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Nasa: ce télescope peut percer l'un des mystères de l'univers

Une représentation artistique du télescope Nancy Grace Roman de la NASA dans l'espace.
Une représentation artistique du télescope Nancy Grace Roman de la Nasa dans l'espace.Image: Nasa

«L'univers va s'étendre de plus en plus vite et ce sera la fin»

L'astrophysicien et lauréat 2011 du prix Nobel de physique Saul Perlmutter a pris le temps de nous parler du cosmos et de la mystérieuse énergie noire qui accélère l'expansion de l'univers. En ce sens, un nouveau télescope de la Nasa devrait bientôt faire avancer la science.
03.08.2026, 21:1003.08.2026, 22:46
Zori Ivanova / ch media

L'Américain Saul Perlmutter a reçu en 2011, avec Brian Schmidt et Adam Riess, le prix Nobel de physique pour la découverte de l'expansion accélérée de l'univers. Dès septembre, un nouveau télescope de la Nasa doit fournir des explications à leur théorie.

Nous l'avons rencontré à Lindau, en Allemagne, au bord du lac de Constance.​

Vos recherches sur le cosmos ont fait sensation dans le monde entier. Qu'y avait-il de si révolutionnaire dans vos découvertes?
Saul Perlmutter: Nous savons depuis les années 1930 qu'il existe une expansion de l'univers. Et la question était: ralentit-elle sous l'effet de la gravité? Nous avons mesuré cela et il s'est avéré qu'elle ne ralentit pas, mais qu'elle accélère.

Cela signifie-t-il que les lois physiques ne fonctionnent pas?
Eh bien, nous pensons que toutes les lois fonctionnent, mais il faut désormais un petit élément supplémentaire, peut-être une énergie supplémentaire, que nous appelons pour le moment «énergie noire».

«Nous essayons de découvrir quelles lois s'appliquent à cette nouvelle énergie noire»
Saul Perlmutter est un astrophysicien américain.
Saul Perlmutter, astrophysicien américain, a obtenu le Nobel de physique en 2011 pour sa découverte sur l'expansion de l'univers.Image: Christopher P. Michel

On suppose qu'il existe environ 70% d'énergie noire et 25% de la matière noire.
Nous n'en avons pas encore la certitude. C'est pourquoi nous essayons de rendre les mesures toujours plus précises.

«Mais nous pensons qu'il existe des preuves qu'une nouvelle forme d'énergie se propage dans tout l'espace»

Comment mesurez-vous cela?
Jusqu'à présent, nous avons utilisé le télescope spatial Hubble et le télescope James-Webb. Mais pour ce type de mesure, on souhaite disposer d'un instrument avec un champ de vision beaucoup plus large. Et c'est exactement ce que propose le nouveau télescope spatial Nancy Grace Roman de la Nasa. Le projet démarre entre fin août et début septembre. Nous disposerons alors du nouveau télescope.

Le télescope Nancy Grace Roman en cours de montage.
Le télescope Nancy Grace Roman, ici en cours de montage.Image: NASA / Sydney Rohde (Rocz)

Qu'en attendez-vous?
L'attente est que ce télescope nous permette de trouver des milliers et des milliers de ces étoiles en explosion, c'est-à-dire ces supernovæ que nous utilisons comme marqueurs de distance dans l'univers. Nous attendons donc une mesure beaucoup plus détaillée de l'histoire de l'expansion. Nous pensons qu'elle a ralenti durant la première moitié de son existence, puis accéléré durant la seconde.

Mais il y a aussi le Big Bang, l'expansion originelle. Et la physique connaît les trous noirs qui, selon une théorie, pourraient tout engloutir dans l'univers. Il existe donc des forces contraires considérables à l'expansion. Les choses ne pourraient-elles pas alors s'approcher d'un scénario de grand effondrement plutôt que d'étirement?
Cela dépend fortement de la raison pour laquelle l'expansion accélère actuellement. Si elle accélère à cause d'une énergie noire qui ne change pas au fil du temps, alors l'univers va s'étendre de plus en plus vite et devenir tout simplement de plus en plus vide.

«Et ce sera la fin. Il fera simplement un froid et une obscurité infinis»

En admettant que les choses se passent comme vous le dites; le Soleil se sera consumé et notre monde aura disparu. Pourtant, l'esprit humain est incapable de se représenter une telle durée, de l'ordre de centaines de billions d'années.
Mais les instruments, eux, le peuvent.

«Avec les télescopes, nous pouvons voir le début de la fin»

C'est notre chance. Nous avons le temps de penser l'impensable, et peut-être de nous sauver. Peut-être que les êtres humains parviendront à s'enfuir dans un univers parallèle. Peut-être construira-t-on des vaisseaux spatiaux antigravitationnels qui nous sauveront de l'appétit vorace des trous noirs. Peut-être trouverons-nous l'une de ces bulles de vide apparues lors de la formation de l'univers.

Un anneau de matière noire dans un amas de galaxies situé à cinq milliards d'années-lumière. Image prise par le télescope spatial Hubble.
Un anneau de matière noire dans un amas de galaxies situé à cinq milliards d'années-lumière de la Terre. Image prise par le télescope spatial Hubble.Image: dr / Nasa

Pourquoi ne rencontrons-nous aucune autre civilisation?

«Je pense qu'il est très, très probable qu'il existe là-bas de nombreuses autres civilisations»

Justement parce que l'univers est si grand. Mais c'est précisément pour cette raison que d'autres civilisations pourraient aussi être très, très éloignées les unes des autres. Et alors nous ne les rencontrerions jamais. Ce serait très triste.

Einstein disait: Dieu ne joue pas aux dés. Etes-vous d'accord?
Je suis frappé aujourd'hui par le nombre d'indices qui suggèrent qu'il pourrait exister un véritable hasard dans l'Univers. Mais la question n'est pas encore définitivement tranchée. (trad. ysc)

Les images spectaculaires du télescope James Webb
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Les images spectaculaires du télescope James Webb
La nébuleuse de la Lyre prise en photo par le télescope James Webb.
source: esa/webb
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Video: watson
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