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VAUD «Le casse du siècle»: la gauche attaque l'initiative des 12%

«Le casse du siècle»: dans le canton de Vaud, la gauche torpille l'initiative des 12%
Le conseiller national et vice-président du Parti socialiste vaudois, Benoît Gaillard, mène la contre-offensive.Image: watson

Le «casse du siècle» serait en préparation dans le canton de Vaud

La guerre des 12% est déclarée dans le canton de Vaud. Face à des initiants qui promettent une baisse d'impôts, le comité unitaire du «Non» sort les punchlines et veut imposer un autre récit: celui d'un cadeau fiscal aux plus riches financé au détriment des prestations publiques.
01.07.2026, 16:5401.07.2026, 18:50

Près de 300 millions de francs. C'est le montant autour duquel se jouera l'une des principales batailles politiques de la rentrée vaudoise.

Le 27 septembre, les électrices et électeurs se prononceront sur l'initiative «Baisse d'impôts pour tous: redonner du pouvoir d'achat à la classe moyenne». Déposé en avril 2023 par la Chambre vaudoise immobilière (CVI), la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) et la Fédération patronale vaudoise (FPV), le texte prévoit une baisse de 12% de l'impôt cantonal sur le revenu et sur la fortune.

Son coût? 272 millions de francs selon le Conseil d’Etat. Près de 300 millions, rétorque le comité unitaire «Non à l'initiative des 12%», qui réunissait, mercredi, à la Maison du peuple, à Lausanne, partis de gauche (PS, Vert-e-s, POP et EAG), syndicats et associations.

Le comité du «Non» composé de la gauche, des syndicats et d'associations de défense des services publics, s'est réuni ce mercredi à Lausanne.
Le comité du «Non» composé de la gauche, des syndicats et d'associations de défense des services publics, s'est réuni ce mercredi à Lausanne.Louis mathieu

La semaine dernière, le PLR avait été le premier à décocher ses flèches. Réuni en congrès à Begnins, le parti s’était largement prononcé en faveur de l’initiative malgré l’opposition du Conseil d’Etat. Ou presque. Si l’exécutif recommandait et recommande toujours de rejeter le texte, la conseillère d’Etat Isabelle Moret s’est distinguée en quittant la salle au moment des débats, laissant ses deux collègues de parti, Christelle Luisier et Frédéric Borloz, défendre la position gouvernementale.

Le récit du «casse du siècle»

Face à la presse, le conseiller national et vice-président du Parti socialiste vaudois, Benoît Gaillard, mène la contre-offensive. Le texte des initiants? «Une arnaque», un «écran de fumée» et même le «casse du siècle». Peu avare en punchlines, il assène:

«Derrière le slogan trompeur d'une baisse d'impôts pour toutes et tous, cette initiative est une opération à large échelle de redistribution démentielle de l'argent pour les plus aisés»
Benoît Gaillard, conseiller national (PS/VD)

L’objectif est clair pour les opposants: déplacer le débat de la promesse de baisse d'impôts pour le recentrer sur ses bénéficiaires. Les chiffres avancés par le comité se veulent éloquents. Sur les 100 millions de francs de baisse de l'impôt sur la fortune, 85% iraient aux 10% des contribuables les plus fortunés, tandis que 70% des Vaudoises et Vaudois «n'en verraient tout simplement pas la couleur».

Des 12%, Benoît Gaillard n'en veut pas

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Le conseiller national socialiste vaudois a dégainé les punchlines pour torpiller le texte des initiants.Image: KEYSTONE

Pour l'impôt sur le revenu, le comité du «Non» rappelle que le Grand Conseil a déjà voté une baisse de 7%. Selon eux, sur les 5% restants soumis au vote, près des trois quarts de l'allègement profiteraient au quart des contribuables les mieux rémunérés. «Plus on gagne, plus on possède, plus on reçoit», résume le député vert Kilian Duggan.

«On va couper où? Il est où, le gras?»

L'autre axe de la campagne consiste à mettre en lumière les conséquences de cette baisse fiscale. «On va couper où? Il est où, le gras?», interroge la présidente du PS vaudois, Oriane Sarrasin. Elle dénonce une initiative «populiste» qui ne serait «qu'une succession de slogans» et reproche aux initiants de ne jamais préciser quelles prestations publiques ils seraient prêts à sacrifier.

Même tonalité du côté de la députée de la gauche radicale Céline Misiego. Elle rappelle que le budget cantonal 2025 prévoit déjà un déficit de 156 millions de francs. Celle qui est aussi secrétaire générale de la Fédération des Sociétés de fonctionnaires vaudois (FSF) avertit:

«Cette initiative grave l'austérité dans le marbre»
Céline Misiego, députée POP

Les premières victimes seraient, selon elle, les écoles, la santé et, plus largement, les services publics.

Les hostilités sont lancées

Présents aussi à la conférence de presse, les syndicats préfèrent parler en francs plutôt qu'en pourcentages. Ils prennent l'exemple d'un contribuable gagnant 450 000 francs par an, qui économiserait 5100 francs d'impôts. Une famille avec deux enfants? Environ 260 francs. «Beaucoup pour celles et ceux qui ont déjà le plus, presque rien pour les classes moyennes et populaires», résument-ils.

Les hostilités sont désormais lancées, juste avant la trêve estivale. D'ici au 27 septembre, les initiants tenteront de convaincre que le canton de Vaud prélève trop d'impôts. Le comité du «Non» entend marteler qu'une baisse de cette ampleur se paiera par une diminution des services publics. Entre promesse de pouvoir d'achat et défense des prestations de l'Etat, les deux camps ont choisi leur terrain de bataille.

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source: sda / andre penner
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