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La célèbre créatrice d'<em>Harry Potter</em>, une féministe... jugée transphobe.
La célèbre créatrice d'Harry Potter, une féministe... jugée transphobe.Image: Keystone / Montage watson
Absurdie

J. K. Rowling, la nouvelle Mila

J. K. Rowling, la créatrice d'Harry Potter, a déclaré craindre pour sa vie avec toutes les menaces qu'elle reçoit. Son péché? Soutenir publiquement qu'un homme et une femme, ce n'est pas pareil. Absurdie, nous revoilà.
23.11.2021, 18:5323.11.2021, 20:38
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Lénine, relève-toi, ils sont devenus fous. «Ils»? Les woke radicaux, gardiens de la cancel culture et autres corbeaux noirs du combat anti-raciste et LGBTQIA+ (il paraît qu'il faudrait encore ajouter des chiffres et des lettres, c'est l'effet France 3). Ceux-là se définissent par la traque du moindre propos «inadéquat», puis par une campagne d'intimidation à l'égard de la personne qui l'a tenu. Cette intimidation peut aller de l'appel à la censure, à l'appel au meurtre. Et quand on est artiste, la censure est déjà une forme de meurtre.

Dernière victime de cette tendance importante de notre époque (quoi qu'en disent ceux qui, d'un revers de main, considèrent ce trend comme une obsession de réacs, voire une invention, tout comme l'islamo-gauchisme)? La Britannique J. K. Rowling, auteure de la saga au succès planétaire Harry Potter.

Résumons: la romancière a déclaré publiquement à plusieurs occasions (comme ici, ou ) que, selon elle, une femme n'est pas un homme et qu'un certain combat trans revendicatif peut porter atteinte au combat féministe plus traditionnel – en niant l'existence des sexes biologiques, on nierait la réalité de ce que vivent les femmes. Pour ses détracteurs numériques, qui invitent le monde entier à la bannir de leur(s) considération(s), c'est de la transphobie.

«Vendredi dernier, l'adresse de ma famille a été publiée sur Twitter par trois acteurs militants qui se sont photographiés devant notre maison, se plaçant soigneusement pour que notre adresse soit visible»
J. K. Rowlingtwitter

Au-delà de ce qui se présente comme une atteinte manifeste à sa vie privée et à sa sécurité, notons, grâce au magazine français Marianne, que J. K. Rowling, du fait de ses prises de position sur la société, ne fait apparemment pas partie de la liste des invités de l'émission spéciale qui célébrera les 20 ans d'Harry Potter le 1er janvier prochain.

Nous vivons un drôle de tournant sérieux de l'histoire

Précisons tout de même que J. K. Rowling n'est pas exactement un suppôt de Satan. Elle a expliqué dans des interviews qu’elle n’avait jamais donné de couleur de peau aux personnages de ses livres et que ses héros pouvaient donc être interprétés par des acteurs noirs, blancs ou jaunes sans distinction. Les Mangemorts, armée de Voldemort, sont une référence aux SS de Hitler. Il est tout le long question de discrimination dans Harry Potter puisqu’il y a sans cesse des histoires entre les sorciers «purs» et les «sangs de bourbe» (les mixtes).

Voilà donc qu'une femme attachée à la démocratie, bêtement humaniste et féministe, qui a porté des valeurs de respect et d'universalité dans son œuvre, se retrouve la cible de groupes hyper-identitaires, hyper-communautaires et hyper-sectaires lui reprochant de verser dans l'intolérance et lui souhaitant une mort sociale, voire pire. Bien qu’elle ait la grande chance de ne pas avoir 20 ans et d’avoir le cuir solide, J. K. Rowling est devenue une sorte de nouvelle Mila (jeune Française qui a critiqué Mahomet et doit vivre désormais cloîtrée pour échapper à ses harceleurs). Et ce phénomène ne va pas en s'atténuant.

Une ironie bien absurde de l'histoire, non, cette fermeture absolue d'un camp auto-proclamé «ouvert»? L'absurdité, avant d'être potentiellement comique, est grave. Comme tout prétexte à faire de l'humour. Elle exprime les dysfonctionnements du temps, les bugs du réseau «social», les paradoxes ambulants. Et ça ne reste pas au niveau abstrait. L'irrationalité n'ayant aucune limite quand elle est engagée, on en arrive à des situations où un être humain peut être mis en danger du jour au lendemain. Et où tout ce qu'il a dit et fait de bien ne compte plus que pour des cacahuètes.

Il y en a marre. Je n'ai plus envie d'être le témoin de ce genre de sujets qui pourtant alimentent ma chronique. Pourquoi, une bonne fois pour toutes, ne pas tous nous réunir face à l'intolérance, la vraie, qu'elle concerne les blondes, les trans (dont il ne s’agit pas ici de minimiser la souffrance, qui est réelle), les extrémistes du centre, les joueurs de pétanque, les chrétiens ou les Juifs, gay ou bi, moustachus ou gentils, tout en acceptant la diversité des points de vue, tant qu'ils ne violent pas la loi? Allez, encore un effort, il n'est pas (encore) trop tard.

Tiens, en parlant de J. K. Rowling:

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À quoi ressemble le casting de Harry Potter, 20 ans après?
source: keystone
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