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Migros doit retirer plus de produits alimentaires que Coop

Migros doit retirer bien plus de produits alimentaires des rayons que Coop

Die Verkaeuferin Stefania Kaufmann, links, bedient Tammy Gross, rechts, bei ihrem Einkauf in der Migros am Limmatplatz, am Donnerstag, 17. Februar 2022 in Zuerich. (KEYSTONE/Michael Buholzer)
Migros enregistre plus de rappels que ses concurrents.image: keystone
De la salmonelle dans des sachets, des particules de plastique dans des boulettes végétales: les détaillants, dont Migros, doivent régulièrement rappeler certains de leurs produits alimentaires.
Cet article est également disponible en allemand. Vers l'article
15.03.2022, 05:57
Pascal Michel / ch media
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De fortes démangeaisons, des gonflements du visage, voire un choc allergique dans les cas extrêmes: voilà ce que craignent les personnes allergiques au soja. En particulier celles qui ont acheté et mangé le produit de substitution végétalien au nom prometteur de «l’alternative savoureuse» de chez Migros (surtout disponible en Suisse allemande). Lors de contrôles internes, le détaillant a constaté, début mars, que l'allergène soja n'avait pas été déclaré. Il en a été de même pour deux autres alternatives au fromage de la ligne V-Love.

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Fromage végétalien de la Migros pour lequel le composant «soja» n’a pas été déclaré.image: BLV

Il n'est pas rare que des commerçants comme Migros retirent des produits de leurs rayons et en informent les consommateurs. En février, le géant orange a dû retirer les souchets de la chaîne bio allemande Alnatura de ses magasins. La raison en était la présence de salmonelle. Ikea avait également dû retirer les boulettes végétariennes Huvudroll à cause de particules de plastique. Coop a repris le produit Aladdin Baklava à cause des mycotoxines. Il s'agit de produits métaboliques toxiques formés par des champignons.

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Salade du marché de Coop: les grains de maïs contenaient de la Listeria.image: BLV

L'analyse révèle de fortes différences

Une évaluation de CH Media de tous les rappels et avertissements accessibles au public jusqu'en 2020 démontre des différences considérables. Surtout pour les cas qui concernent les grands détaillants. Coop totalise quatre avertissements et deux rappels au cours de cette période. Migros a dû lancer quinze avertissements publics et sept rappels, soit plus de trois fois plus que Coop. Viennent ensuite Aldi, Lidl et Denner.

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Alerte à la salmonelle dans les souchets d'Alnatura.image: BLV

En Suisse, les commerçants doivent procéder à un rappel lorsqu'un produit présente un risque pour la santé et a déjà été vendu. Ils doivent, en accord avec le laboratoire cantonal, retirer les aliments des rayons. Ils doivent aussi informer les magasins concernés et le stipuler sur Internet.

Si toute la Suisse est concernée, l'Office fédéral de la sécurité alimentaire ordonne une mise en garde publique. Le retrait est la mesure la plus légère. Il a lieu lorsque des ingrédients, pour autant qu'ils ne soient pas allergènes, ont été intervertis sur une étiquette. Dans ce cas, il n'y a pas de risque pour la santé et les produits sont retirés des rayons sans information.

Champignons, pièces métalliques, sulfite

Migros a récemment dû rappeler trois produits de substitution végétaliens parce qu'ils contenaient du soja non déclaré. D'autres rappels ont été motivés par des champignons, des pièces métalliques ou des sulfites. Les contaminations à l'oxyde d'éthylène chez Migros ont fait l’objet de mises en garde publiques. Un phénomène que la Confédération a expliqué par l'augmentation récente du nombre d'annonces dans l'ensemble de la branche.

L'oxyde d'éthylène est un agent cancérigène utilisé par l'industrie pour désinfecter les aliments. Il a été découvert en 2020 dans des graines de sésame en provenance d'Inde. Depuis, les rappels sont fréquents. D'autres avertissements que Migros a dû émettre concernaient des salades prêtes à l'emploi contenant de la Listeria. Cette bactérie est surtout dangereuse pour les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes.

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Soupe de marrons et de morilles Sélection pour laquelle les noix n’ont pas été déclarées comme composant.image: BLV

Le traitement à l'oxyde d'éthylène a effectivement entraîné plus de rappels que d'habitude chez Migros. Pour le reste, les raisons sont multiples et ont chacune des causes différentes. L'entreprise fait remarquer que chez Coop, c'est le laboratoire cantonal de Bâle-Ville qui est compétent. Chez son principal concurrent, la surveillance est assurée par le laboratoire de Zurich.

L'emplacement siège social est crucial

C'est toujours le laboratoire où se trouve le siège principal d'un distributeur qui est responsable des alertes et des rappels. Mais le chimiste cantonal de Bâle travaille-t-il vraiment différemment de son collègue de Zurich? Pour le chimiste cantonal zurichois Martin Brunner, cela n'explique pas le fait que Migros ait dû rappeler nettement plus de produits.

Les dispositions sont harmonisées dans toute la Suisse, explique Brunner. En plus des analyses des commerçants, chaque canton effectue régulièrement ses propres analyses. Le plus souvent sur des produits pour lesquels les chimistes cantonaux soupçonnent des risques accrus. Mais les détectives de laboratoire se procurent des échantillons de tous les magasins, chez Migros, Coop ainsi que les autres fournisseurs.

Le moment où un rappel doit être effectué est clairement défini. Les distributeurs n'ont aucune marge de manœuvre. Sauf s'ils veulent eux-mêmes retirer un produit qui a fait l'objet de réclamations de la part de clients. Brunner souligne:

«Les différences de fréquence des rappels ne sont guère imputables aux différentes compétences des autorités cantonales»

Bien sûr, Migros est exposée avec plus de 600 supermarchés et son offre très large. Sa propre industrie produit, à elle seule, 20 000 produits différents. Cela augmente automatiquement le risque d'erreur par rapport aux concurrents dont l'assortiment est plus restreint.

Une question d'interprétation

Enfin, le nombre de rappels dépend également de la similarité des produits. Les distributeurs et les autorités décident d'intégrer différents produits similaires dans le même rappel ou la même alerte. La quantité réellement concernée par chaque réclamation ne figure pas dans les données accessibles au public. Cette information permettrait de mettre en lumière quel distributeur pose le plus de problèmes de qualité en termes de quantité.

Dans les laboratoires cantonaux, le taux de produits non conformes est constant et représente environ dix pour cent des échantillons. Cependant, le fait qu'il y ait eu beaucoup plus de cas d'oxyde d'éthylène depuis 2020 a fait réagir les autorités. Les règles d'importation ont été renforcées et les laboratoires testent également d'autres produits pour détecter la présence de cette substance.

De leur côté, les distributeurs promettent de tenir compte du nombre de rappels dans leur assurance qualité. «La sécurité est prioritaire et si un produit peut présenter un risque pour la santé, nous le rappelons», précise Migros. Nous contrôlons en permanence les processus et le respect des directives tout au long de la chaîne d'approvisionnement.

Même chose chez Coop: «Nous tenons compte en permanence des nouvelles connaissances en matière de gestion de la qualité et mettons en place les mesures qui s'imposent». Cela concerne également la problématique de l'oxyde d'éthylène, pour laquelle les nouvelles livraisons sont désormais contrôlées au préalable avant d'être autorisées. (aargauerzeitung.ch)

(Traduit de l'allemand par Julie Rotzetter)

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