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Mort de Khamenei: pourquoi Berne lui a rendu un ultime hommage

Le drapeau suisse en berne au-dessus de l'aile ouest du Palais fédéral jeudi.
Le drapeau suisse en berne au-dessus de l'aile ouest du Palais fédéral jeudi.image: aargauer zeitung

Mort de Khamenei: pourquoi Berne lui a rendu un ultime hommage

La mort d'un chef d'Etat déclenche des procédures diplomatiques bien établies en Suisse, et ce indépendamment de l'identité du défunt. Voilà donc pourquoi les autorités fédérales ont eu un dernier égard pour l'ex-guide suprême iranien.
09.07.2026, 17:0209.07.2026, 17:02
Benjamin Rosch / ch media

Des avions de combat israéliens ont bombardé fin février, à Téhéran, la «Maison du Guide», le complexe ultrasécurisé où vivait Ali Khamenei. Le guide suprême de la révolution iranienne a péri dans cette frappe, avec des proches. Elle a marqué le début de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, après que Khamenei eut déjà réprimé dans le sang des manifestations nationales au cours de l'hiver.

Son bilan est particulièrement lourd. Sous son autorité, la République islamique a exécuté des milliers de personnes, persécuté des minorités religieuses et ethniques, discriminé systématiquement les femmes et soutenu l'ensemble des milices actives contre l'Etat d'Israël.

Pour la Suisse, toutefois, les crimes contre l'humanité ne constituent pas un motif suffisant pour déroger au protocole. Les autorités s'en tiennent donc plus précisément à l'article 9 des directives relatives au pavoisement des bâtiments de la Confédération. A l'occasion des funérailles d'Ali Khamenei, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) nous a bien confirmé la mise en berne du drapeau suisse au Palais fédéral.

Dilemne diplomatique

La mesure s'applique chaque fois qu'un chef d'Etat en exercice décède, pour autant que la Suisse entretienne des relations diplomatiques avec son pays. Une réalité difficile à contester: depuis 1980, la Suisse représente même les intérêts consulaires des Etats-Unis en Iran dans le cadre d'un mandat de puissance protectrice.

La manière de traiter la disparition de dirigeants autoritaires a déjà provoqué des réactions à plusieurs reprises. En 2024, lorsque l'iranien Ebrahim Raïssi, surnommé le «boucher de Téhéran», est mort dans un accident d'hélicoptère, le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis avait présenté ses condoléances sur Twitter. A l'inverse, l'Allemagne par exemple, s'en était abstenue. Le Conseil fédéral n'a en revanche diffusé aucun message de condoléances après la mort d'Ali Khamenei. Pour lui, on se contentera d'un drapeau en berne sur la façade ouest du Palais fédéral.

(Traduit de l'allemand par Valentine Zenker)

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