La droite et l'extrême droite s'allient en Andalousie
La droite (PP) et l'extrême droite (Vox) se sont alliées jeudi pour diriger l'Andalousie, dans le sud de l'Espagne. Un nouvel exemple du rapprochement entre les deux formations parvenues à des pactes similaires dans trois autres régions à moins d'un an des élections législatives.
Après un échec mardi lors d'un premier vote, c'est donc Juan Manuel Moreno qui a été réélu président régional andalou, à la tête de cette région, la plus peuplée du pays, que beaucoup considèrent comme une avant-première des législatives.
«Face à la possibilité d'un blocage ou même à la possibilité d'élections anticipées, d'un processus électoral qui paralyserait notre communauté pendant six mois, un accord a été conclu», avait annoncé ce dernier peu avant le deuxième vote.
Cet accord «est le fruit d'un dialogue intense, d'un dialogue serein, et je dois dire aussi d'un dialogue tout à fait honnête», a-t-il poursuivi, évoquant «la complicité» entre les représentants du PP et de Vox dans ce futur gouvernement régional.
Priorité nationale
En échange de son soutien, la droite accepte le principe de «priorité nationale» défendu par Vox, qui hiérarchise l'accès à certaines aides et services publics en fonction de «l'ancrage réel» des personnes sur le territoire.
L'accord scellé jeudi acte ainsi l'alliance au niveau régional en Espagne entre la droite et l'extrême droite, qui avaient pourtant vu voler en éclats leurs précédentes coalitions régionales sur fond de tensions persistantes.
Le PP et Vox étaient déjà parvenus à des accords en 2023, mais à l'été 2024, la formation d'extrême droite s'était retirée des cinq gouvernements régionaux où elle siégeait en coalition avec le PP en raison d'un désaccord sur la question de la répartition des mineurs étrangers sur le territoire.
Depuis plusieurs mois, les deux partis demandent inlassablement la démission du chef du gouvernement Pedro Sánchez et la convocation d'élections anticipées, ce à quoi le dirigeant socialiste s'est toujours refusé jusque-là.
Le Premier ministre espagnol est sous le feu des critiques de l'opposition, qui pointe du doigt les multiples affaires judiciaires qui touchent son entourage privé et professionnel, tandis que lui dénonce une campagne de déstabilisation ourdie par la droite et l'extrême droite.
L'Andalousie a été gouvernée par les socialistes pendant près de 40 ans, jusqu'à la victoire du Parti populaire (PP, conservateur) en 2019. (ag/ats)
