DE | FR
Une étude démontrant qu'un enfant qui venait de naître allait laisser une empreinte carbone de 58,6 tonnes métriques par an.
Une étude démontrant qu'un enfant qui venait de naître allait laisser une empreinte carbone de 58,6 tonnes métriques par an.Image: shutterstock

Faire un bébé, c'est le truc le plus polluant aujourd'hui

A l'ère de la crise climatique, les scientifiques s'accordent à dire que les enfants sont les plus grands émetteurs de carbone. Un constat qui pousse au dilemme suivant: faire un enfant ou sauver la planète.
29.07.2021, 17:3030.07.2021, 10:27
Emma Barrier

Prendre la décision d'avoir ou non un enfant, si on en a la capacité, nous oblige à faire le point sur la situation de notre couple, de notre compte en banque et de notre carrière, entre autres facteurs. Depuis peu, avec la crise climatique, une nouvelle question émerge: quel est l'impact d'un nouvel enfant sur la planète?

La question pèse lourd pour de nombreux jeunes couples, à l'heure où le développement durable et l'avenir de la planète sont des thèmes qui dominent l'actualité et où la surpopulation est souvent citée comme une des raisons principales de la pollution mondiale. L'année dernière, la première étude menée sur le sujet a identifié qu'un nombre écrasant de personnes inquiètes du changement climatique ont décidé de ne pas faire d'enfants, par crainte que ces derniers rencontrent de grandes difficultés dans le monde à venir, rapporte The Independent.

Un problème davantage lié aux habitudes de consommation

Selon un consensus scientifique, avoir un enfant est l'action la plus polluante qu'un individu puisse faire, puisqu'elle engendre toute une vie d'émissions de carbone. En 2017, les climatologues Kimberly Nicholas et Seth Wynes ont mené une étude démontrant qu'un enfant qui venait de naître allait laisser une empreinte carbone de 58,6 tonnes métriques par an. Publié dans Environmental Research, ce travail conseillait aux individus, pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, d'avoir un enfant de moins, de vivre sans voiture et d'adopter une alimentation non-carnée.

Mais jusqu'à quel point le changement climatique devrait-il être pris en compte dans notre décision d'avoir des enfants? Certes, le nombre d'individus vivant sur Terre importe, mais la consommation des ressources limitées de notre planète est également liée aux habitudes des pays à revenus élevés, où les taux de croissance démographique sont plus faibles que dans le reste du monde. Alistair Currie, directeur de la communication de Population Matters, affirme:

«En moyenne, un habitant du Royaume-Uni sera responsable de quatre fois et demie plus d'émissions qu'une personne en Inde, ou vingt-cinq fois plus qu'une personne au Burkina Faso»

Kimberly Nicholas, co-autrice de l'étude de 2017 mais aussi du livre Under The Sky We Make, a toutefois précisé qu'il ne fallait pas hésiter au cas où l'on voudrait absolument devenir parent. En effet, elle a expliqué à Vox que la réduction de la population ne «résoudra pas la crise climatique» et que le passage à une agriculture durable serait un effort plus urgent pour freiner le dérèglement climatique.

En réponse, Alistair Currie rappelle que l'étude menée par Nicholas en 2017 indiquait tout de même qu'avoir un enfant de moins était vingt fois plus efficace que certaines des nouvelles habitudes que l'on a adoptées. Tout en ajoutant: «Cela ne veut pas pour autant dire que l'on doit sous-estimer les autres mesures. En tant que société et en tant qu'individus, nous devons faire beaucoup d'autres choses.»

Et toi, tu pèses combien en CO2?

Vidéo: watson
1 Commentaire
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
1
Elections au Brésil: le bolsonarisme, stade ultime de la «peuplecratie»
Alors que l'élection présidentielle brésilienne se rapproche, les dernières intentions de vote semblent pencher en faveur des deux principaux candidats, l'ex-président de gauche Lula, et Jair Bolsonaro. Ce dernier va employer tous les ressorts de sa rhétorique populiste ancrée dans la «post-vérité».

À quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle brésilienne, qui se tiendra le dimanche 2 octobre (un second tour aura lieu si nécessaire le 30 octobre), deux candidats historiques, sur onze au total, se détachent nettement dans les sondages: le président sortant conservateur Jair Bolsonaro, et l'ex-président de gauche Lula (2003-2011).

L’article