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Un policier patrouille près du quartier général du FBI à Washington, qui a été fermé.
Un policier patrouille près du quartier général du FBI à Washington, qui a été fermé.Image: keystone

Descente du FBI chez Trump: la défense des républicains s'effrite

Les attaques de politiciens républicains contre la police fédérale (FBI) suscitent la contradiction dans leurs propres rangs. Mais sur le fond, ils continuent de soutenir Donald Trump.
15.08.2022, 16:46
Peter Blunschi
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Dans une Amérique profondément divisée idéologiquement, aucune institution ne semble être à l'abri des attaques de la droite. Le Federal Bureau of Investigation (FBI) vient d'en faire les frais. Dans le contexte de la prise du Capitole, la police fédérale avait déjà été attaquée. Mais depuis la descente de police dans la propriété de Donald Trump en Floride il y a une semaine, toutes les digues cèdent.

Un nombre «sans précédent» de menaces a été proféré à l'encontre de membres et d'installations du FBI, peut-on lire dans une évaluation de la situation publiée vendredi. Parmi elles, des appels à la «guerre civile» et à une «rébellion armée». Le FBI est responsable de la sécurité intérieure du pays et jouit donc d'un grand respect.

Mais avec la perquisition à Mar-a-Lago, il est devenu aux yeux des fans de Trump un suppôt des démocrates de la «gauche radicale». Jeudi dernier, un premier incident inquiétant s'est produit. Un homme armé d'un fusil d'assaut a tenté de pénétrer dans les bureaux du FBI à Cincinnati. Il a été tué lors de l'échange de tirs qui a suivi.

«Priver le FBI de moyens»

Un autre incident s'est produit tôt dimanche matin à Washington. Un autre homme a percuté une barrière devant le Capitole avec sa voiture. Il est sorti du véhicule en feu et a tiré plusieurs fois en l'air avant de mettre fin à ses jours. On ne sait pas encore s'il y a un lien avec le raid en Floride.

Les deux incidents montrent toutefois à quel point le climat politique est devenu explosif aux Etats-Unis. Des politiciens de droite comme les membres du Congrès Marjorie Taylor-Greene, Lauren Boebert ou Paul Gosar ont exigé qu'on prive le FBI de moyens (une analogie avec la revendication de gauche «Defund the Police»), voire qu'on le «détruise».

«Personne ne se trouve au-dessus des lois»

Pour certains Républicains, de telles exigences vont trop loin, comme ils l'ont expliqué dans les talk-shows politiques du dimanche à la télévision américaine. «J'ai demandé à tous mes collègues de prendre conscience du poids de leurs paroles», a déclaré le député Brian Fitzpatrick de Pennsylvanie sur CBS. En tant qu'ancien agent du FBI, il se sent personnellement concerné.

Dimanche matin, un homme a foncé avec sa voiture contre une barrière près du Capitole. On ignore s'il y a un lien avec le raid du FBI.
Dimanche matin, un homme a foncé avec sa voiture contre une barrière près du Capitole. On ignore s'il y a un lien avec le raid du FBI.Image: keystone

Michael Turner, de l'Ohio, le républicain le plus haut placé dans la commission du renseignement de la Chambre des représentants, a souligné sur CNN son soutien aux forces de l'ordre:

«Bien sûr, personne ne se trouve au-dessus des lois. Donald Trump n'est pas au-dessus de la loi. Et le ministre de la Justice Merrick Garland n'est pas non plus au-dessus de la loi»
Michael Turner, de l'Ohio, le républicain le plus haut placé dans la commission du renseignement de la Chambre des représentants

Le ministre de la Justice dans le collimateur

Turner a ainsi donné le ton. En ce qui concerne l'attitude envers le FBI, les premières fissures sont peut-être visibles dans le front de défense des républicains, mais ils continuent à soutenir leur ex-président. Le ministère de la Justice est en première ligne, après que Merrick Garland a déclaré jeudi qu'il avait ordonné la perquisition.

Le fait que le FBI ait saisi des documents confidentiels, voire top secret, dans la propriété de Trump n'est pas contesté, pas même par Trump lui-même. Les tentatives d'explication sont toutefois multiples. Les documents auraient été «glissés» à Trump sur ordre de l'administration Biden, dit-on par exemple.

Garland dans le pétrin

L'ex-président a d'abord déclaré que les documents étaient protégés par le secret professionnel. Il a ensuite affirmé les avoir «déclassifiés». Même si c'était le cas, Trump ne pourrait pas simplement les conserver à Mar-a-Lago. Une loi exige que les ex-présidents remettent aux Archives nationales tous les documents relatifs à leur mandat.

L'affirmation de l'entourage de Trump selon laquelle Barack Obama aurait lui aussi fait preuve de négligence dans le traitement des documents a été rejetée par les archivistes. Après son départ, Donald Trump a laissé s'envoler de grandes quantités de matériel. Après une intervention des Archives nationales, il en a restitué une partie, mais pas tout, comme l'a montré la rafle.

On ne sait pas pour l'instant dans quel cercle cette affaire va s'inscrire. Le ministre de la Justice Garland se trouve face à un dilemme. S'il clôt l'enquête parce que les documents ont été saisis, il s'attirera les foudres des démocrates. S'il ouvre une procédure pénale, les républicains monteront aux barricades. Et resserreront à nouveau les rangs.

L'assaut du Capitole en images

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L'assaut du Capitole en images
source: epa / michael reynolds
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Barack Obama vanne Joe Biden en l'appelant son «vice-président»

Video: watson
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