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Accusé de plagiat, un ex-prof de Cambridge a été retrouvé mort

Torchbearer Jason Arday carries the Olympic Flame on the Torch Relay leg between Sutton and Merton, in London, July 23, 2012. (Joe Giddens/LOCOG/PA via AP)
Britain Cambridge Professor
Jason Arday en 2012, lors des Jeux olympiques de Londres.Keystone

Accusé de plagiat, un ex-professeur de Cambridge a été retrouvé mort

L’ancien professeur de l’université de Cambridge Jason Arday, 41 ans, a été retrouvé mort vendredi à Londres, quelques jours après avoir démissionné sur fond d’accusations de plagiat.
15.08.2026, 08:3815.08.2026, 15:08

L'ancien professeur noir de l'université de Cambridge Jason Arday, au coeur d'un retentissant scandale de plagiat marqué par des accusations de racisme, a été retrouvé mort vendredi, sa famille dénonçant une «campagne de harcèlement» à son égard.

Face aux doutes qui s'accumulaient sur ses travaux mais aussi sur ses affirmations concernant son parcours jusque-là considéré modèle, ce Britannique de 41 ans avait démissionné le 5 août de la prestigieuse université britannique, dont il était devenu en 2023 le plus jeune professeur noir.

Très médiatisée, la nomination de cet enseignant charismatique aux origines modestes avait tourné ces dernières semaines en une affaire de plus en plus embarrassante pour la réputation de l'institution et était devenue un symbole pour la presse de droite et une partie du monde universitaire des errements provoqués par les politiques de diversité.

«Jason a été la cible d'une campagne de harcèlement continu pendant plus de trois ans après avoir accepté son poste de professeur.»
La famille de Jason

«Cette campagne de désinformation a été insupportable pour Jason, qui était un homme doux et qui a toujours voulu voir le meilleur en chacun», a-t-elle ajouté.

La police de Londres avait auparavant indiqué que ses agents avaient constaté la mort d'un homme de 41 ans, dont l'identité n'était pas précisée, dans un bâtiment du quartier de Battersea.

Le scandale a éclaté lorsque certains universitaires et des articles de presse ont accusé Jason Arday d'avoir plagié des passages de sa thèse de doctorat.

Ces accusations ont été initialement formulées par un chercheur américain, Nathan Cofnas, lui-même renvoyé de Cambridge en 2024 après avoir été accusé de racisme.

Les allégations ont été exploitées par les journaux britanniques de droite et certains commentateurs, qui affirment qu'il a indûment tiré profit des politiques de diversité, d'égalité et d'inclusion.

«Erreurs»

Après avoir défendu son professeur et dénoncé une «ignoble campagne» le visant, Cambridge avait fini par ouvrir une enquête début août.

Jason Arday avait alors démissionné de ses postes de professeur de sociologie de l'éducation et de membre du Jesus College, une faculté de l'université.

Dans une lettre diffusée en ligne, il avait expliqué que c'était «la seule façon» de mettre fin à une «période difficile», tout en assurant que cette décision ne devait pas être «interprétée à tort comme une acceptation des récits qui ont circulé à mon sujet».

Plusieurs journaux ont publié des enquêtes sur Jason Arday. Outre ses travaux, certaines de ses affirmations concernant son parcours ont été contestées, notamment qu'il aurait couru 30 marathons en 35 jours et collecté des millions de livres sterling pour des oeuvres caritatives ou encore les difficultés surmontées dans son enfance.

Jason Arday raconte dans ses mémoires que, diagnostiqué autiste enfant et atteint d'un retard global du développement, il n'a parlé qu'à 11 ans et appris à lire et écrire qu'à 18 ans.

Dans un entretien accordé au Times en août, il reconnaissait avoir commis des «erreurs» sur le plan académique mais assurait qu'on le présentait à tort comme «un menteur, un mythomane et un fraudeur universitaire». Il estimait estimé que la «campagne» visant à l'évincer était «motivée par des considérations raciales».

«Aberration»

Le cas Arday a divisé à Cambridge et plus généralement dans le monde universitaire. L'administratrice en chef de l'université, la vice-chancelière Deborah Prentice, s'est dite «profondément attristée» par la mort de son ancien professeur, dans un communiqué.

Elle avait qualifié jeudi d'«aberration» le cas de cet enseignant, promettant une enquête «indépendante» sur cette affaire qui entache la réputation de l'une des plus prestigieuses universités du monde, tout en insistant sur le fait qu'il ne devrait pas être utilisé «pour jeter le discrédit» sur d'autres universitaires issus de minorités ethniques.

«Jason Arday a été victime d'une campagne de dénigrement pernicieuse que d'autres dans sa situation n'auraient pas subie», a dénoncé vendredi soir le maire de Londres Sadiq Khan, voyant dans sa mort «une tragédie» mais aussi «un signal d'alarme pour nous tous». (dal/ats/afp)

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