains Etats s'inquiètent, des experts dénoncent un coup de communication.
24.03.2022, 19:5225.03.2022, 06:22

La Russie a trouvé un moyen de contourner les sanctions occidentales à son encontre. Mercredi, le gouvernement de Vladimir Poutine a annoncé n'accepter plus que les roubles dans les prochains jours pour livrer son gaz aux pays considérés comme «hostiles» à son égard.

«La Russie continuera bien sûr de livrer du gaz naturel, conformément aux volumes et aux prix fixés dans les contrats précédemment conclus. Les changements concerneront seulement la monnaie de paiement qui sera, elle, modifiée en rouble russe»
Vladimir Poutine, président de la Russie.reuters

La décision, qui devrait être effective d'ici une semaine, aura deux effets: le renforcement de la devise russe face à l'euro et au dollar, et l'envolée des prix du gaz sur le marché européen. Sur Twitter, Raphaël Bloch, journaliste économique de l'Express, a ainsi résumé la situation:

Une situation qui a créé l'affolement au sein de plusieurs Etats.

Violation des contrats

Comme l'a révélé Reuters le 23 mars, le rouble s’est nettement apprécié ces derniers jours. Fortement dévalué le jour de l'invasion russe en Ukraine le 24 février, il est repassé sous la barre des 95 pour un dollar pour la première fois en trois semaines. Suite à l'annonce de Poutine, plusieurs des pays jugés comme agissant à l'encontre de la Russie se sont demandé comment ils pourraient dorénavant payer leurs achats de gaz.

Robert Habeck, ministre allemand de l'Economie, a estimé que la décision de Poutine était une violation des contrats qui le lient à l'Union européenne.
Robert Habeck, ministre allemand de l'Economie, a estimé que la décision de Poutine était une violation des contrats qui le lient à l'Union européenne.Image: sda

Le ministre allemand de l’Economie, Robert Habeck, dont le pays est particulièrement dépendant du gaz russe, a dénoncé une violation par Moscou des contrats conclus en euros. La France s'est également exprimée à travers Barbara Pompili, présidente tournante de l'Union européenne: «Nous avons, en Europe et en France, à faire face à ce besoin de diesel, qui risque de se faire de plus en plus crucial», si des décisions sont prises dans les jours ou les semaines à venir.

Inquiétude «absurde»

Pour Alexandre Andlauer, expert énergies pour Kpler interviewé par BFM Business, il ne s'agit là, avant tout, que de communication:

«Les contrats actuels ne sont pas concernés, on ne peut pas les modifier comme cela. Cette annonce peut être davantage perçue comme une volonté de ne plus vendre de la part des Russes»
Alexandre Andlauer, expert énergies pour Kplerbfmtv

Un constat soutenu par Antoine Lecy, professeur au MIT Economics, qui a jugé l'inquiétude européenne «absurde». Plus qu'une sanction anti-européenne, cette décision constitue davantage une sanction contre les oligarques russes qui ne pourront dès lors plus «tricher» en gardant les dollars pour eux, conclut le professeur.

Réduire la dépendance coûte-que-coûte

Jeudi, une réunion ministérielle de l'Agence internationale de l'énergie a eu lieu à Paris, afin de trouver des solutions pour amortir la hausse des prix du pétrole et réduire la dépendance au gaz russe.

Le plan en dix points présenté début mars prévoit à cet effet d’acheter nettement plus de gaz liquide, de baisser la consommation d’énergie dans les bâtiments par des rénovations et de remplacer les systèmes de chauffage, tout en accélérant le développement de l’éolien et du solaire.

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a participé à la réunion ministérielle de L'Agence internationale de l'énergie, jeudi, à Paris.
La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a participé à la réunion ministérielle de L'Agence internationale de l'énergie, jeudi, à Paris.Image: sda

Début mars, l’AIE a déjà libéré 60 millions de barils de pétrole tirés des réserves obligatoires des pays membres. La Suisse a participé à cette mesure. (mndl/asi)

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