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Tempête de sable et pollution, scènes d'apocalypse à Pékin

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La vue de la fenêtre des habitations était inhabituelle, ce matin, à Pékin. watson

La capitale chinoise suffoque. Avec un mélange de sable et de particule fine, les Pékinois se sont réveillés dans un épais brouillard jaunâtre. Le pire depuis dix ans.



Le sable et la pollution se sont emparés de la capitale de Chine. La qualité de l’air est jugée «dangereuse». Le niveau de particules en suspension PM10, soit de moins de 10 microns – un cheveu en fait 70 – atteignait près de vingt fois le taux recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). C'est le pire événement du genre depuis dix ans.

La municipalité a suspendu toutes les activités sportives en extérieur dans les établissements scolaires et a conseillé aux personnes souffrant de problèmes respiratoires de ne pas sortir de chez elles. La tête bien emmitouflée, la plupart des habitants se sont, toutefois, rendus à leur travail, mais certains se protégeaient derrière des lunettes de protection.

«On se croirait dans un film d'apocalypse»

Mia, pékinoise de 32 ans

Mia, pékinoise de 32 ans, qui habite dans le quartier de Chaoyang explique: «On n'a pas le choix d'aller travailler, alors on se protège. L'avantage c'est que le masque est devenu une habitude, on ne s'en rend plus compte», plaisante-t-elle. Il est vrai que les habitants de Pékin on l'habitude de ces périodes de grosse pollution, surtout en hiver. Alors «le masque, on le portait bien avant le coronavirus».

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Or, cette fois-ci, les particules de sables qui viennent tout droit du désert de Gobi (à cheval entre la Mongolie et la Chine), viennent s'ajouter à la pollution et rendent l'air très nocif et dangereux. En plus des particules fines PM10, le niveau des PM2,5 (moins de 2,5 microns), encore plus nocives, était de 567, un niveau rarement atteint ces dernières années à Pékin.

30,8 millions d’adultes morts prématurément depuis 2000

«Les bâtiments sont à peine visibles, la visibilité est si minime qu'il est impossible de conduire. Tout disparais derrière un rideau de brouillard» témoigne t-elle.

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Les épisodes de pollution extrême se sont raréfiés, ces dernières années, dans la capitale chinoise, le combat contre la pollution étant devenu un enjeu majeur pour le pays.
La pollution de l’air en Chine et à Taïwan aurait provoqué la mort prématurée de 30,8 millions d’adultes depuis 2000. C’est la conclusion d’une étude parue dans Proceedings of the national academy of sciences (Pnas).

«J'ai le souvenir de longs hivers froids et pollués quand j’étais jeune, surtout dans le nord du pays où se trouve la plupart des usines.», Yu, ingénieur de 48 ans, se souvient des années 90, à Pékin, à une époque où l'industrie chinoise cherchait à se developper au maximum et battait son plein. «Les épais brouillards de pollution étaient quasiment tous les jours en hiver, et on ne nous disait pas de rester chez nous. Il fallait travailler, et on ne pouvait rien dire». La conscience de la dangerosité de la pollution en était à ses balbutiements à cette époque.

«Atteindre la neutralité carbone d'ici 2060»

Xi Jinping devant les Nations Unies.

Mais la Chine change, très vite. En septembre dernier, devant l'assemblée générale des Nations Unies, le président chinois Xi Jinping s'est posé en héros de la lutte contre la pollution. «Nous allons commencer à faire baisser les émissions de CO2 en 2030 et atteindre la neutralité carbone d'ici 2060». «Mais tant que les centrales à charbon continueront de fournir plus de la moitié de l'électricité du pays, ça risque d’être un véritable challenge pour que l'objectif puisse être atteint». Yu a raison, mais les chinois n'ont pas fini de nous surprendre…

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