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Catastrophe naturelle

Au Venezuela, ils fouillent les ruines du séisme pour survivre

Avec ceux qui fouillent les décombres pour survivre au Venezuela

Deux semaines après le double séisme qui a fait plus de 3500 morts, des habitants de La Guaira cherchent du métal et des objets de valeur dans les ruines.
09.07.2026, 09:2309.07.2026, 09:23
Brian contreras, Venezuela / afp
Deux semaines après le double séisme qui a fait plus de 3'500 morts, des habitants de La Guaira cherchent du métal et des objets de valeur dans les ruines. Un travail de survie qui ravive le trau ...
Un travail de survie qui ravive le traumatisme de la catastrophe.Image: Shutterstock/montage watson

Au milieu des décombres gisent un carnet de notes scolaire, des dessins coloriés, des vêtements déchirés, des jouets... Ces fragments de vies brisées témoignent de la violence du double séisme qui a frappé le Nord du Venezuela le 24 juin, faisant plus de 3500 morts.

Les restes des plus de 180 immeubles effondrés dans l'Etat de La Guaira, la zone la plus ravagée par les tremblements de terre, sont déversés sur plus d'un kilomètre le long d'une mince bande de terre entre la route et la côte. Une vingtaine de personnes dans le besoin sont à l'œuvre, fouillant les débris à la recherche d'objets de valeur et de métaux recyclables. «Pourquoi devons-nous être là à chercher parmi les décombres, à manger sur le dos des morts»?, s'interroge un des ferrailleurs, qui a requis l'anonymat par peur de représailles du gouvernement.

A man stands next to a Venezuelan flag as a backhoe loader removes debris in Caraballeda, La Guaira state, Venezuela, on July 7, 2026, following earthquakes that struck the region. The death toll from ...
Une pelleteuse évacue des débris à Caraballeda, dans l'Etat de La Guaira, au Venezuela, le 7 juillet.Image: AFP

Vêtu de vêtements couverts de poussière, de gants en toile grossière et d'un bonnet pour se protéger du fort soleil de l'après-midi à La Guaira, il se prépare à séparer à la pelle des morceaux de parpaings et de béton dans une montagne de gravats. Et il s'indigne:

«Où est le gouvernement?!»

«On ne vole rien»

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Un immeuble du complexe résidentiel de Belo Horizonte, en état d'effondrement, à Catia La Mar, au Venezuela, le 6 juillet 2026.Image: EPA EFE

Outre les morts, la tragédie a aussi plongé des milliers d'habitants dans la précarité, certains se retrouvant sans emploi, sans revenus et sans domicile. L'impact économique est énorme: les dégâts sont estimés à quelque 37 milliards de dollars, selon le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes.

Aucune activité économique ou presque ne subsiste dans la ville de La Guaira et, près de deux semaines après les séismes, nécessité fait loi. Il faut trouver de quoi manger.

«Qu'est-ce qui arrive aux gens qualifiés? Ils se retrouvent sans travail, alors on sort dans la rue parce qu'on a des gamins à nourrir»
Un mécanicien désormais au chômage

Au volant d'un vieux 4x4, il s'est dirigé avec ses deux fils vers la zone des décombres à la recherche de cuivre et d'aluminium. Ils peuvent vendre ces métaux jusqu'à 5 dollars le kilo et gagner jusqu'à 30 dollars lors d'une bonne journée. Il explique qu'on lui a conseillé de chercher dans les immeubles abandonnés de La Guaira, mais qu'il préfère fouiller les décombres, qui n'appartiennent à personne:

«Ici, on ne fait de mal à personne et on ne vole rien à personne. C'est de la poubelle, ils sont en train de la jeter»

Tout porte une douleur

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Douze jours après les deux séismes, d'une magnitude de 7,2 et 7,5, qui ont frappé le Venezuela le 24 juin 2026.Image: EPA EFE

La rumeur court que certains ont mis la main sur des centaines de dollars en liquide, des économies familiales cachées dans les appartements désormais réduits en miettes... Beaucoup des ferrailleurs qui s'affairent aujourd'hui dans les décombres de La Guaira à la recherche de matériel de récupération ont auparavant travaillé dans la même zone pour retrouver vivants et morts... ensevelis.

«Je me suis glissé sous les décombres pour chercher des gens», raconte un jeune dont ce sont les débuts comme ferrailleur et qui, lui aussi, témoigne sous couvert d'anonymat. Il continue:

«Je descendais jusqu'à trois étages de décombres, par des tunnels, comme une taupe»

Après plusieurs jours de travail, il dit n'avoir trouvé que des cadavres. Sa santé mentale a commencé à en pâtir et il a préféré réorienter ses efforts vers la recherche de métaux, raconte-t-il.

«C'est quelque chose qui reste dans la tête (…) J'ai fait des cauchemars, comme si j'étais en train de chercher dans des décombres et que soudain quelqu'un (en) sortait. Terrifiant.»

Une dizaine de ferrailleurs interrogés par l'AFP ont fait état de traumatismes similaires ravivés par la découverte d'objets personnels dans les décombres. L'un deux explique:

«Ça me touche émotionnellement, parce que ce qu'on voit ici, ce sont des maisons de familles démolies, des gravats qui ont pu tuer une personne. Tout porte une douleur, tout.»

(dal/afp)

Tremblements de terre du 25 juin au Venezuela
Video: watson
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