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Minneapolis: un agent de l'ICE abat Renee Nicole Good

Une Américaine de 37 ans a été abattue à Minneapolis, mercredi, par les agents de l’immigration. L’affaire, qui scandalise beaucoup d’Américains, est éminemment politique.
Une Américaine de 37 ans a été abattue à Minneapolis, mercredi, par les agents de l’immigration. L’affaire, qui scandalise beaucoup d’Américains, est éminemment politique.image: getty

Un agent de Trump abat une Américaine à bout portant et c’est le chaos

Mercredi, une citoyenne américaine, mère de trois enfants, a été tuée au volant de son véhicule, lors d’une opération à Minneapolis, par un policier de l’immigration. Alors que Donald Trump et JD Vance légitiment l’acte, filmé par des badauds, les Etats-Unis sont sous le choc.
08.01.2026, 12:4908.01.2026, 17:19

Renee Nicole Good aurait manié son véhicule «comme une arme», avec l’objectif d’écraser volontairement le policier qui était posté devant son véhicule. Pour Donald Trump, mais également pour le vice-président JD Vance et Kristi Noem, sa mort ne serait que le résultat d’un acte de «légitime défense» de la part de l’agent. La patronne de l’ICE considère même qu’il a survécu à un «acte de terrorisme intérieur».

«Je tiens à ce que chaque agent de l'ICE sache que son président, son vice-président et l'ensemble de l'administration le soutiennent»
JD Vance, sur X

Mercredi, à Minneapolis, cette femme de 37 ans a pourtant été abattue de trois balles, à bout portant, dans le cadre d’une énième opération musclée menée par les soldats de l’immigration américaine. Si l’affaire retourne l’estomac d’une bonne partie du pays depuis cette nuit, c’est d’abord parce que la mort de cette maman d’un enfant de six ans a été filmée, sous plusieurs angles, par des badauds.

Ensuite, parce que les différentes séquences qui tournent actuellement en boucle sur les réseaux sociaux ne reflètent pas vraiment l’explication officielle. Ce qui est certain, à ce stade, c’est que, mercredi, en plein jour et en pleine rue, une citoyenne américaine a été abattue par un agent, alors qu’elle tentait de quitter les lieux.

L’indignation et la colère du maire de Minneapolis, Jacob Frey:

«ICE, foutez le camp de Minneapolis»

Sur les différentes vidéos, on aperçoit trois agents se ruer vers le véhicule en question. La conductrice avance d’un mètre. Le premier agent tente alors d’ouvrir la portière de la voiture. La voiture opère alors une courte marche arrière, puis une nouvelle marche avant, les roues tournées vers l’extérieur, pour tenter d’échapper aux agents. C’est alors que le deuxième agent, posté face à elle, ouvrira le feu.

Sous les cris des passants, horrifiés.

Cette vidéo peut choquer 👇

Vidéo: twitter

Comme se le demande encore aujourd’hui le New York Times, «l’agent en question se trouvait-il réellement devant le véhicule ou sur le côté? A-t-il éprouvé une crainte réelle et justifiée pour sa vie à ce moment-là, ou a-t-il créé le danger même pour lequel il a ensuite utilisé la force létale afin d'y échapper?». D'autant que les circonstances précédant les tirs sont encore floues.

Pour Donald Trump et son administration, tout était pourtant clair dans les minutes qui ont suivi l’événement. Au point que le président s’est senti le besoin d’ajouter que le policier se remet difficilement de cette «violente attaque», à l’hôpital, alors qu’on le voit marcher sans problème sur l’une des séquences vidéo en question.

Si le FBI est chargé de l’enquête, l’Etat du Minnesota a lancé, de son côté, une procédure parallèle, contestant avec fermeté les déclarations émises par l’administration Trump. Pour le gouverneur Tim Walz, mais également selon le maire de Chicago ou celui de New York, la violente répression de l’ICE «tue des Américains». La réalité leur donne aujourd’hui raison. Interviewé par le New York Times, Donald Trump a dit cela:

«Elle s'est comportée de façon horrible, je ne veux voir personne se faire tirer dessus. Mais je ne veux voir personne crier et essayer d'écraser des policiers non plus»
Donald Trump, au New York Times

L’affaire, bien sûr, est politique. Dans un contexte extrêmement tendu, les raids de l’immigration américaine sont une priorité pour Donald Trump, comme pour ses opposants. Sans compter que George Floyd est décédé à peine quelques rues plus loin du drame de mercredi, asphyxié sous le genou d’un policier en 2020.

Cette nuit, de nombreux élans de protestation ont éclaté à Minneapolis, durant lesquelles le slogan «STOP MAGA TERROR» a raisonné durant de longues heures, dans la bouche de plusieurs centaines de manifestants.

Cette fusillade mortelle intervient au beau milieu d’un conflit profond et durable entre le Minnesota et le gouvernement Trump. Le président attaque l’Etat du Minnesota, l’accusant d’avoir très mal géré les émeutes qui ont éclaté à la suite de la mort de George Floyd.

Un conflit qui s’est encore accentué ces derniers jours, lorsqu’une fraude ayant entraîné le détournement de centaines de millions de dollars a été révélée au grand jour, forçant Tim Walz à annoncer lundi qu’il ne se représenterait pas.

Et puis, cette semaine l’épilogue: Donald Trump a dépêché plus de 2000 agents de l’ICE pour «nettoyer» les rues de Minneapolis, principalement des membres de la diaspora somalienne qu’il qualifie de «déchets».

La mort violente, cette nuit, d’une femme de 37 ans, qui plus est citoyenne américaine «très aimée et au casier judiciaire vierge», comme le rappelle notamment CNN, va faire monter la tension d’un cran aux Etats-Unis.

Deux hommes ont escaladé la tour de Collégiale de Berne
Video: watson
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