Pays nordiques et Canada renforcent leur coopération dans l’Arctique
Les cinq pays nordiques et le Canada sont convenus dimanche à Oslo de renforcer leur coopération dans l'Arctique, une région stratégique rattrapée par les tensions internationales et désormais exposée aux velléités de la Russie et des Etats-Unis.
Réunis dans la capitale norvégienne, les chefs de gouvernement norvégien, suédois, danois, finlandais, islandais et leur homologue canadien ont, dans un communiqué conjoint, réaffirmé leur attachement à la coopération et au droit international «à une époque marquée par des tensions géopolitiques accrues, la guerre et une multitude de crises».
«Avec tout ce qui se passe actuellement – la guerre en Ukraine, les Etats-Unis qui, malheureusement, lèvent des sanctions contre la Russie, et une guerre au Moyen-Orient – des pays comme les nôtres doivent rester unis», a déclaré la première ministre danoise Mette Frederiksen lors d'une conférence de presse.
Tous membres de l'Otan, les six Etats ont affiché leur détermination à renforcer leurs liens en matière de défense, de commerce, d'énergie bas carbone, de technologies ou encore d'accès aux ressources minérales.
Ils ont également réaffirmé leur engagement à soutenir l'Ukraine dans son combat contre l'invasion russe.
La région a longtemps été préservée par l'«exceptionnalisme arctique», idée selon laquelle elle fonctionne avec des règles de coopération particulières à l'écart des rivalités stratégiques.
Les tensions y sont toutefois grandissantes entre Russes et Occidentaux depuis le début de la guerre en Ukraine, mais aussi du fait des visées du président américain Donald Trump sur le Groenland.
Exercice de l'Otan
Cette réunion survient au moment où quelque 32 000 soldats de 14 pays de l'Otan, y compris des Etats-Unis, s'entraînent au combat par grand froid dans le cadre de l'exercice Cold Response en Norvège et en Finlande.
Se réchauffant trois à quatre fois plus vite que la planète, l'Arctique attire des convoitises grandissantes, la fonte des glaces marines permettant un accès accru aux ressources (hydrocarbures, minéraux, poisson) et l'ouverture de nouvelles voies maritimes.
Les dirigeants nordiques et canadiens ont jugé que la Russie constituait la principale menace planant sur l'Arctique à leurs yeux.
«A plus long terme, on peut aussi voir la Chine», a précisé le Norvégien Jonas Gahr Støre.
En février, l'Otan a lancé la mission Arctic Sentry pour muscler la sécurité dans cette région, une initiative visant à apaiser Donald Trump qui convoite le Groenland, territoire autonome danois, officiellement pour des raisons de sécurité nationale. (tib/ats)
