«Je pensais trouver un bon accueil»: un migrant de Ceuta témoigne
La semaine dernière, plus de 50 000 personnes ont traversé à la nage la frontière marocaine pour rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta, dans l’espoir d’y obtenir l’asile. Cependant, nombre d’entre elles ont rebroussé chemin dans les jours suivants après avoir appris que l’Espagne ne les accueillerait pas.
Ceuta, petit territoire de 84 000 habitants situé à la pointe nord du Maroc et bordant le Détroit de Gibraltar, forme l’une des deux frontières terrestres entre l’Afrique et l’Europe (avec l’autre enclave espagnole de Melilla).
Dans une vidéo de nos confrères de CBS, l’un d’entre eux explique les raisons qui l’ont poussé à entreprendre un voyage si dangereux, puisque au moins 67 d’entre eux sont morts en tentant d’atteindre Ceuta à la nage, selon le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska.
Comme lui, plusieurs dizaines de milliers de migrants sont arrivés en l’espace de quelques jours à Ceuta, provoquant une crise inédite dans ce petit territoire espagnol, ainsi qu’une querelle diplomatique au sein de l’UE sur la politique migratoire à mener au sein du bloc des Vingt-Sept.
Abdel Latif, 23 ans a tenté sa chance pour «trouver du travail», car «il n’y a pas de travail au Maroc», déplore ce jeune homme qui vit de petit boulots de mécanicien.
Selon Rabat, cette crise migratoire résulte notamment de «l'exploitation malveillante» des réseaux sociaux, de «la diffusion d'informations trompeuses» et d'«interprétations erronées de dispositions légales».
Ce que l'on sait, c'est que des rumeurs ont circulé sur les réseaux sociaux et dans la ville marocaine de Fnideq, voisine de Ceuta, sur une ouverture de la frontière. Elles se seraient notamment appuyées sur une décision de la justice espagnole, rendue le 29 juin, contre certains refoulements immédiats de personnes arrivées par la mer.
Soufiane, 42 ans, est arrivé jeudi à la nage. Il explique les raisons de son exil. Dans son pays, il travaille comme agent de sécurité «douze heures par jour, pour 10 euros» quotidiens.
La situation est presque revenue à la normale
La situation est «quasiment» revenue à la normale, a annoncé le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska. Irene Benítez ne partage pas l’avis du ministre et ne voit «rien de normal» ni de «tranquille» dans les rues de sa ville. «On a peur, on n’avait pas besoin de ça», maugrée cette cuisinière de 40 ans.
A la frontière, deux bateaux installaient samedi matin une barrière flottante dans la mer pour bloquer l’accès. Dans Ceuta, les boutiques ont en grande majorité rouvert, les cafés sont pleins, la circulation est de nouveau dense.
(sbo/afp)
