Espagne: la directrice de la Garde civile inculpée
La directrice générale de la Garde civile espagnole a été inculpée jeudi dans l'affaire dite «Leire Díez», autour d'une officine présumée au sein du Parti socialiste soupçonnée d'interférer dans les enquêtes visant les membres du parti ou les proches de Pedro Sánchez.
Un juge de l'Audience nationale, la plus haute juridiction pénale espagnole, a décidé d'entendre le 16 juillet Mercedes González et le plus haut gradé militaire de la Garde civile, le lieutenant général Manuel Llamas, après avoir relevé «des indices de responsabilité» dans des délits de trafic d'influence et d'atteinte à l'administration de la justice, selon l'ordonnance judiciaire.
Ancienne députée socialiste, Mercedes González a été nommée par le gouvernement de Pedro Sánchez à son poste à la tête de la Garde civile. Au coeur de l'enquête, les agissements de Leire Díez, une ancienne militante socialiste qui aurait tenté d'obtenir des informations compromettantes sur des enquêteurs et des magistrats qui menaient des investigations sur les socialistes.
Un autre volet de l'enquête porte sur la naturalisation de Nervis Villalobos, ancien vice-ministre vénézuélien du temps du gouvernement d'Hugo Chávez, un homme qui fait l'objet d'enquêtes dans plusieurs pays pour des affaires de corruption autour de la compagnie pétrolière publique vénézuélienne PDVSA. La justice cherche à déterminer si le réseau dirigé par Leire Díez est parvenu à accélérer l'octroi de sa nationalité espagnole.
Le juge en charge de l'enquête a également décidé de verser au dossier des déclarations déjà faites dans d'autres affaires par la cheffe d'entreprise espagnole Carmen Pano, qui a affirmé à plusieurs reprises avoir apporté 90 000 euros en liquide au siège du Parti socialiste, avant que certains de ses membres ne tentent d'acheter son silence.
«Corruption généralisée»
Le 24 juin, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez avait fermement démenti toute «corruption généralisée» autour de son gouvernement et du parti socialiste (PSOE) devant les députés, contraint un nouvelle fois de défendre son action face à la multiplication des affaires judiciaires visant ses proches.
Son ancien bras droit et ex-ministre des Transports, José Luis Ábalos, a récemment été condamné à 24 ans de prison pour corruption. Son successeur au poste de secrétaire à l'organisation du PSOE, Santos Cerdán, est lui aussi mis en examen dans plusieurs autres affaires.
Plusieurs autres dossiers sont encore en cours, concernant notamment la femme du Premier ministre, Begoña Gómez, qui devrait être prochainement jugée pour trafic d'influence, son frère David, dans l'attente de son jugement après un procès pour trafic d'influence, ou l'ancien Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero (2004-2011), lui aussi poursuivi pour trafic d'influence et fraude fiscale. (ats/mrs)
