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UFC à la Maison-Blanche: Trump a marié des vétérans et des bruts

WASHINGTON, DC - JUNE 14: Sean O'Malley shakes hands with President Donald J. Trump after a victory in a bantamweight fight against Aiemann Zahabi of Canada during the UFC Freedom 250 event on th ...
Dana White (patron de l’UFC et organisateur de la soirée de MMA à la Maison-Blanche, Donald Trump et le combattant Sean O'Malley, cette nuit, à Washington. Image: Zuffa LLC
Analyse

Trump a marié des vétérans et des bruts en shorts moulants

On ne saura jamais vraiment ce qui a été célébré à la Maison-Blanche, cette nuit. Les 250 ans des Etats-Unis? Les 80 ans de Donald Trump? La fin de la guerre au Moyen-Orient? Une prestigieuse soirée de MMA? Du business facile? Dans une arène à son image, nous avons vu un Jules César en costard tenter de sauver son image de mâle et de satisfaire une base MAGA en crise. Récit.
15.06.2026, 07:0815.06.2026, 07:51

Il rêvait peut-être de Rome antique, il a eu droit à un ring en toc. Une structure métallique très à l’étroit dans le President’s Park, face à une Maison-Blanche qui se demandera encore longtemps ce qui lui est passé sur la gueule. Cette nuit, Donald Trump, 80 ans, a reçu la fête d’anniversaire qu’il désirait tant. Grandiloquente, fanfaronne, controversée, bariolée, fourre-tout et échafaudée à son unique gloire.

Des stars de MMA, déguisées en gladiateurs MAGA, se sont battues sous les yeux d’un étrange Jules César en costard qui venait d’annoncer la fin de la guerre au Moyen-Orient et une signature de traité en Suisse. Que vient-on faire là-dedans, se demande-t-on, alors qu’on assiste, presque amusés, au KO de Steve Garcia sous l’avalanche de poings de Diego Lopes.

Comme toujours avec Trump, l’UFC Freedom 250 avait pour mission de satisfaire sa meute, anesthésier le peuple américain et agacer ses ennemis. Et, quelque part, tout n’a pas manqué sa cible.

À commencer par les fans d’arts martiaux libres, pour qui la carte du soir était naïvement prestigieuse. Dans la fan-zone montée à l’extérieur de la Maison-Blanche, des milliers de supporters à la testostérone en pagaille.

Ces jeunes hommes, dont certains ont permis à Trump de remporter l’élection présidentielle de 2024, sont venus à Washington pour soutenir Alex Pereira, le Français Ciryl Gane ou encore Josh Hokit. Et qu’importe, apparemment, si ce dernier ne trouvera rien de mieux à hurler au milieu de l’octogone, après sa victoire, que «Michelle Obama est un homme».

Parmi les VIP, on a retrouvé les pique-assiettes habituels, Mark Zuckerberg en tête. De son côté, le boxeur britannique Tyson Fury a montré sa frimousse coiffée d’une casquette «Donald Trump for Prime Minister», avant d’annoncer qu’il est là pour sceller une affaire avec Dana White, patron de l’UFC et organisateur de la sauterie. Des proches, des partenaires, des lèche-bottes du président. Tous ont quelque chose à gagner ce soir. Surtout en dehors de la cage, même si les combattants repartiront avec des cryptos de l’empire Trump.

Un mélange des genres et des soupçons de deals entre amis qui font hurler plus loin que le parti démocrate. Un exemple? Tout à côté du président, au premier rang, un certain Ali Emanuel, CEO de TKO Group Holdings, qui possède l’UFC et la ligue de catch WWE, dont Donald Trump possède des actions. Peu avant les festivités, l’annonce d’un traité de paix avec l’Iran a fait chuter le prix du baril et secoué les marchés asiatiques.
Devant la Maison-Blanche, une apparente allégresse, comme s’il fallait ignorer toute coïncidence.

Sur son siège, le président est une énième fois surpris en train de s’assoupir, dérangé toutes les demi-heures par des combattants MAGA venus prêter allégeance. Sa famille est tirée à quatre épingles. Même la météo, qui annonçait de gros orages et de méchants moustiques, n’a pas perturbé la fête. La poudre a atteint les yeux et ceux qui devaient l’être ont été doucement hypnotisés.

Une soirée proprement indescriptible, animée par des bruts en shorts moulants qui, avant de se taper sur la gueule, ont dû déambuler avec des vétérans de l’armée américaine pour rappeler à la population que les États-Unis fêtent aussi leurs 250 ans. À peine trois fois plus que Donald Trump, après tout. C’est peut-être d’ailleurs pour cette raison qu’on ose afficher des héros de la guerre en chaise roulante, le visage à 20cm des testicules des combattants de MMA.

Si le président n’est plus tout jeune, il impose à l’Amérique une crise d’adolescence dont on ignore encore si elle s’en relèvera en 2028. Car tout le monde ne goûte pas cette débauche d’artifices. Sa base MAGA s’effrite, l’inflation galope et les Américains commencent à gueuler très fort. Un sondage réalisé la semaine dernière montrait que seuls 16% d’entre eux trouvaient judicieux d’organiser des combats de MMA à la Maison-Blanche.

«En organisant des événements sportifs, notre gouvernement bafoue son rôle au sein de la société. Le gouvernement est censé nous protéger, pas nous divertir»
Bryce Mitchell, combattant américain de MMA, en marge de l’FC Freedom 250.

Et on rappelle qu’ils sont bientôt 70% à juger Donald Trump «trop vieux pour régner», selon CNN ce dimanche. Cette nuit, il a donc tenté de compenser, de maquiller, de paraître. Pas sûr que ça suffise à offrir au Macho Man les reins suffisamment solides lors des Midterms.

Mais, d’ici là, on bombe le torse.

Il est passé six heures du matin, heure suisse, quand le Français Ciryl Gane assomme Alex Pereira devant la Maison-Blanche, sous les applaudissements du public. Ce lundi matin, alors que la fête n’est pas encore terminée, le Jules César de Mar-a-Lago ne va sans doute pas résister à s’afficher dans l’octogone pour y lever le pouce et expliquer à quel point l’Amérique avait autant besoin que lui d’une cage de MMA pour fêter son anniversaire.

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