«Swatch n'est pas seulement sur la corde raide, elle est déjà sous l'eau»
Swatch refuse d'organiser un scrutin séparé pour l'élection du représentant des actionnaires ordinaires à son conseil d'administration, ce qu'exige l'investisseur américain Steven Wood. Mais en se positionnant ainsi, le groupe évolue sur «un terrain juridique glissant», estime un professeur de droit des affaires.
«Une assemblée extraordinaire est nécessaire pour nommer le représentant des actionnaires ordinaires», explique Peter V. Kunz, professeur de droit des affaires à l'Université de Berne, contacté par l'agence de presse AWP. La société d'investissement américaine Greenwood Investors, dirigée par Steven Wood, a ainsi effectué une demande d'inscription en ce sens à l'ordre du jour.
L'expert dit ne pas comprendre pas pour quelles raisons l'horloger biennois n'a pas encore donné suite à cette demande puisqu'en agissant ainsi, l'entreprise enfreint le Code suisse des obligations.
Cela ne signifie toutefois pas que l'investisseur Steven Wood serait élu s'il était nommé. «Lors de l'assemblée générale, tous les actionnaires, y compris les actionnaires nominatifs et donc la famille Hayek, ont la possibilité de rejeter la proposition d'élection», souligne le professeur. Et avec la majorité des voix provenant des Hayek, un «non» est donc probable.
Selon Peter V. Kunz, «Swatch n'ayant pas bonne réputation en matière de gouvernance d'entreprise», le groupe devrait néanmoins réviser en profondeur ses statuts et être plus à l'écoute de ses actionnaires. «Car Swatch est une société anonyme et non une PME familiale», relève le spécialiste. (jah/ats)
