Ce «paradis de l’espionnage» russe prépare sa riposte
Après la récente découverte d'un vaste réseau d'espionnage russe au Japon, le gouvernement de Tokyo accélère la refonte de son architecture sécuritaire. Selon le New York Times, une agence de renseignement centralisée doit voir le jour pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, afin de mieux contrer l'espionnage, les cyberattaques et le vol de technologies sensibles.
Cette initiative fait notamment suite à des enquêtes du journal sur les activités du GRU, le renseignement militaire russe. Selon celles-ci, de nombreux agents des services russes auraient été envoyés au Japon depuis le début de la guerre d'agression russe contre l'Ukraine. Ils se seraient alors fait passer pour des diplomates ou des hommes d'affaires. Sous cette couverture, ils auraient cherché à se procurer des technologies de pointe ainsi que des biens dits à double usage pour l'industrie de l'armement russe.
Selon les autorités ukrainiennes, de nombreux missiles et drones russes contiennent des composants fabriqués par des entreprises japonaises. Ces composants parviendraient souvent en Russie via des pays tiers. Selon les recherches menées, rien ne prouve que des entreprises japonaises contournent délibérément les sanctions imposées à la Fédération de Russie.
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Le Japon prévoit une nouvelle agence
Le New York Times décrit le Japon comme un «paradis de l'espionnage» de longue date. En cause: des lois sur l'espionnage peu contraignantes et une structure sécuritaire jusqu'ici fragmentée. Contrairement à de nombreux Etats occidentaux, le Japon ne dispose à ce jour d'aucun service de renseignement extérieur autonome.
La première ministre du pays, Sanae Takaichi, entend changer cela. Concrètement, une nouvelle agence devra désormais centraliser les informations issues de la police ainsi que des ministères des affaires étrangères et de la défense, et renforcer la protection des technologies critiques. Selon le journal, Tokyo sollicite pour cela les conseils des Etats-Unis, de l'Australie et de l'Allemagne.
Il est également prévu de durcir les lois contre l'espionnage économique et de renforcer le contrôle des ingérences étrangères. Selon les projets actuels, la nouvelle agence devrait entrer en fonction dès cette année. (trad. ysc)

