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Euro 2025 féminin: voici le salaire des joueuses de la Suisse

Voici combien gagnent les joueuses de la Nati féminine

Placées sous le feu des projecteurs à l'occasion de l'Euro féminin, certaines joueuses de l'équipe de Suisse ne touchent que 500 francs par mois. Zoom sur les salaires au sein de la Nati.
02.07.2025, 05:3502.07.2025, 07:20
Raphael Gutzwiller

Riola Xhemaili est presque étonnée: «Quoi? Vous interrogez toutes les joueuses de l’équipe nationale sur leurs revenus? Même Alisha? J’aimerais bien voir ça.» A peine ces mots prononcés, Alisha Lehmann s’installe à nos côtés. Suivie par près de 17 millions de personnes sur Instagram, elle tire la majeure partie de ses revenus des réseaux sociaux. Sa fortune est estimée à plusieurs millions.

Xhemaili la regarde et lui lance: «Alors, combien tu gagnes?». Lehmann rit: «Aucun commentaire». La Bernoise pourrait-elle vivre uniquement du football? «Oui, très bien même». Son salaire annuel à la Juventus est estimé à environ 200 000 euros. A cela s’ajoutent d’importants revenus publicitaires. Selon certaines estimations, chaque post sponsorisé sur Instagram lui rapporterait près d’un quart de million de francs.

Mais toutes les footballeuses suisses sont loin de bénéficier des mêmes privilèges. C’est ce que révèle notre enquête menée auprès de toutes les joueuses de la Nati féminine. Si certaines préfèrent rester discrètes – fidèles à la tradition helvétique –, d’autres jouent la carte de la transparence et dévoilent ce qu'elles gagnent. Les témoignages révèlent qu’en dépit de l’essor du football féminin, vivre uniquement de ce sport reste hors de portée pour plusieurs d’entre elles.

L'argent est rare en Super League

Autre constat: celles qui jouent, ou ont joué, en Suisse, se retrouvent souvent à la limite de la précarité. Quatre d’entre elles – Iman Beney, Noemi Ivelj, Nadine Böhi et Sandrine Mauron – vont partir à l’étranger, notamment pour des raisons financières.

Noemi Ivelj explique avoir gagné jusqu’à récemment 500 francs par mois à Grasshopper. «Pour moi, à 18 ans, c’était acceptable: je vivais encore chez mes parents et poursuivais ma formation. Mais pour d’autres, c’est extrêmement peu», dit-elle.

Noemi Ivelj touchait 500 francs par mois à Grasshopper.
Noemi Ivelj touchait 500 francs par mois à Grasshopper.image: toto Marti/Freshfocus

Sandrine Mauron a vécu une situation similaire. A 26 ans, elle fait partie des cadres de la Nati depuis plusieurs années, mais ne pouvait pas vivre du football. «A Servette, je touchais 3 000 francs par mois. Ce n’était pas suffisant», confie-t-elle. Elle occupait donc en parallèle un poste dans le secteur commercial.

«Je pars désormais à l’étranger avec un contrat professionnel à plein temps. L’accord est signé, mais n'a pas encore été officiellement communiqué»
Sandrine Mauron

Même Nadine Böhi, troisième gardienne de la Nati, touchait un revenu très modeste au FC Saint-Gall. «Je ne pouvais pas en vivre, je ne recevais que des remboursements de frais», explique la portière, qui rejoindra l’Union Berlin après l’Euro.

Plus simple à l’étranger

Certaines joueuses de Super League parviennent néanmoins à vivre uniquement du football, comme Coumba Sow au FC Bâle. «En faisant attention, je parviens même à mettre un peu d’argent de côté. Mais je ne deviendrai pas riche», assure-t-elle. Son salaire en Suisse est même légèrement supérieur à celui qu’elle percevait au Paris FC. «La vie est plus chère ici, donc il faut plus d’argent. En proportion, c’est comparable», tient-elle à préciser.

Cependant, évoluer dans de grandes ligues internationales ne garantit pas de s’enrichir pour les Suissesses. La preuve avec Julia Stierli, ancienne joueuse du FC Zurich, désormais professionnelle à plein temps à Fribourg en Allemagne.

«Je gagne suffisamment pour vivre correctement, mais en faisant attention. Par rapport à la Suisse, c’est une nette amélioration, pas tant grâce au salaire, mais surtout parce que le coût de la vie en Allemagne est bien plus bas»
Julia Stierli

Le coût de la vie plus abordable à l’étranger permet à de nombreuses joueuses nationales de véritablement vivre du football. «Mon salaire de club me suffit, d’autant plus que la vie en Allemagne est moins chère», explique également Nadine Riesen, capable de mettre de l'argent de côté grâce à des revenus supplémentaires, issus du sponsoring.

Leila Wandeler, elle, n’a pas encore de contrat professionnel. Elle perçoit 700 francs par mois à l'Olympique Lyonnais. «Je reçois un peu d’argent, mais pas pour jouer au football. C’est plutôt pour des tâches liées à l’équipe», explique-t-elle.

Leila Wandeler mène de front ses études et sa carrière sportive.
Leila Wandeler mène de front ses études et sa carrière sportive.image: keystone

Avant l’Euro 2022, en Angleterre, nous avions déjà interrogé toutes les joueuses de la Nati sur leurs revenus. Meriame Terchoun déclarait alors: «Je gagne 6 000 francs par an. Notez-le bien comme ça». Désormais pensionnaire du Dijon FCO, elle n'évoque plus son salaire. Elle estime néanmoins que «vivre du football en France est possible, mais que cela ne suffit pas pour acheter un appartement ou mettre de l’argent de côté».

«Cela reste possible grâce au coût de la vie plus bas. Il est clair que la situation doit s’améliorer. Je ne ressens pas vraiment d’augmentation des salaires dans le football féminin ces dernières années. J’espère que cela changera à l’avenir»
Meriame Terchoun

Aucune inquiétude à avoir pour Lia Wälti

De son côté, la capitaine de l'équipe de Suisse, Lia Wälti, n’a plus à se soucier de l'argent. Il y a quelques années, elle confiait gagner à Arsenal autant qu'un employé de commerce. Aujourd’hui, ses revenus sont bien supérieurs.

«Je ne donne pas de chiffres, mais je peux dire que je vis bien, que je mets de l’argent de côté, et que ma situation financière est vraiment bonne»
Lia Wälti
Lia Wälti gagnait 1 000 euros par mois à ses débuts en Allemagne.
Lia Wälti gagnait 1 000 euros par mois à ses débuts en Allemagne.image: keystone

Pour autant, Lia Wälti connaît aussi très bien la vie avec peu de moyens. «Quand j’ai signé mon premier contrat à Potsdam, je gagnais 1 000 euros. J’avais en plus un logement et une voiture. A l’époque, c’était parfait pour moi. C’était suffisant. J’étais jeune, je découvrais le football professionnel, et j’étais simplement reconnaissante de pouvoir suivre ce chemin», déclare-t-elle.

Aujourd’hui privilégiée, du moins dans le football féminin, elle reconnaît toutefois: «Quand je pense aux salaires moyens dans un club comme Arsenal ou Barcelone, mon revenu annuel correspond probablement à un salaire hebdomadaire chez les hommes. Mais j’ai arrêté de me comparer à eux».

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Un arbitre ne devrait jamais oublier ça
Ce mercredi soir, un joueur de Chelsea a volontairement bousculé un jeune ramasseur de balle qu'il jugeait trop lent. L'arbitre du match, Monsieur Hernandez, n'a rien trouvé à y redire et c'est le symbole d'un foot qui dérive.
Il semblerait que même les arbitres ont perdu tout sens des réalités. Ce mercredi soir, le PSG accueillait Chelsea pour un duel d'anciens nouveaux riches qui a fait des étincelles. Mais au milieu de ce feu d'artifice de buts (et d'erreurs tactiques), un mauvais geste est venu symboliser les dérives du foot business.
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