International
Biélorussie

Les Polonais veulent pouvoir tirer sur les migrants

Les Polonais veulent pouvoir tirer sur les migrants
Image: watson

Les Polonais veulent pouvoir tirer sur les migrants à la frontière

La situation à la frontière avec la Biélorussie ne cesse de s'aggraver. Le gouvernement polonais veut désormais accorder beaucoup plus de liberté aux forces de sécurité.
01.08.2024, 06:5901.08.2024, 09:15
Camilla Kohrs / t-online
Plus de «International»

Le Parlement polonais a adopté une loi permettant aux services de sécurité d'utiliser la force, y compris les armes à feu, dans certaines situations à la frontière. Ainsi, la responsabilité pénale sera supprimée si les agents de sécurité à la frontière agissent en état de légitime défense ou s'ils repoussent des «attaques à la frontière». La loi doit maintenant être soumise au Sénat, puis au président Andrzej Duda, avant d'avoir force de loi.

Un article de
t-online

Au Parlement, une majorité écrasante de 401 députés a voté pour, 17 contre. Le projet bénéficie également du soutien de la population polonaise. Un sondage publié par le journal Rzeczpospolita a révélé que près de 86% des personnes interrogées sont d'avis que les soldats peuvent utiliser des armes pour repousser les migrants violents.

De grands doutes sur la constitutionnalité

Le médiateur polonais pour les droits de l'homme, Marcin Wiącek, a déjà fait remarquer qu'il doutait fortement que la loi soit compatible avec la Constitution et a critiqué le fait que les conditions de l'exemption de peine soient définies de manière très vague.

«La chose la plus importante dans l'Etat est la garantie légale que personne ne sera privé de sa vie dans une situation autre que la nécessité absolue»
Marcin Wiącek, médiateur polonais pour les droits de l'homme, dans le journal Gazeta Prawna.

Michael O'Flaherty, commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, dont fait partie la Cour européenne des droits de l'homme, a également averti la Pologne que cette loi, ainsi que d'autres mesures à la frontière, violaient le droit international. Il y a suffisamment de preuves que des personnes ont été expulsées alors qu'elles avaient demandé l'asile en Pologne.

La situation à la frontière est un thème central de la politique intérieure polonaise. Depuis 2021, de plus en plus de migrants en provenance de pays comme la Syrie et l'Irak entrent dans l'UE par la frontière, après avoir transité par la Biélorussie ou la Russie. La Pologne et l'UE accusent Poutine et Orban d'orchestrer ce mouvement migratoire.

En réaction, la Pologne a érigé une clôture sur une grande partie de la frontière, mais cela n'a pas empêché la migration de se poursuivre. La Pologne considère les entrées illégales comme un instrument de la guerre hybride menée par la Russie et la Biélorussie contre l'UE.

Un soldat de 21 ans poignardé à la frontière

L'armée et les gardes-frontières font par ailleurs régulièrement état d'une escalade de la violence à la frontière avec la Biélorussie. En mai, un soldat polonais de 21 ans avait été tué. Un migrant l'aurait poignardé à travers la clôture frontalière avec un couteau fixé à un bâton avec du ruban adhésif. L'incident a provoqué un tollé en Pologne.

Peu après, un procureur a dû quitter son poste après que son administration a fait arrêter quatre soldats. Ils avaient tiré plusieurs coups de semonce alors qu'un groupe de migrants tentait de franchir la clôture frontalière - d'abord en l'air, puis au sol. Leur arrestation a déclenché une vague d'indignation en Pologne.

Le ministre de l'Intérieur Tomasz Siemoniak a assuré que la loi envoyait désormais «un signal clair de soutien aux personnes en uniforme qui luttent à la frontière». De son côté, le ministre de la Défense Wladyslaw Kosiniak-Kamysz a déclaré que les migrants n'étaient pas des demandeurs d'asile, mais des «hordes de bandits qui tentent d'attaquer les soldats polonais».

Cette rhétorique donne une image déformée, a critiqué Natalia Ciaston de l'organisation non gouvernementale We are Monitoring:

«La représentation selon laquelle il s'agit de dangereux criminels se base probablement sur quelques cas isolés, comme l'agression d'un soldat, qui devrait bien sûr être condamnée, mais ne doit pas être projetée sur tous les autres»

Les groupes de défense des droits de l'homme en Pologne avaient espéré que le gouvernement du premier ministre Donald Tusk abandonnerait la ligne dure du gouvernement nationaliste précédent. Marcin Wolny, de la Fondation d'Helsinki pour les droits de l'homme, a expliqué à l'agence de presse Reuters: «Je pense que le gouvernement a suivi les traces de ses prédécesseurs parce que c'était confortable».

(Traduit et adapté par Chiara Lecca)

Se battre en armure dans l'octogone? Voici le Armored MMA
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Cette légende de la boxe se bat pour l'Ukraine sur le ring et le front
Oleksandr Usyk, légende ukrainienne de la boxe, puise sa force dans l’amour de son pays. Engagé, il prolonge sa carrière pour soutenir son peuple dans sa lutte contre la Russie.

Pour continuer à soutenir financièrement son pays meurtri par la guerre contre la Russie, la légende ukrainienne de la boxe, Oleksandr Usyk, se dit prêt à combattre «un peu plus longtemps» et redevenir le champion du monde incontesté des poids lourds.

L’article