Pourquoi le patron de Swatch devrait arrêter de «se plaindre»
Le directeur général de Swatch, Nick Hayek, se plaint depuis des années des effets négatifs du franc fort sur les affaires de la société familiale, accusant la Banque nationale suisse (BNS) de sacrifier l'industrie suisse. Des observateurs du secteur horloger affirment pour leur part qu'il est plus urgent pour l'entreprise biennoise de procéder à des changements en termes de stratégie, tout comme au sein de sa direction.
Les appels de Hayek à la BNS sont restés pour l'heure lettre morte. La banque centrale argumente que, même si elle faisait passer les taux d'intérêt en territoire négatif, cela n'aurait «qu'un effet symbolique à court terme».
Les revendications du patron de Swatch concernant le franc fort ne sont toutefois pas vraiment le coeur du sujet quant au futur du groupe Swatch, estiment des participants au marché. Un courtier préférant rester anonyme note par exemple:
A ses yeux, «ces annonces sur le franc fort n'ont d'autre but que de cacher les problèmes structurels du groupe».
«Des gens plus jeunes qui apportent des idées»
Responsable du secteur du luxe chez Bernstein, Luca Solca, opine également qu'«il est inutile de se plaindre de ce qu'on ne peut pas changer. Il serait mieux de s'y adapter». Il incite ainsi la société biennoise à «changer de stratégie et à gérer Swatch Group de manière plus adaptée à la réalité des marchés».
«Il faut des changements à la direction du groupe, un nouveau directeur général et de nouveaux membres au conseil d'administration, des gens plus jeunes et qui apportent des idées», lance le courtier, alors que Swatch refuse d'organiser un scrutin séparé pour l'élection du représentant des actionnaires ordinaires à son conseil d'administration, ce qu'exige l'investisseur américain Steven Wood.
L'analyste Jean-Philippe Bertschy considère que MWood «essaie d'attaquer le conseil d'administration et, indirectement la famille» Hayek. Néanmoins, lui aussi juge que «tout changement serait souhaitable».
«Du côté de la gouvernance, il y a de grandes améliorations à apporter. Il faut impérativement faire entrer des voix indépendantes et expérimentées de l'extérieur au conseil», considère-t-il. (jzs/ats)
