La Nasa alerte sur un El Niño «colossal» aux conséquences dramatiques
Une vague de chaleur sans précédent s’est emparée des océans de la planète. Jamais des températures de surface aussi élevées n’avaient été relevées au début de l’été qu’en cette année. Le 21 juin, les mesures du programme climatique européen Copernicus ont atteint 20,86 degrés Celsius, tandis que le Service marin de Copernicus enregistrait 21,0 degrés Celsius, dépassant ainsi les précédents records établis à cette date en 2023 et 2024.
Le responsable est déjà identifié: le phénomène climatique naturel El Niño, qui aggrave les effets de la crise climatique provoquée par les activités humaines. Les spécialistes craignent que l’épisode de cette année ne se transforme en un puissant «super El Niño», aux conséquences dévastatrices.
Des mesures de la Nasa préoccupantes
«Pour l’instant, tout porte à croire que ce sera un phénomène colossal», a indiqué la chercheuse de la Nasa Severine Fournier à la fin du mois de juin. Elle s’appuie sur les données du satellite Sentinel-6 «Michael Freilich». Dès le printemps 2026, celui-ci avait commencé à détecter d’immenses vagues d’eau chaude, larges de plusieurs centaines de kilomètres, se déplaçant du Pacifique occidental vers le Pacifique oriental.
Selon la Nasa, l’accumulation de chaleur sous la surface de l’océan est détectée grâce aux mesures de la hauteur de la surface de la mer. Le principe est le suivant: l’eau plus chaude associée à El Niño repousse les eaux plus froides des couches supérieures de l’océan. Comme l’eau chaude occupe un plus grand volume, le niveau de la mer s’élève.
Pourquoi le niveau de la mer est si importante
Pour les scientifiques, la mesure de la hauteur de la surface de la mer apporte bien plus d’informations que la seule température de surface. Elle permet également d’évaluer la quantité de chaleur stockée sous la surface. Cet indicateur est essentiel, explique la Nasa, car une mince couche d’eau chaude en surface peut avoir une influence limitée sur le climat et la météo, tandis qu’un vaste réservoir de chaleur sous la surface pourrait être «bien plus révélateur».
La Société Max-Planck allemande estime elle aussi que l’épisode actuel d’El Niño pourrait devenir particulièrement intense d’ici à la fin de l’année, même si son ampleur ne pourra être évaluée avec fiabilité qu’à la fin de l’été.
Mais, toutes les quelques années, El Niño vient perturber cet équilibre. Les différences de pression atmosphérique se modifient, les alizés faiblissent, voire s’inversent. Les eaux au large de l’Amérique du Sud se réchauffent alors, l’évaporation s’intensifie et provoque de fortes pluies, des inondations et des glissements de terrain. En Asie du Sud-Est, l’effet est inverse: la région est menacée par des sécheresses, qui favorisent à leur tour les incendies de forêt.
Un El Niño comparable à celui de 1997, voire pire?
Une chose est certaine: les conséquences seraient considérables. Même un El Niño d’intensité moyenne provoque déjà des effets majeurs: des inondations sur la côte ouest de l’Amérique du Sud, de sévères sécheresses et des incendies de forêt en Indonésie et en Australie, davantage de cyclones puissants dans le Pacifique ainsi que des fins d’hiver particulièrement froides en Europe.
Un El Niño très intense renforcerait encore les précipitations et les tempêtes, car, selon la Société Max-Planck, ces phénomènes dépendent fortement de la température de surface des océans.
Selon la Nasa, les données actuellement relevées ressemblent en partie à celles de 1997. Cette année-là, d’après la Banque mondiale, 23 000 personnes ont perdu la vie lors de catastrophes naturelles, le taux de pauvreté a augmenté jusqu’à 15% dans les pays les plus touchés et les conséquences économiques ont été estimées à environ 45 milliards de dollars. (trad. hun)

