Depuis son investiture en décembre 2023, Javier Milei mène un drastique programme d'austérité, avec objectif d'un «déficit budgétaire zéro», fermant des organismes d'Etat, gelant les chantiers publics, tarissant les subventions, serrant les financements aux provinces, entre autres. Et il n'est pas prêt de ranger de sa tronçonneuse.
La «tronçonneuse» est un symbole visuel clef du candidat Milei lors de sa campagne présidentielle victorieuse de 2023, engin qu'il brandissait volontiers lors de réunions de campagne, son arme contre «l'Etat-ennemi».
Le ministre de la dérégulation et transformation de l'Etat, Federico Sturzenegger, a souligné récemment que le gouvernement avait supprimé à la fin octobre 33 291 emplois publics, dont plus de 20 000 dans l'administration centrale et 11 000 dans des entreprises publiques.
Avec cette thérapie de choc, le gouvernement se félicite d'un retour à des excédents budgétaires mensuels consécutifs depuis le début 2024, sans précédent en Argentine depuis 16 ans. Et d'une inflation en décélération autour de 3% à 4% mensuels, contre 17% en moyenne sur l'année 2023.
L'économie est cependant engluée dans la récession. Le PIB devrait se contracter de 3,5% à la fin 2024, selon le FMI, lequel prédit toutefois une forte reprise en 2025, à +5%. La pauvreté touchait plus de 52% de la population au premier semestre, selon les chiffres officiels, soit un bond de 11 points de pourcentage en six mois. (mbr/ats)