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Marine Le Pen, cinq ans après le fiasco de 2017, semble avoir perdu le match retour contre Emmanuel Macron avant la mi-temps.
Marine Le Pen, cinq ans après le fiasco de 2017, semble avoir perdu le match retour contre Emmanuel Macron avant la mi-temps.capture d'écran tf1
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Marine la peine, Emmanuel la frime: match nul, zéro à ego

Emmanuel Macron agacé et arrogant, mais serein sur le fond. Marine Le Pen approximative et radicale, mais sereine sur la forme. Pendant deux heures et quarante-cinq minutes de débat, mercredi soir, les deux candidats ont jonglé péniblement avec les dossiers, mais sans les Français.
21.04.2022, 07:3021.04.2022, 11:44
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Vingt-et-une heures et des poussières, mercredi soir: faux départ. Marine Le Pen mord la ligne et décapsule son laborieux texte d'introduction avant le coup de pistolet des arbitres, Léa Salamé et Gilles Bouleau.

Un début de débat que la candidate du Rassemblement national a appris par cœur et consacré à des anaphores made in François Hollande en 2012: «Je serai la présidente du régalien», «Je serai la présidente du quotidien», «Je serai la présidente de la valeur travail». Elle sera ensuite la présidente de tous les thèmes imaginables. Présidente de l'école, du savoir, de la santé, de la souveraineté, de tout et de rien. Pendant cinq longues minutes maquillées de sourires qu'on dessinerait sur une poupée pour faire peur aux enfants.

Jusqu'à la chute. Qui aura duré quinze bonnes minutes.

L'étonnant pouvoir d'achat

Un quart-d'heure durant lequel la France a hésité à éteindre sa télévision: Marine Le Pen, cinq ans après le fiasco de 2017, semble avoir perdu le match retour contre Emmanuel Macron avant la mi-temps. Premier but? Le pouvoir d'achat, en pleine lucarne. Son meilleur atout. Celui qui aurait aisément permis à la candidate, qui jurait dix minutes plus tôt «entendre les Français s'inquiéter d'un déclassement et d'une précarité», de caresser tous les travailleurs dans le sens de leurs fins de mois.

Son erreur?

«Je dis aux entreprises: si vous augmentez les salaires de 10%, j'aiderai à l'augmentation des cotisations patronales subséquentes»
Marine Le Pen, pour contrer le mécanisme des primes proposé par le président-candidat.

«Vous n'allez pas faire les salaires, M'dame Le Pen.» Bim. Incompétente, approximative, plaintive, Marine Le Pen a trop vite donné à son adversaire, les mains dans le cambouis depuis cinq ans, une voie royale pour dérouler l'étendue de son... assurance.

«M'dame Le Pen»

Trop d'assurance. Il est 21h40, Emmanuel Macron se prend le mocassin dans le seul tapis qu'il se devait pourtant d'éviter durant ce débat: l'arrogance. Rédhibitoire pour les mélenchonistes en larmes, que le «président des riches» rêve de glisser dans son costard. Certes, le candidat a maîtrisé le premier ballon, jonglé avec des chiffres fiables, mais les bras croisés, le rictus méprisant, le doigt accusateur, le corps agité et le verbe agacé. Blasé, hautain, Emmanuel Le Grand a ponctué ses points forts de «M'dame Le Pen» dédaigneux.

Durant le reste du marathon démocratique, l'arrogance s'est bornée à défier l'ignorance. Dans un calme surprenant. Sur l'Europe et le climat, par exemple. Et, même si le chef de guerre va manquer sa chance de briller sur «son» dossier ukrainien, en épargnant l'ami Poutine, gênant pour Le Pen, ils ont, la plupart du temps (et dans un bâillement général), maîtrisé leurs marottes respectives. Macron par les chiffres. Le Pen, les sentiments.

Trop ou pas assez préparés

Souvent approximative, mais plutôt convaincante sur la jeunesse ou le Covid et logiquement féroce sur le voile ou le terrorisme, Marine Le Pen a su rester maître de son langage corporel, a remisé les sourires feints et a équilibré un débat dans lequel Emmanuel Macron, impatient d'en finir, a tout juste trouvé la force de souligner ses acquis et pondérer les ordinaires excès.

Finalement, c'est peut-être l'entourage des deux candidats qui aura le mieux résumé la passe d'armes, questionné par les équipes de France 2 et TF1 quelques minutes avant le duel: Marine Le Pen aurait bossé cette rencontre «depuis plusieurs années», Emmanuel Macron «ces quelques derniers jours».

Des révisions disparates et des échanges scolaires, pour une soirée qui n'a pas offert, et c'est le plus fâcheux, de nouveaux arguments aux (trop) nombreux indécis.

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